Spence qualifie une vérification comptable de sa réserve de «distraction»

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Le rapport Deloitte propose de resserrer les contrôles des fonds qui sont versés aux Premières Nations. Sur la photo, une scène à Attawapiskat.

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(Ottawa) La publication d'un rapport Deloitte qui met en cause l'administration de la réserve d'Attawapiskat a été dénoncée lundi comme une «distraction» et une «tentative de discréditer» la chef de cette communauté, Theresa Spence, qui mène une grève de la faim depuis le 11 décembre.

Près de 80% des transactions scrutées par les vérificateurs de la firme n'étaient pas appuyées par des pièces justificatives, révèle la vérification comptable, dont La Presse a dévoilé les conclusions en matinée. Ottawa, qui a versé 104 millions à la réserve entre 2005 et 2011, a ordonné cet examen dans la foulée de la crise humanitaire dans cette réserve du nord de l'Ontario, l'an dernier.

Ottawa a reçu le rapport en septembre, mais ne l'a pas rendu public avant lundi.

Dans un communiqué, la chef d'Attawapiskat, Theresa Spence, a déploré la publication du document, affirmant qu'il s'agit d'une tentative de la discréditer. Loin de mettre fin à la grève de la faim qu'elle a entamée le mois dernier, elle se dit prête à «mettre sa vie en jeu pour une cause plus large.»

«Je demeure inébranlable dans mon voyage et je ne permettrai pas à ce moment à des distractions de déroger à cet objectif», a-t-elle déclaré.

Mme Spence a été propulsée sur la scène nationale, il y a un an, lorsque les conditions de vie déplorables dans sa petite communauté ont été révélées. Depuis un mois, elle mène une grève de la faim pour forcer la tenue d'une rencontre entre les Premières Nations et le gouvernement fédéral. Elle est installée dans un campement sur l'île de Victoria, près du Parlement fédéral.

Au bureau du ministre des Affaires autochtones, John Duncan, on a laconiquement commenté le rapport de vérification sur Attawapiskat, en affirmant qu'il «parle de lui-même».

Les partis de l'opposition, eux, accusent le gouvernement conservateur de s'attaquer à Mme Spence à quelques jours d'une rencontre cruciale entre Stephen Harper et une délégation de chefs des Premières Nations. Un sommet auquel la leader autochtone participera.

«Je ne suis pas un adepte des théories du complot, mais j'ose avancer que le gouvernement conservateur tente de donner le ton à la rencontre de vendredi pour en faire un débat sur la chef Spence et non sur une mise à jour des relations avec les Premières Nations», a dénoncé le député néo-démocrate Paul Dewar.

Cela dit, le député se dit favorable aux conclusions du rapport Deloitte, qui propose de resserrer les contrôles des fonds qui sont versés aux Premières Nations.

La députée libérale Carolyn Bennett, critique de son parti en matière d'Affaires autochtones, a rencontré Mme Spence, hier, et l'a décrite comme «affaiblie» par ses efforts des dernières semaines. Elle qualifie de «très triste» le moment choisi pour diffuser le rapport Deloitte sur la gestion de sa réserve.

«C'est comme ça que ce gouvernement fonctionne. Ce n'est pas une coïncidence. C'est ce même gouvernement qui a ordonné la mise en tutelle de la réserve, l'an dernier, même si ce n'était clairement pas un problème de gestion.»

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