De plus en plus d'immigrés parlent français à la maison

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Les immigrés sont de plus en plus nombreux à parler la langue de Molière à la maison.

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Stéphanie Marin
La Presse Canadienne
Ottawa, Ontario

Si, d'une manière générale, le français est désormais moins utilisé autour de la table familiale québécoise, les immigrés, eux, sont de plus en plus nombreux à le parler à la maison.

En savoir plus: Caractéristiques linguistiques des Canadiens (PDF)

Consultez les faits saillants du recensement 2011

C'est ce qu'ont révélé les dernières données du recensement de 2011, dévoilées mercredi par Statistique Canada.

Sur presque tous les plans, le français poursuit son déclin au Québec - comme ailleurs au Canada - et la langue parlée le plus souvent à la maison ne fait pas exception.

Car les francophones augmentent peut-être en nombre, mais pas au même rythme que les anglophones et les allophones regroupés. Le poids démographique du français se trouve donc en baisse, conclut Statistique Canada.

«Étant donné que le Canada reçoit bon an mal an de 250 000 à 270 000 immigrants, il n'est pas étonnant que le poids relatif du français recule», a expliqué Jean-Pierre Corbeil, responsable des programmes linguistiques de Statistique Canada.

Ainsi, la proportion de la population québécoise qui déclare le français comme langue la plus parlée au foyer a légèrement diminué, de 82,7% en 2006 à 82,5% l'an dernier. Quant aux Québécois qui ne parle que français à la maison, leur proportion a aussi baissé, de 75,1% en 2006 à 72,8 % en 2011.

Ailleurs au pays, 43 % de la population dont la langue maternelle est le français ont toutefois déclaré parler l'anglais le plus souvent à la maison.

Mais alors que la situation linguistique au Québec a somme toute peu bougé depuis 2006, un changements est survenu chez les immigrés dont la première langue n'est ni le français ni l'anglais.

Ils sont de plus en plus nombreux à parler français à la maison: ils étaient 21 % en 2001 et près de 23 % en 2006; ils sont maintenant 24 %. Pendant ce temps, l'anglais a connu un recul comme langue la plus parlée chez les immigrés (22 % en 2001, 20% en 2006 et un peu moins de 20 % lors du dernier recensement).

De plus, c'est la population qui a déclaré parler à la fois le français et une langue autre que l'anglais à la maison qui a connu la plus forte augmentation, passant de 3,8 % en 2006 à 5 % l'an dernier.

Il s'agit de la plus importante augmentation dans la catégorie des personnes qui parlent plus d'une langue à la maison, relève l'organisme fédéral de statistique.

Il pourrait s'agir d'un résultat possible des politiques d'immigration du Québec, qui favorise les nouveaux arrivants en provenance de pays francophones.

Mais de façon globale au pays, l'anglais l'emporte chez les immigrés: 63,5 % des personnes qui déclarent une langue maternelle autre qu'une des deux langues officielles du Canada conversent en anglais à la maison.

Les données sur la langue parlée à la maison pourraient avoir une effet important sur l'avenir du français comme langue maternelle au Québec.

«Étant donné que la langue parlée le plus souvent à la maison est celle qui sera probablement transmise aux enfants, l'usage fréquent de l'anglais ou du français par les parents à la maison a une influence sur la première langue que l'enfant apprendra à la maison», est-il noté dans l'analyse de Statistique Canada.

«Les deux tiers des immigrés qui ont une langue maternelle autre que le français ou l'anglais utilisent le français ou l'anglais à la maison et une proportion non négligeable, près de 37 % d'entre eux, transmettent une langue officielle à leurs enfants», fait valoir M. Corbeil.

Quant au déclin général du français au Québec - amorcé depuis environ 30 ans - Statistique Canada avance quelques explications.

«Outre un faible taux de fécondité et une transmission incomplète de la langue maternelle française des parents aux enfants, c'est l'immigration internationale qui influe le plus sur l'évolution du français au Canada», peut-on lire dans le rapport. Plus de 80 % des immigrants n'ont ni le français ni l'anglais comme langue maternelle, est-il précisé.

Le nombre de Québécois ayant le français comme langue maternelle est aussi en baisse, passant de 80,1 % en 2006 % à 79,7 % en 2011. C'est toutefois le contraire pour l'anglais au Québec, qui a légèrement augmenté.

Il y a par contre de plus en plus de Canadiens qui parlent le français et l'anglais. Mais ce bilinguisme est dû en grande partie aux Québécois, note M. Corbeil.

Et la diversité est de plus en plus présente au pays. Un cinquième de la population du Canada parlait une langue autre que le français ou l'anglais en 2011. Plus de 200 langues ont été déclarées par les Canadiens dans le formulaire de recensement.

Statistique Canada avertit toutefois que les récents changements apportés aux formulaires de recensement peuvent avoir eu un impact sur les réponses. Le gouvernement conservateur a aboli en 2010 - sous un tollé - le formulaire long pour le recensement de 2011, tout en ajoutant quelques questions sur les langues au formulaire court obligatoire. Les données sont toutefois fiables et de bonne qualité, insiste M. Corbeil.

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Voici les points saillants du recensement de 2011 sur la langue de la population canadienne. Ces données ont été récoltées en 2011 et rendues publiques mercredi.

> Un cinquième de la population du Canada parlait à la maison une langue autre que le français ou l'anglais en 2011;

> Plus de 200 langues ont été déclarées au Canada en 2011;

> 58 % de la population canadienne parlaient uniquement l'anglais à la maison alors que 18,2 % parlaient seulement le français;

> L'utilisation de plusieurs langues à la maison a augmenté, passant de 9,1 % en 2006 à 11,5 % en 2011;

> Les langues parlées à la maison qui ont connu la plus forte croissance de 2006 à 2011 étaient principalement des langues asiatiques;

> Près de 10 millions de personnes ont affirmé pouvoir soutenir une conversation en français alors qu'elles étaient 9,6 millions en 2006;

> La proportion des personnes capables de parler le français s'est légèrement repliée pour atteindre 30,1 % en 2011 par rapport à 30,7 % il y a cinq ans;

> Les Québécois qui ont dit parler uniquement le français à la maison a diminué de 75,1 % en 2006 à 72,8 % en 2011;

> La proportion de Canadiens qui ont le français comme langue maternelle est passée de 22,3 % à 22 % en 2011;

> Au Québec, ceux qui ont déclaré le français comme langue maternelle a diminué de 80,1 % à 79,7 %;

> À l'extérieur du Québec, le poids relatif des personnes qui ont le français comme langue maternelle est aussi en baisse, passant de 4,3 % à 4,2 %;

> À Montréal, 16,5 % des citoyens ont dit parler une langue étrangère le plus souvent à la maison;

> De toutes les provinces, c'est en Alberta que le taux d'accroissement de la population ayant le français comme langue maternelle ou comme langue parlée le plus souvent à la maison a été le plus important entre 2006 et 2011. Avec une hausse de 13 000 personnes, il s'agit d'une augmentation de plus de 18 % de son effectif.

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