Fermeture forcée d'un chantier: la vie de scaphandriers mise en péril

«Ça montre jusqu'où l'intimidation et l'imbécillité peuvent aller»,... (Photo: Édouard Plante-Fréchette, Archives La Presse)

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«Ça montre jusqu'où l'intimidation et l'imbécillité peuvent aller», a déclaré Aldo Miguel Paolinelli, président de la CSN-Construction, au sujet de l'incident survenu dans le port de Trois-Rivières, où des perturbateurs syndicaux ont forcé la fermeture du chantier, selon la CDS-Construction.

Photo: Édouard Plante-Fréchette, Archives La Presse

(Québec) Des perturbateurs syndicaux ont coupé l'air à deux scaphandriers qui travaillaient au port de Trois-Rivières, a révélé hier Patrick Daigneault, président de la CSD-Construction. «C'est carrément dégueulasse», a-t-il déploré à la commission parlementaire sur le projet de loi 33, qui mettra fin au placement syndical sur les chantiers de construction.

L'incident s'est produit à Trois-Rivières lundi dernier. Deux scaphandriers affiliés à la Centrale des syndicats démocratiques (CSD) travaillaient sous l'eau. Selon M. Daigneault, des représentants d'un autre syndicat auraient fermé le chantier, en guise de protestation contre le projet de loi. On aurait alors coupé l'alimentation en électricité, et donc l'air des scaphandriers. Grâce à un système d'appoint, ils ont réussi à sortir de l'eau sans avoir de problème de santé.

La ministre du Travail, Lise Thériault, a appris la nouvelle hier. «Je ne peux pas croire qu'en 2011, dans une société civilisée, on utilise des moyens comme ça, qu'on mette une vie en danger», a-t-elle réagi en point de presse.

«Ça montre jusqu'où l'intimidation et l'imbécillité peuvent aller», a ajouté Aldo Miguel Paolinelli, président de la CSN-Construction. Des scaphandriers de ce syndicat étaient sur la rive et ont aussi été forcés de quitter les lieux.

Des membres de la FTQ-Construction et du Conseil provincial des métiers de la construction - International (CPQMC-I), qui sont farouchement opposés au projet de loi 33, ont perturbé les chantiers du Québec lundi et mardi. Ces deux poids lourds représentent 70% des 155 000 travailleurs de la construction du Québec.

La CSN salue quant à elle la fin du placement syndical, même si elle exprime plusieurs autres réserves au sujet du projet de loi.

Le PQ accepte le principe

Le Parti québécois a finalement donné sa position hier. Il accepte la fin du placement syndical, et appuiera donc l'adoption du principe du projet de loi. Son porte-parole en matière de travail, Marjolain Dufour, proposera toutefois plusieurs amendements. «Je cherche un mécanisme qui va faire l'affaire de tous.» Il s'est montré intéressé par une solution de compromis du Syndicat québécois de la construction du Québec.

Selon cette proposition, les syndicats ne placeraient plus directement leurs travailleurs sur les chantiers, mais ils pourraient les recommander à la Commission de la construction du Québec (CCQ). En vertu du projet de loi 33, cet organisme serait plutôt le seul responsable. Comme le Syndicat québécois de la construction du Québec, M. Dufour se demande si la CCQ est outillée pour assumer à elle seule ce rôle. Le Syndicat craint que la CCQ représente une bureaucratie inefficace.

Même si elle se dit ouverte à faire des concessions et des amendements, la ministre Thériault ne semble pas vouloir plier sur cette demande. «Ce qu'on veut empêcher, c'est les téléphones entre les entrepreneurs et la centrale», a-t-elle répété. La ministre se dit toutefois prête à considérer des amendements sur d'autres articles du projet de loi.

La CSN s'oppose aussi à la recommandation. «Elle va forcément finir par mener au placement. La seule façon de garantir l'impartialité, c'est de remettre cela entre les mains de la CCQ», estime M. Paolinelli. Il a toutefois plusieurs réserves sur le projet de loi, qui donnerait trop de pouvoir aux donneurs d'ouvrage.

Québec solidaire a une position similaire. Son député Amir Khadir se dit en faveur de l'abolition du placement syndical. Mais il craint que le projet de loi 33 ne remplace le «corporatisme syndical» par «l'arbitraire patronal».




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