Trains de banlieue: demande de recours collectif de 65 millions

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Un train de banlieue de la ligne Deux-Montagnes... (Photo: David Boily, La Presse)

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Un train de banlieue de la ligne Deux-Montagnes arrivant à la station Canora, hier. Cette ligne a été entièrement électrifiée et construite à neuf en 1995.

Photo: David Boily, La Presse

Bruno Bisson
La Presse

Un résidant de la municipalité de Pincourt, en banlieue ouest de Montréal, a déposé mardi une requête en recours collectif au nom de quelque 45 000 usagers quotidiens des lignes de trains de banlieue de Dorion-Rigaud et Deux-Montagnes, en raison des retards et des irrégularités de services survenus à répétition depuis décembre 2007.

Le recours, dont les réclamations globales pourraient atteindre 65 millions, a été déposé hier par l'étude légale Sylvestre Fafard Painchaud au nom d'Yves Boyer, qui habite Pincourt, et qui utilise de façon régulière les trains de banlieue gérés par l'Agence métropolitaine de transport (AMT) depuis 1998.

Selon M.Normand Painchaud, responsable du dossier, le manque de fiabilité des services de trains dispensés par l'AMT a eu des impacts de nature diverses sur presque tous les usagers réguliers de ces services de transports en commun. Les retards répétés de ces trains, les problèmes mécaniques de toutes sortes, des erreurs ou des bris d'aiguillage et la désuétude générale du matériel roulant, inconfortable et mal chauffé, font partie des nombreux reproches adressés à l'AMT, une agence provinciale responsable des trains de banlieue de la métropole, qui relève de la ministre des Transports du Québec, Julie Boulet.

M.Painchaud a précisé que la requête est fondée sur la multitude des problèmes de service survenus depuis décembre 2007, mis en lumière avec plus d'acuité depuis un mois en raison de la crise sans précédent que traverse ce réseau de transport en commun depuis la rentrée de janvier.

Le recours, qui doit d'abord être accepté par la Cour supérieure avant d'aboutir en cour, réclame des compensations de deux ordres pour tous les usagers des deux lignes de trains de Dorion-Rigaud, qui dessert la banlieue ouest et tout l'ouest de l'île de Montréal, et de Deux-Montagnes, qui relie la couronne nord de la banlieue au centre-ville.

La requête déposée demande un remboursement de 30% du titre mensuel de tous les usagers de ces lignes de trains, rétroactif à décembre 2007 - soit pour une période de 14 mois.

Selon M.Painchaud, le remboursement partiel de tous les usagers, pour la période visée, pourrait représenter une somme totale d'environ 19 millions, si la Cour supérieure y donnait suite.

En vertu du recours, M. Boyer réclame aussi des dommages et intérêts de 1000$ pour chaque usager, pour les inconvénients causés par les pannes, les retards, les erreurs, et les autres inconvénients vécus par les usagers de ces trains depuis l'an dernier: retards au travail, perte de rémunération, amendes payées par des parents en retard aux services de garde de leurs enfants, absence de fiabilité de service, obligation de prévoir des «plans B» chaque matin, en cas de pannes, coûts des taxis ou autres modes de déplacement qui ont dû être utilisés par des passagers «oubliés» sur les quais, etc.

Une telle somme, versée à chacun des usagers des lignes de Deux-Montagnes et Dorion-Rigaud, représenterait des dommages globaux additionnels d'environ 45 millions pour l'AMT.

Plus de 30 000 personnes utilisent chaque jour la ligne de train Deux-Montagnes, entièrement électrifiée et reconstruite à neuf en 1995. Jusqu'en décembre dernier, cette ligne présentait les meilleurs taux de ponctualité de tout le réseau de l'AMT.

Le train de banlieue Dorion-Rigaud est pour sa part la plus ancienne liaison de transport ferroviaire de passagers en exploitation dans la métropole. Son instauration date de la fin du XIXe siècle. Après des décennies de sous-exploitation, ce service de trains a repris peu à peu du poil de la bête depuis la fin des années 90 et est aujourd'hui utilisé par plus de 15 000 usagers par jour.

Selon M.Painchaud, le dépôt de cette requête en recours collectif pourrait changer la dynamique entre l'agence provinciale et ses milliers d'usagers, en désignant d'office l'interlocuteur privilégié pour les passagers. À un moment où l'agence provinciale traverse une crise de confiance sans précédent, M.Painchaud a insisté sur le fait que l'émergence d'un nouvel interlocuteur pourrait inciter l'AMT à ouvrir un dialogue constructif avec ses usagers, qui lui ont souvent reproché son indifférence et son manque de communications.

M.Painchaud a par ailleurs insisté sur le fait que des montants majeurs, réclamés en dommages, pourraient être versés aux usagers sous la forme d'un rabais de très longue durée sur les tarifs des trains, et pourraient ainsi bénéficier aux usagers passés et futurs de ces services, considérés comme essentiels dans la métropole.

Le dépôt de cette requête ne signifie pas, par ailleurs, que le recours sera entendu. La Cour supérieure doit d'abord se prononcer sur la recevabilité de la requête, de même que sur la représentativité du requérant, en regard de l'ensemble de la clientèle visée.

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