Zampino s'en va chez Dessau

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Frank Zampino devrait occuper des fonctions de direction financière dans une firme d'ingénieurs de Laval.

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Tout sur le scandale entourant la gestion de la SHDM et la Ville de Montréal. »

André Noël
André Noël
La Presse

L'ancien président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Frank Zampino, a été embauché par la firme d'ingénieurs Dessau, partenaire d'un consortium qui a raflé le plus important contrat jamais accordé par la Ville de Montréal, celui des compteurs d'eau, a appris La Presse, hier.

Selon nos informations, M. Zampino, comptable agréé, devrait occuper des fonctions de direction financière dans cette firme de Laval, et qui compte 3800 employés dans le monde. Il a été impossible de le joindre, hier. Les responsables des communications chez Dessau n'ont pas répondu à nos demandes d'entretien, malgré des appels répétés.

Cette nomination crée un certain malaise à la Ville de Montréal, en raison des centaines de contrats accordés à Dessau par la Ville et ses arrondissements depuis des années, certains très peu importants, d'autres se chiffrant en millions de dollars. Avant de quitter la présidence du comité exécutif, en juillet dernier, M. Zampino a inévitablement été amené à s'impliquer dans des transactions touchant Dessau.

«Le maire n'a pas été consulté, mais informé de l'arrivée de M. Zampino chez Dessau, a dit hier Darren Becker, attaché de presse au cabinet du maire Gérald Tremblay et au comité exécutif. Le maire ne peut pas empêcher quelqu'un d'être embauché quelque part. M. Zampino sera soumis à des règles de transparence et d'éthique en matière de lobbyisme.»

Le cas Couillard

La Loi sur la transparence et l'éthique en matière de lobbyisme impose un «purgatoire» de deux ans aux titulaires de charges publiques qui quittent leurs fonctions, comme les conseillers municipaux. Rien n'interdit à ces élus ou à ces fonctionnaires d'aller travailler dans une entreprise, mais il leur est interdit de faire du lobbying pour cette entreprise pendant deux ans, ou d'utiliser les informations qu'ils ont pu recueillir pendant leur fonction publique.

Le Commissaire au lobbyisme se penche ainsi sur le cas du ministre Philippe Couillard, qui a été embauché par Persistence Capital Partners, un fonds d'investissement privé en santé, après avoir abandonné ses fonctions de ministre de la Santé. Le Commissaire effectue des vérifications afin de savoir s'il y a eu violation de la loi lorsque M. Couillard a rencontré des actionnaires de PCP, alors qu'il était toujours ministre.

Il a été impossible de joindre le chef de l'opposition à l'hôtel de ville, Benoit Labonté, qui est en vacances à l'étranger, mais les membres de son personnel politique se sont montrés étonnés d'apprendre que M. Zampino allait travailler chez Dessau.

Richard Bergeron, chef de Projet Montréal, le deuxième parti de l'opposition, a dit de son côté que plus rien ne l'étonnait.

«Plus rien ne me surprend, a dit M. Bergeron. On a tout vu avec M. Couillard. Avant lui, il y avait eu Georges Bossé, ancien maire de Verdun et ancien membre du comité exécutif de Montréal, qui travaille maintenant pour la firme Daniel Arbour et associés, impliquée dans le développement du projet immobilier Griffintown. Il n'y a plus de règle qui tienne.»

«J'ai beaucoup d'admiration pour la compétence de Frank Zampino. Il avait renoncé à des revenus en se contentant d'être président du comité exécutif. La nouvelle norme, si je comprends bien, c'est de se refaire le plus vite possible. Les institutions publiques sont dirigées par des gens dont le profil ne correspond pas à ce que doit être une administration publique. J'ai dénoncé le contrat des compteurs d'eau, l'affairisme, le démantèlement de l'expertise de la Ville au profit des entreprises. Je ne vise pas M. Zampino en particulier, mais je déplore la dérive politique.»

En 2007, l'administration Tremblay-Zampino a octroyé un contrat de 355 millions de dollars, sur une période de 25 ans, au consortium Génieau, formé par Dessau, dirigée par Jean-Pierre Sauriol, et Simard-Beaudry, dirigée par Antonio Accurso. Ce contrat, qui a été contesté par l'opposition, vise l'installation de compteurs d'eau dans le secteur non résidentiel.

Les tentacules de Dessau

Des filiales de Dessau ont aussi joué un rôle actif dans le développement du Faubourg Contrecoeur, un vaste projet immobilier dans l'est de Montréal que M. Zampino a suivi de près. La première filiale, le Groupe Gauthier, Biancamano, Bolduc a fait les plans de mise en valeur du terrain, qui a été vendu par la Ville de Montréal au groupe Frank Catania par l'entremise de la Société d'habitation et de développement de Montréal (SHDM).

La deuxième filiale de Dessau, la firme LVM Technisol, a fait les études de sol en vue de la décontamination du terrain. Le projet du Faubourg Contrecoeur, ainsi que d'autres transactions de la SHDM, font l'objet d'enquêtes, notamment par le Vérificateur général de la Ville.

En 2006, l'administration Tremblay-Zampino a mis sur pied un comité d'orientation économique pour la guider dans ses choix des projets à privilégier. Une quarantaine de chefs de grandes entreprises ont été invités à participer à ce comité de sages, dont Jean-Pierre Sauriol, le président de Dessau.

M. Zampino a été élu conseiller municipal de Saint-Léonard en 1986, puis il en est devenu le maire. Après les fusions municipales, il a été nommé président du comité exécutif de Montréal, en 2002. Il a annoncé sa démission en mai dernier.

- Avec la collaboration d'Éric Clément




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