La SPCA cessera de s'occuper des chiens de Montréal

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Sur cette photo, un chien attend d'être adopté dans un SPCA.

David Boily, archives La Presse

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La Société protectrice contre la cruauté animale (SPCA) met ses menaces à exécution. L'organisation cessera d'offrir les services canins à la Ville de Montréal pour protester contre le nouveau règlement sur les chiens dangereux, interdisant les pitbulls.

Les neuf arrondissements montréalais desservis par la SPCA avaient été prévenus en septembre qu'elle comptait suspendre ses services canins si le règlement était adopté. La Ville de Montréal a malgré tout maintenu son projet et prévoit l'entrée en vigueur au 31 mars prochain.

«La SPCA n'a d'autre choix que de cesser d'accepter par contrat des chiens puisque cela l'amènerait inévitablement à euthanasier en série des chiens en santé et au comportement irréprochable, ce qui est à l'encontre de ses valeurs et de sa mission», indique l'organisation.

À noter, les Montréalais pourront continuer à aller porter eux-mêmes à la SPCA les chiens qu'ils abandonnent ou trouvent égarés, mais la Société ne fera plus la cueillette pour la Ville.

La SPCA se dit prête à poursuivre la gestion des autres animaux, comme les chats, si les arrondissements le désirent. L'organisation affirme que les chiens ne représentaient que 15% de ses activités. L'organisation reconnaît que sa décision pourrait mener à la résiliation complète de ses contrats avec Montréal. «Évidemment, il y a un risque. Si on perd tous les contrats, c'est sûr que ça va être dramatique. Mais c'est la mission et nos valeurs qui l'ont remporté sur les aspects financiers», dit Benoit Tremblay, directeur général de la SPCA.

La SPCA dit recueillir à Montréal chaque année environ 2500 chiens abandonnés, dont environ 10% doivent être euthanasiés en raison de problèmes médicaux ou de comportement. L'organisation évalue que le règlement forcera l'euthanasie du tiers des bêtes recueillies, puisque celles-ci ne seront plus adoptables. «Le problème, c'est qu'on condamne des chiens en santé parce qu'ils sont réputés dangereux», dénonce Benoit Tremblay.

Rappelons que le maire Denis Coderre a décidé de bannir les chiens dangereux, à commencer par les pitbulls, à la suite du décès de Christiane Vadnais, en juin dernier. Celle-ci a été attaquée par le chien hébergé chez un voisin qui avait réussir à se faufiler sur sa propriété.

L'analyse de l'ADN du chien n'a jamais été rendue publique pour confirmer qu'il s'agissait d'un pitbull, mais la famille dit avoir été informée qu'il s'agissait bien de cette race de chien.

La Ville de Montréal s'est faite avare de commentaires sur les conséquences de la décision de la SPCA. Dans un courriel, on indique être à «évaluer différentes options à la lumière de ce désistement injustifié» et vouloir «assurer la continuité des services animaliers».

Les arrondissements maintiendront-ils les contrats de la SPCA ou les résilieront-ils pour confier tout le travail à une ou des entreprises privées? Soulignons que la métropole n'est pas encore en mesure de prendre en charge les animaux abandonnés. Elle y travaille toutefois, prévoyant ouvrir en 2018 un centre de contrôle animalier, projet lancé il y a longtemps, mais qui a accusé de nombreux retards.

L'opposition à l'hôtel de ville y voit la conséquence «de l'approche complètement improvisée et arbitraire du maire Coderre en matière de gestion animalière, a déclaré le conseiller Sterling Downey, de Projet Montréal. Il est inacceptable que le maire ait refusé de consulter un de ses principaux partenaires, la SPCA, ainsi que les autres experts, avant de lancer la révision de son règlement sur la gestion animalière.»




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