La faible présence des minorités chez les pompiers dénoncée

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En 2015, le Service de sécurité incendie de Montréal (SIM) comptait à peine 19 membres issus des minorités visibles sur 2430 pompiers.

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Moins de 1% des pompiers de Montréal sont issus des minorités visibles, même si celles-ci représentent près du tiers des Montréalais. Trente ans après que la métropole s'est engagée à promouvoir l'égalité chez ses employés, ses pompiers demeurent presque exclusivement des hommes blancs, dénonce le conseiller Marvin Rotrand.

En 2015, le Service de sécurité incendie de Montréal (SIM) comptait à peine 19 membres issus des minorités visibles. Sur 2430 pompiers. La situation n'est guère plus reluisante chez les femmes, puisqu'à peine 31 ont réussi à se faire embaucher.

«Ces chiffres sont inacceptables dans une ville cosmopolite et multiraciale comme Montréal. Quelque chose ne fonctionne pas, et on doit agir», dénonce Marvin Rotrand, en entrevue avec La Presse.

Sans être parfaitement représentatif de la population montréalaise, le Service de police de la Ville de Montréal fait meilleure figure. Près du tiers de son effectif est féminin et un peu plus de 7% de ses agents sont issus des minorités visibles. La situation est toutefois similaire pour les autochtones: à peine 16 policiers proviennent des Premières Nations, soit 0,3%.

La Société de transport de Montréal fait quant à elle office d'élève modèle, ayant effectué un bond majeur au cours des 10 dernières années. Alors que 6% de ses employés étaient issus des minorités en 2007, ils représentaient 17% en 2013. La représentation des femmes a aussi connu une forte progression durant cette période, passant de 19% à tout près du quart. Rappelons que le transporteur s'est doté d'un programme d'accès à l'égalité à l'emploi en 1987.

À l'Institut de protection contre les incendies du Québec (IPIQ), on reconnaît que le nombre de femmes ou d'aspirants issus des minorités est peu élevé, «mais il augmente», dit son directeur adjoint, Luc Turgeon. Un groupe, «Les filles ont le feu sacré», a vu le jour pour encourager les femmes à devenir pompières, ce qui a contribué à faire augmenter le nombre d'inscriptions. L'IPIQ a recruté cette année 25 femmes sur 198 élèves, un record. M. Turgeon prévient toutefois qu'il n'est pas question pour son organisation de faire de la discrimination positive.

Marvin Rotrand prend note des efforts faits par le SIM pour recruter des pompiers issus des minorités, mais estime qu'il est temps que le conseil municipal se fasse entendre.

Toronto redouble d'efforts

Montréal n'est pas la seule ville à recruter peu de pompiers femmes ou issus des minorités. Toronto estime que moins de 4% de ses pompiers proviennent des minorités visibles. Celles-ci représentent pourtant près de la moitié (47%) de la population de la métropole canadienne.

L'administration du maire John Tory a ainsi entrepris un virage pour augmenter la présence des femmes et des minorités parmi ses pompiers. En 2015, Toronto rapporte ainsi que sur les 762 candidatures de pompiers reçues, 14% provenaient de minorités visibles et 10% de femmes. «Ils ressemblent plus à la population qu'ils desservent», s'est félicité John Tory lors d'une récente cérémonie de promotion de pompiers.

La faible présence de minorités chez les pompiers n'étonne pas Wendy Cukier, directrice de l'Institut de la diversité à l'Université Ryerson de Toronto. «Dans la culture nord-américaine, les pompiers ont un rôle presque romantique, héroïque. Mais ce n'est pas du tout le cas dans d'autres cultures. Alors il faut informer ces communautés que ce sont de bons emplois payants», dit-elle à La Presse.

Cette spécialiste de la diversité en emploi estime que les services incendie doivent donc accentuer leurs efforts pour recruter des représentants des minorités visibles. Elle souligne également que le coût des formations pour devenir pompier peut aussi être un frein important pour les minorités. Ceux-ci proviennent souvent de milieux moins favorisées et n'ont pas les milliers de dollars nécessaires pour s'inscrire.




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