Cyclistes et piétons: Montréal annonce sa «Vision zéro» accident

Chaque année, Montréal prévoit des changements de signalisation et... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE)

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Chaque année, Montréal prévoit des changements de signalisation et de la sensibilisation aux risques près des 10 intersections les plus « accidentogènes » de la ville.

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« Nouvelle ingénierie, nouvelle réglementation, nouvelle culture. » C'est le leitmotiv derrière la nouvelle stratégie de sécurité routière - appelée « Vision zéro » accident - présentée mercredi par l'administration Coderre. « Si je pouvais la résumer : aucune perte de vie n'est acceptable, a déclaré mercredi M. Coderre. Le cycliste doit protéger le piéton, et le conducteur de l'automobile doit protéger le cycliste et le piéton, et ainsi de suite. » Explications en six points.

RÉVISION DU PLAN DE CAMIONNAGE

Dans le cadre de son plan de sécurité routière, et particulièrement à la suite de deux accidents impliquant cyclistes et camions à Montréal cet été, le maire Coderre a commandé une « révision de fond en comble du plan de camionnage ». Les véhicules lourds sont déjà interdits dans certaines parties de la ville, sauf pour livraisons locales. La Commission du transport et la Commission du développement économique de la Ville auront pour mandat de mener cette étude au cours des prochains mois. Il est trop tôt cependant pour s'avancer sur une interdiction de certains types de camions dans les secteurs les plus populeux de la ville : « L'important, c'est que tout le monde ensemble puisse discuter de cette question », a résumé le maire.

VITESSE LIMITÉE À 40 KM/H... À CERTAINS ENDROITS

Le maire de Montréal dit qu'il ne voit « pas de problème » à ce que la vitesse soit limitée à 40 km/h sur certains tronçons à Montréal, comme viennent de le décréter les arrondissements de Rosemont-La Petite-Patrie et du Plateau-Mont-Royal. « Mais ce qui est très important, c'est l'harmonisation. [Les arrondissements] ne peuvent pas travailler en vase clos », a-t-il dit. 

100 SAS VÉLO D'ICI DEUX ANS

La Ville entend mettre en place une centaine de « sas vélo » d'ici deux ans aux intersections les plus dangereuses pour les vélos. Peintes au sol quelques mètres devant la ligne de freinage des automobiles, ces zones réservées aux vélos permettent aux cyclistes de se placer devant les voitures aux feux rouges, ce qui leur donne une longueur d'avance quand le feu passe au vert. 

10 INTERSECTIONS AMÉLIORÉES PAR ANNÉE

Chaque année, la Ville s'attaquera aux 10 intersections les plus « accidentogènes » de la ville. Des améliorations de conception pourraient être apportées, mais Montréal prône d'abord une approche « multidisciplinaire », qui prévoit aussi des changements de signalisation et de la sensibilisation aux risques près de ces endroits jugés dangereux.

RÉPRESSION DES COMPORTEMENTS DÉLINQUANTS

S'attaquer aux comportements est plus difficile que d'installer un feu rouge. Aux yeux de la Ville, le contrôle policier est incontestablement une solution pour réduire les comportements délinquants chez les automobilistes, les piétons et les cyclistes. Les contraventions, entre autres celles pour « emportiérage » de cyclistes, demeureront un outil privilégié, a indiqué le maire. « Les affiches qui vous annoncent la vitesse à laquelle vous roulez, ça aussi, ça travaille le monde », a commenté M. Coderre. 

« VISION ZÉRO » OU « ZÉRO VISION » ?

Pour l'opposition à l'hôtel de ville, le plan annoncé mercredi devrait plutôt porter le nom de « Zéro vision ». « Tout ce qui a été annoncé était écrit dans le plan de transport de 2008. Certaines de ces mesures, M. Coderre les a lui-même annoncées à plusieurs reprises », a reproché Luc Ferrandez, chef intérimaire de Projet Montréal, qui accuse le maire de tenter de récupérer l'approche suédoise « Vision zéro » sans proposer de mesures concrètes. L'organisme Vélo Québec, pour sa part, s'est dit heureux de voir que le maire de Montréal prend des engagements pour réduire les accidents. « Mais nous avons hâte de voir du concret. Parce que la clé, pour mieux protéger les usagers vulnérables, c'est un meilleur aménagement », a commenté la PDG Suzanne Lareau.

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