Montréal a protégé ses prises d'eau en cas de déversement pétrolier

Les capteurs permettront de fermer les prises d'eau... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE)

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Les capteurs permettront de fermer les prises d'eau des usines Des Baillets et Atwater (photo) en cas de contamination aux hydrocarbures.

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Craignant un déversement de pétrole dans le fleuve, la Ville de Montréal a installé cette année des capteurs d'hydrocarbures sur ses deux principales prises d'eau. En cas de contamination, ce nouveau système permettra d'éviter de paralyser pendant des mois la production d'eau potable de la métropole.

« C'est une mesure de prévention qui a été prise », résume Chantal Rouleau, élue responsable de l'eau au sein de l'administration Coderre. Un nouveau règlement adopté par Québec a imposé aux villes d'évaluer les risques planant sur leurs prises d'eau et de prendre des mesures de mitigation.

Avec l'accroissement du transport de produits pétroliers par trains et l'inversement du flot dans l'oléoduc 9B, Montréal a jugé que ses prises d'eau étaient à risque d'un déversement d'hydrocarbures. « Ce sont des éléments très dangereux pour une prise d'eau. Si du pétrole entre à l'intérieur du système, on a un problème à long terme », dit Babak Herischi, directeur de l'eau potable à la Ville de Montréal.

Temps de réaction

Le système de filtration des eaux est principalement composé de sable et est ainsi particulièrement sensible à la contamination par les hydrocarbures. 

Des capteurs ont donc été déployés à des endroits stratégiques pour détecter la présence d'hydrocarbures. À la moindre alerte, les prises d'eau se fermeront automatiquement pour éviter de contaminer la production d'eau potable. « Ça va nous permettre de fermer les prises d'eau des usines Des Baillets et Atwater en cas de contamination aux hydrocarbures », a indiqué la directrice du service de l'eau, Chantal Morissette.

Il était temps que Montréal se dote de telles mesures de protection, a réagi l'opposition à l'hôtel de ville. « Ça devenait impératif. Ça aurait pu être fait plus tôt », note Sylvain Ouellet, conseiller de Projet Montréal.

Celui-ci souligne que du pétrole coulait dans l'oléoduc 9B avant qu'Enbridge n'inverse le flux cette semaine. « S'il y a une rupture dans le lac des Deux-Montagnes, ça va affecter l'ensemble de nos prises d'eau, de façon assez rapide », poursuit l'élu.

Tunnel de protection

D'autres mesures sont aussi prévues pour améliorer la protection des prises d'eau de Montréal. La métropole planche sur un projet de 78 millions pour aménager un tunnel de 900 mètres dans la canalisation afin de protéger la prise d'eau de l'usine Atwater.

Montréal estime qu'aménager un tunnel de 900 mètres jusqu'à la rue Galt permettrait de soustraire la prise d'eau à la contamination potentielle provenant du chantier de l'autoroute 15. La Ville espère qu'Ottawa et Québec accepteront de couvrir la facture que ce chantier lui impose. Mais avant même d'avoir terminé les négociations, la métropole a décidé d'aller immédiatement de l'avant avec le projet de canalisation pour s'assurer que ces travaux seront terminés au 1er mai 2018, lorsque doit commencer le chantier de l'autoroute 15.

«Il faudrait des mois et des mois pour décontaminer et pour réorganiser l'usine afin de reprendre la production d'eau. Ce serait très, très problématique.»

Babak Herischi
Directeur de l’eau potable à la Ville de Montréal, à propos de la nécessité d’installer des capteurs d’hydrocarbures sur les deux principales prises d’eau de la métropole
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