Les commerçants de Côte-des-Neiges surpris et abattus

Houssam, gérant du restaurant Kabab, qui donne directement... (Photo André Pichette, La Presse)

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Houssam, gérant du restaurant Kabab, qui donne directement sur le chantier, juge la situation inacceptable.

Photo André Pichette, La Presse

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Demandez à Nada Raouda si les travaux qui ont été effectués tout l'été sur le chemin de la Côte-des-Neiges ont eu un impact sur son café bistro, et elle lèvera les yeux au ciel, l'air de dire: «Qu'est ce que t'en penses?»

«Bien sûr qu'il y en a eu un», dit-elle en soupirant. Voilà pourquoi le retour des cônes et des clôtures grillagées devant son commerce, quelques semaines seulement après la fin du dernier chantier, a été la goutte de trop.

À l'angle de la rue Swail et du chemin de la Côte-des-Neiges, cônes et clôtures encerclaient hier un trou béant. La chaussée a pourtant été fraîchement refaite, il y a à peine quelques semaines, au terme d'un été de travaux.

Si les commerçants avaient été avertis des travaux de reconstruction des infrastructures entre le chemin Queen-Mary et le boulevard Édouard-Montpetit, ce nouveau chantier demeure un mystère pour plusieurs d'entre eux.

Chantier interrompu

À la Ville de Montréal, le porte-parole Philippe Sabourin a expliqué que les travaux ont repris dans les derniers jours parce que la Commission des services électriques de Montréal (CSEM) était occupée sur d'autres chantiers quand les travaux de l'intersection Swail et Côte-des-Neiges ont pris fin, le 4 septembre. 

«D'un commun accord, nous avons procédé au pavage, pour ne pas pénaliser commerçants et résidents, en attendant les travaux de la CSEM», a-t-il écrit dans un courriel. «La présence de nombreuses institutions - dont l'Université - dans ce secteur a également été prise en compte dans la décision de redonner l'usage rapide des lieux pour la rentrée de septembre.»

En clair, la Ville a préféré procéder à l'asphaltage pour rouvrir le chantier un mois et demi plus tard, plutôt que de le laisser «interrompu pendant six semaines», a-t-il ajouté. 

 Il reste qu'Houssam, gérant du restaurant Kabab, qui donne directement sur le chantier, juge la situation inacceptable.

Devant lui, un employé de la librairie voisine Olivieri venu casser la croûte hier midi a expliqué que les résidants du secteur, des personnes âgées ou de jeunes familles, ont peiné tout l'été pour circuler sur les trottoirs avec leur déambulateur ou leur poussette avec tous ces travaux. 

Depuis cinq ans, le chemin de la Côtes-des-Neiges a subi de nombreux travaux, explique Mme Raouda, du café Bistro Cook's. «Il y a eu plusieurs interruptions et reprises... On n'est pas contre les travaux, mais pas au point de bousiller le quartier», dit-elle.

«Ce n'est pas normal de rouvrir la rue maintenant. Y a-t-il eu une erreur? Qui s'est trompé? On ne sait rien! La Ville ne propose aucun allégement de taxe... Tous les commerçants autour sont au bord du découragement», ajoute-t-elle.

Edya Sehovic, de la librairie Livre voyageur, ne cache pas non plus son découragement. Le chantier ne lui permet plus d'installer sa pancarte sur le trottoir pour attirer les clients dans la boutique située juste derrière le Kabab.

En plus des barrières de sécurité, une toilette chimique jouxte sa porte d'entrée. «C'est épouvantable! dit-elle. Avec les barrières, les vidangeurs n'ont tout simplement pas ramassé les poubelles, tous les sacs sont empilés comme dans un dépotoir!»

«On avait survécu jusqu'en septembre, mais cette fois, c'est vraiment frustrant et personne ne sait pourquoi!», déplore la libraire.

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