Square Viger: Montréal retourne à la planche à dessin

L'Agora du square Viger devait être démolie en... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE)

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L'Agora du square Viger devait être démolie en novembre.

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Le projet de réfection du square Viger qui prévoit la démolition de l'Agora de Charles Daudelin sera révisé. La Ville de Montréal a annulé à la dernière minute l'appel d'offres afin d'améliorer le projet, auquel s'oppose avec force la famille du défunt artiste.

Après avoir vanté les mérites du projet de réfection de 28,3 millions, le maire Coderre affirme maintenant qu'il n'est pas «totalement satisfait» de la proposition présentée publiquement au début du mois de juin. Des modifications au concept étant sérieusement envisagées, il a donc décidé d'annuler l'appel d'offres lancé le 17 juin à quelques heures seulement de la fin du processus.

«J'ai arrêté le processus pour m'assurer qu'on présente quelque chose de plus intéressant, toujours avec un respect des lieux et de la mémoire», a confié le maire en entrevue à La Presse.

Reste qu'un réaménagement complet du square Viger s'impose, estime le maire. Celui-ci espère profiter de l'arrivée du Centre hospitalier de l'Université de Montréal pour améliorer le secteur occupé principalement par des sans-abri qui campent sous l'Agora. «Il faut s'assurer qu'on ne manque pas cette opportunité, avec le Quartier de la santé, pour avoir une belle continuité entre Riopel, le Champ-de-Mars et le square Viger. Actuellement, c'est un bunker. On ne peut pas laisser ça comme ça quand on sait qu'il y a 20 000 personnes qui vont passer par là.»

«Décision technique»

La Ville de Montréal a qualifié hier l'annulation de l'appel d'offres de simple «décision technique» afin d'éviter de négocier des changements au contrat de la firme qui décrochera le mandat pour faire les plans et devis du futur square. Au cabinet du maire, on assure de plus que la décision ne retardera pas le projet, qui doit être livré au printemps 2017.

Même si l'administration Coderre tentait de minimiser l'impact de l'annulation de l'appel d'offres, le chef de l'opposition Luc Ferrandez n'a pas hésité à dire qu'il s'agissait d'«une victoire pour le milieu culturel». Celui-ci ajoute que la réécriture de l'appel d'offres pourrait permettre d'ouvrir la porte à des propositions ne misant pas sur la démolition.

« Ça donne plus de temps pour les défenseurs acharnés du patrimoine de développer une proposition qui pourrait convaincre la Ville », estime M. Ferrandez.

Des artistes se réjouisssent

L'annulation de l'appel d'offres a réjoui des artistes proches de la famille. «Je ne m'emballe pas trop, mais disons que ça augure bien, même si on ne sortira pas les feux d'artifice tout de suite», a réagi Christian Bédard, du Regroupement des artistes en arts visuels du Québec.

L'homme dit comprendre le dilemme devant lequel la Ville de Montréal est placée. «Oui, il y a l'impératif de la sécurité, tout le monde en convient. Mais il y a aussi la question de la protection des droits moraux et je crois qu'il y a eu un quiproquo là-dessus. On percevait peut-être que la famille ne voulait pas bouger [sur le réaménagement], mais il y a des nouveaux éléments qui font que la famille est prête à concéder plusieurs modifications au concept et au design, pourvu qu'on conserve l'essentiel», a expliqué Christian Bédard.

Au lieu d'une démolition complète, plusieurs ont en effet proposé d'altérer l'oeuvre, comme en enlevant la toiture des structures de béton sous laquelle une trentaine de sans-abri ont élu domicile depuis plusieurs années.

- Avec la collaboration de François Cardinal

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- Pierre-André Normandin

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