La production des voitures de métro Azur suspendue six mois

Les nouvelles voitures du métro de Montréal devaient... (PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE)

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Les nouvelles voitures du métro de Montréal devaient initialement entrer en service en 2014.

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Bruno Bisson
La Presse

La fabrication des nouvelles voitures de métro Azur commandées en 2010 au consortium Bombardier-Alstom, au coût de 1,2 milliard, est suspendue pour au moins six mois à l'usine québécoise de La Pocatière, en raison de problèmes de développement d'un logiciel essentiel à la mise en service commerciale des voitures.

Bombardier a annoncé hier que 145 des 430 travailleurs de son usine du Bas-Saint-Laurent, soit le tiers de sa main-d'oeuvre, vont perdre leur emploi à compter du 28 avril prochain, pendant au moins six mois. On prévoit que ceux-ci seront rappelés d'ici octobre pour reprendre la fabrication des voitures, qui accusent en ce moment dix mois de retard.

La Société de transport de Montréal (STM) et le ministère des Transports du Québec (MTQ), qui finance leur acquisition, ont été informés hier que la mise au point du logiciel de contrôle automatique des trains n'est pas terminée et que sa livraison est reportée jusqu'à la fin de 2015.

À la Société de transport de Montréal (STM), selon une source bien informée, on ne croit plus à la possibilité que des usagers puissent monter dans ces nouvelles voitures, en service commercial, d'ici la fin de l'année. Même si les voitures sont bien livrées avec le logiciel de contrôle fonctionnel, il reste toujours plusieurs tests à réaliser sur les voitures, sans passagers à bord, avant de pouvoir autoriser leur circulation durant les heures de service sur le réseau. La mise en service des voitures Azur pourrait donc être reportée jusqu'au début de 2016. Le contrat prévoyait la mise en service clientèle d'une première rame... en mars 2014.

La déception est vive et l'impatience, manifeste. En plus de rappeler que le contrat d'acquisition de ces voitures a été signé il y a maintenant 50 mois, la STM a annoncé hier, par voie de communiqué, qu'elle remet en vigueur la pénalité de 10 000$ par jour de retard prévue au contrat, pénalité que la société avait accepté de suspendre, l'an dernier, pour ne pas envenimer le dossier.

«Vu ce nouveau contexte, a confirmé hier le président de la STM, Philippe Schnobb, on a décidé de remettre en application le contrat, tel que libellé.»

«C'est une grande déception, ajoute le président, parce qu'on attend beaucoup de ces voitures pour améliorer les services à la clientèle du métro. Ce retard a des conséquences pour certaines de nos plus vieilles voitures MR-63, qui vont nous demander plus d'attention sur le plan de l'entretien. Si l'échéancier du contrat avait été respecté, certaines d'entre elles auraient déjà été retirées du service.»

La livraison des 468 voitures Azur, prévue d'ici la fin de 2018, permettra de mettre à la retraite les 340 voitures MR-63, dont certaines ont près de 50 ans, et qui roulent depuis l'inauguration du métro de Montréal, en 1966.

De son côté, le ministre des Transports, Robert Poëti, a estimé que l'annonce d'hier «est une mauvaise nouvelle non seulement pour la STM et pour la clientèle, mais aussi pour La Pocatière, Sorel et l'économie du Québec».

Un sous-traitant

Le retard des voitures Azur n'est pas imputable à la chaîne de production de Bombardier, à La Pocatière, mais à la livraison retardée d'un logiciel crucial pour le fonctionnement des voitures. Le logiciel de contrôle automatique du train, qui ne fonctionne pas pour le moment, contrôle une longue liste de dispositifs mécaniques et électroniques à bord des voitures, certains essentiels à la sécurité des usagers.

Le retard dans la mise au point de ce logiciel est attribué à la firme Ansaldo, société italienne d'envergure internationale et sous-traitant d'Alstom, spécialisée dans la conception et l'installation de systèmes d'exploitation et de signalisation ferroviaires partout dans le monde.

Une porte-parole d'Alstom, Michelle Stein, a expliqué hier que malgré les difficultés auxquelles se heurte ce sous-traitant, Alstom n'a pas l'intention de faire appel à une autre firme, en raison de la complexité technologique du mandat qu'on lui a confié. Le logiciel manquant doit être conçu sur mesure en fonction des caractéristiques propres au réseau de la STM. Le remplacement du sous-traitant risquerait de retarder encore plus la livraison des voitures à la STM.

Selon Mme Stein, un comité formé de représentants «de haut niveau» de Bombardier, d'Alstom et d'Ansaldo supervisera la poursuite du développement de ce logiciel et «s'assurera que toutes les ressources nécessaires pour compléter sa mise au point» seront mises à contribution, pour hâter la livraison des voitures Azur.

Un porte-parole de Bombardier, Marc Laforge, a de son côté tenu à souligner que le consortium sera tout de même en mesure de livrer les 468 voitures commandées pour la fin de 2018, comme prévu au contrat avec la STM, et ce, malgré les retards qu'entraîne la défaillance du logiciel.

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