L'austérité, même dans les déchets

Les déchets des citoyens de Saint-Lambert ne sont... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE)

Agrandir

Les déchets des citoyens de Saint-Lambert ne sont plus ramassés qu'une fois aux deux semaines pendant la saison froide. Un virage qu'on a déjà pris de nombreuses villes québécoises.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Plusieurs citoyens de Saint-Lambert ont été pris de court quand leurs poubelles sont restées pleines sur le bord du trottoir, il y a quelques semaines. La municipalité a décidé d'implanter la collecte des déchets toutes les deux semaines durant la saison froide. Elle n'est pas la seule, le mouvement prend de l'ampleur. C'est une façon de répondre à des impératifs environnementaux, mais aussi d'économiser gros.

Près d'une cinquantaine de villes à travers le Québec ont pris le virage de la collecte des déchets aux deux semaines dans la dernière année. Il ne se passe pratiquement plus une semaine sans qu'une municipalité n'en fasse l'annonce. De Saint-Lambert à Mont-Saint-Hilaire, en passant par Rosemère et Lorraine, les citoyens apprennent que leurs poubelles ne seront plus ramassées toutes les semaines durant la période hivernale, et ce jusqu'en avril.

«Il n'y a plus rien à gratter dans le fond des tiroirs des municipalités. On n'a plus de réserves. Nous sommes à la veille de lécher le fond de la casserole, illustre Denis Lapointe, maire de Salaberry-de-Valleyfield, qui préside une commission sur l'environnement et le développement durable de l'Union des municipalités du Québec (UMQ). La collecte toutes les deux semaines permet de réaliser des économies qui vont servir à financer la croissance du coût des autres collectes.»

Évidemment, la nouvelle mesure permet d'atteindre en partie la cible provinciale de ne plus enfouir des déchets d'ici 2020. Mais au-delà de l'idéal environnemental, il y a des économies d'argent. Parce que ça coûte très cher, les ordures.

À Saint-Lambert, on estime que la collecte aux deux semaines va permettre d'économiser environ 110 000$ par année. Pour l'instant, cet argent ne servira pas à transformer les matières putrescibles.

La collecte du recyclage demeure toutes les deux semaines, mais depuis le 1er mai dernier, les contenants de 60 litres ne sont plus ramassés. Seul le bac bleu de 360 litres est accepté, façon d'inciter les citoyens à recycler davantage, dit-on.

Le chef de la division environnement, Pierre-Michel Pelletier, ajoute que la municipalité va attendre que l'usine de biométhanisation (transformation des matières putrescibles en biogaz) de l'arrondissement de Longueuil voie le jour avant de procéder à la collecte des matières compostables. Le projet de construction, qui est à l'état embryonnaire, n'est pas prévu avant 2018. Et la mairesse de Longueuil Caroline St-Hilaire a déjà prévenu le gouvernement qu'il lui faudra davantage de financement pour que l'usine se concrétise. Pour l'heure, Saint-Lambert a offert une formation et un composteur maison au prix de 25$ l'unité à ses citoyens.

6085
Le nombre de tonnes de déchets générées l'an dernier par les quelque 22 000 citoyens de Saint-Lambert

Sherbrooke: une fois par mois

Depuis l'automne, à Sherbrooke, les déchets domestiques ne sont même ramassés qu'une fois par mois. On fera exception au temps des Fêtes. Et on passera à une fois toutes les trois semaines en période estivale.

«Il y a eu des plaintes au début, admet Denis Gélinas, directeur des infrastructures et de l'environnement à la Ville. Les gens disaient que ça puait parce qu'on ne ramassait pas toutes les semaines. Mais c'est intégré maintenant dans les habitudes des gens.»

En valorisant le recyclage et le compostage, la Ville évalue qu'elle économise 2,5 millions de dollars par année, ce qui représente 15% de son budget global de gestion des déchets. Sans compter que plus de 50% des déchets de la municipalité vont ailleurs que dans un site d'enfouissement, en accord avec la cible provinciale, assure-t-on.

Le coût du bac brun

Selon Denis Lapointe, de l'UMQ, il faut s'attendre à ce que la collecte du bac brun (matières biodégradables) fasse doubler, voire tripler le coût des déchets par «porte» dans les prochaines années.

«On parle à l'heure actuelle de 150$ par porte au lieu de 50$, explique-t-il. Mais avec la biométhanisation, je crois qu'il faut en réalité parler de 300$ par porte. Vous savez, on ne fera jamais d'économies avec la gestion du recyclage et des matières putrescibles. Malgré tous les efforts, on arrive à peine à recycler entre 20 à 25% de nos déchets. Alors, imaginez les matières putrescibles, d'autant plus qu'on ne fera pas d'argent avec le gaz.»

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer