L'ère du maire Coderre

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Denis Coderre célèbre lundi sa première année à la mairie de Montréal. Dans une longue entrevue accordée à La Presse, il revient sur les hauts et les bas de ses 12 premiers mois en tant que maire. Notre chroniqueur François Cardinal se prononce également sur ses bons et moins bons coups et lui décerne une note.

La manifestation du 18 août à l'hôtel de ville a marqué un moment «charnière» dans la première année à la mairie de Denis Coderre. «Ma porte est toujours ouverte, on n'a pas besoin de la défoncer», a-t-il confié lors d'une longue entrevue accordée à La Presse. Qu'on ne s'y trompe pas, Denis Coderre, que plusieurs voyaient briguer un jour le poste de premier ministre du Canada, adore son nouveau travail de maire. Emballé par sa nouvelle vie, celui qui ne cesse de multiplier les «priorités» prévient qu'il ne compte pas ralentir la cadence.

Visiblement, vous semblez adorer votre boulot. Qu'est-ce que vous aimez le plus dans ce travail?

C'est la capacité d'être un acteur de changement. Être proche des gens, être sur le terrain. Si ça ne marche pas, c'est de ma faute, je prends la décision. Ce qui était le plus important, mon défi, c'était de ramener la confiance.

Et si vous aviez à choisir en votre ancien travail de ministre et celui de maire?

J'ai tourné la page. La politique fédérale est exaltante, mais je suis passé à une autre étape. Je suis vraiment bien ici. J'adore la politique municipale.

On dit souvent que Montréal est une ville difficile à gérer. Est-ce que par moments vous regrettez d'avoir pris cet emploi?

Non, jamais. On a [été élus] avec un certain pourcentage. Beaucoup de gens viennent me dire: «Je n'ai pas voté pour toi, mais là je suis avec toi.» Je sens sur le terrain qu'il y a eu une évolution.

Les sondages menés par la Ville montrent que les citoyens continuent d'être largement insatisfaits de leurs services. Est-ce que les Montréalais en ont pour leur argent?

Je pense qu'ils en ont beaucoup pour leur argent. On a peut-être besoin de faire les choses autrement. C'est pour ça qu'on a fait une réforme des arrondissements. Il y a un travail à faire du côté bureaucratique, il y a bien des dédoublements. Quand le nouveau directeur général est arrivé, il avait 15 directeurs sous lui. Une chatte y perdrait ses petits. Là, il y en a quatre.

La réforme des arrondissements cet été a été bien mal reçue par certains maires. Comment vous vous expliquez une telle réaction?

On se donne une ville et ce n'est pas tout le monde qui embarque. Quand ils regardent l'ensemble et qu'ils voient moins d'argent, ils ont l'impression qu'ils perdent tout. Il y a certains arrondissements qui préfèrent travailler seuls. L'arrondissement, ce n'est pas une ville de plus, ça fait partie de la Ville. C'est le même citoyen.

On compare souvent votre style à celui de Régis Labeaume, maire de Québec. Vous avez embauché son ancien directeur général, Alain Marcoux. Plusieurs changements à l'organisation de Montréal rappellent ceux faits à Québec. Assiste-t-on à la québécisation de Montréal?

(Rires) C'est Régis qui est comme moi! Non, pas du tout. Ce sont des échanges de bons procédés. On appelle ça les meilleures pratiques. Cette consolidation des liens entre acteurs du monde municipal a fait une différence dans la dernière campagne provinciale et on va faire la même chose au fédéral. La chaîne est solide.

Sujet chaud cette année: la question des régimes de retraite a fait couler beaucoup d'encre. Vous attendiez-vous à une telle réaction chez les employés?

Il y a une culture à Montréal dans la relation patronale-syndicale. Il faut changer cette culture. Le projet de loi 3 et le fait que les municipalités se sont donné la main ont rééquilibré la négociation. Ma porte est toujours ouverte, on n'a pas besoin de la défoncer pour ça.

À quel point la manif du 18 août a-t-elle été un événement marquant dans votre année?

C'est un moment charnière. Ça a commencé avec le feu de casquettes et de vidanges et quand on s'est mis à arroser l'hôtel de ville. On est en 2014, on n'est plus dans le syndicalisme des années 70-80. À coups de bras, moi, ça ne marche pas.

Les relations de travail se sont détériorées cette année...

C'est le jeu de la négociation. Ça va revenir.

En juin, la Régie des alcools a refusé le projet-pilote sur l'extension des heures d'ouverture de certains bars du centre-ville. Avez-vous fait une croix sur cette idée, ou comptez-vous la ramener?

On est une métropole internationale: c'est sûr que ça va revenir.

Est-ce que vous allez changer d'approche?

L'approche va être la même. Un projet-pilote, c'est de trouver une solution montréalaise pour Montréal. Ce n'est pas une question de dire qu'on veut faire comme ailleurs. On n'est pas comme ailleurs. On est l'Europe en Amérique. Montréal est unique en Amérique du Nord. Faites-moi confiance. On va peaufiner ça comme il faut.

Certains avancent que le transport a été votre talon d'Achille depuis un an. La STM annonçait récemment le report de 20 ans du remplacement de ses wagons MR-73. Considérez-vous devoir en faire plus pour le transport en commun?

Soyons clairs, le MR-73 est encore bon pour 20 ans et il est encore performant. C'est sûr que certaines pannes peuvent faire les nouvelles, mais on est une des villes les plus performantes pour notre métro et nos autobus. J'ai des décisions à prendre bientôt, comme sur la politique du stationnement, qui inclura l'auto en libre-service. Je pense que pour moi en 2015, le transport en commun va être une des priorités.

Vous avez beaucoup de priorités. Avez-vous peur de vous éparpiller?

Vous m'avez dit la même chose quand j'ai été élu. C'est mon style et ça marche ensemble. On ne peut pas faire juste une chose quand on est maire de Montréal.

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Consultez notre dossier complet dans La Presse+ de samedi: Quatre spécialistes attribuent une note à la première année de l'administration Coderre.

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