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Un «espion» est promu au SPVM

L'embauche de Michel Nantel a été confirmée hier... (Photo: Alain Roberge, archives La Presse)

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L'embauche de Michel Nantel a été confirmée hier par le SPVM, sans plus de détails. Il y travaillera à titre de «Chef de section - Sécurité informatique à la division des ressources informationnelles au SPVM».

Photo: Alain Roberge, archives La Presse

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Le fonctionnaire au coeur du scandale de l'espionnage à l'hôtel de ville, Michel Nantel, devient chef de section à la sécurité informatique au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

L'opposition s'indigne de cette «promotion inconcevable», révélée par une note de service datée du 4 septembre obtenue par La Presse. «On est très mal à l'aise qu'un homme avec une telle feuille de route ait été nommé à ces responsabilités importantes, à un poste aussi névralgique au SPVM, déplore Alex Norris, conseiller élu sous la bannière de Projet Montréal. Il faut que le maire Tremblay explique aux Montréalais pourquoi cet homme méritait cette promotion.»

C'est comme conseiller en sécurité informatique à la Ville que M. Nantel a accédé aux courriels du vérificateur général Jacques Bergeron, qu'il a transmis au contrôleur général, Pierre Reid. Le vérificateur général a été espionné de mars 2010 à janvier 2011. Il a déposé en mars 2011 une poursuite contre la Ville et quatre de ses fonctionnaires, dont Michel Nantel, pour cette «intrusion sans précédent et d'une extrême gravité». La cause est devant les tribunaux.

En avril 2011, on a par ailleurs appris que le même groupe de fonctionnaires avait intercepté pendant plusieurs mois les courriels du président du conseil municipal de l'époque, Claude Dauphin. La poursuite au civil de M. Dauphin a été réglée à l'amiable en juillet dernier, la Ville acceptant de lui verser 115 000$.

Mandat d'enquêteur

Lorsque cette dernière controverse a éclaté en 2011, l'administration Tremblay s'était défendue en assurant avoir reçu le mandat de la Sûreté du Québec d'intercepter les courriels de M. Dauphin. Le corps policier a toujours nié avec vigueur avoir donné cette autorisation.

À titre de conseiller en sécurité informatique, Michel Nantel était «susceptible de faire enquête sur tous les individus qui sont en contact avec la Ville, que ce soit des employés, cols blancs ou bleus, et même des élus», a révélé en mars 2011 une décision de la Commission des relations de travail.

L'embauche de M. Nantel a été confirmée hier par le SPVM, sans plus de détails. Il y travaillera à titre de «Chef de section - Sécurité informatique à la division des ressources informationnelles au SPVM». On ignore la date de son entrée en fonction.

«Les gestes qu'il a posés demandent des éclaircissements, non une promotion, estime Alex Norris. Leur légalité reste à être déterminée par les tribunaux. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il a violé l'indépendance du Bureau du vérificateur général et celle du président du conseil municipal. C'était des gestes répréhensibles qui n'auraient jamais dû avoir lieu.»

À la Ville, on explique que M. Nantel s'est qualifié plus tôt cette année lors d'un processus de sélection. «Il s'agit tout simplement d'un comblement de poste qui s'est fait lors d'un processus normal de dotation, auquel Michel Nantel a participé de sa propre initiative, sans plus», précise le porte-parole Gonzalo Nunez.




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