Procès de Randy Tshilumba: «Clémence était comme un soleil»

Nathalie Beaulieu et Luc Patry, parents de Clémence... (PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE)

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Nathalie Beaulieu et Luc Patry, parents de Clémence Beaulieu-Patry

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« Vivre sans Clémence... je ne sais pas encore comment on va faire... », lâche Nathalie Beaulieu, en proie à une vive émotion. Pour les parents de Clémence Beaulieu-Patry, le procès de Randy Tshilumba, celui qui a tué leur fille, a été plus qu'éprouvant. Un long supplice d'un mois qui les a confinés au silence. « Ça été un cauchemar. On est épuisé, pas juste physiquement, mais émotivement. Je vois Clémence tout le temps dans ma tête », confie Nathalie Beaulieu.

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Clémence Beaulieu-Patry

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Alors que le jury amorce son troisième jour de délibérations, les parents de Clémence redoutent que le bourreau de leur « soleil » évite la prison. « Je vais pleurer, je vais pleurer », souffle Nathalie Beaulieu, effrayée par un possible verdict de non-responsabilité criminelle. La mère de la jeune femme de 20 ans, dont la vie a été fauchée par Randy Tshilumba le 10 avril 2016 dans un supermarché Maxi, en avait long à dire sur les deux psychiatres de la défense, la Dre France Proulx et le Dr Louis Morissette. Ce dernier, acquitté de parjure en 2011 et témoin de la défense au second procès de Guy Turcotte, a diagnostiqué à l'accusé un « trouble délirant ».

« Ils se prennent pour Dieu le Père ! Ils ont vu l'accusé quatre heures ou trois heures, 15 mois après le meurtre, et peuvent venir nous dire qu'il n'est pas responsable ! Ça, il faut que ça change ! »

« Qu'ils soient vus comme s'ils avaient la vérité infuse, je trouve ça insensé ! », ajoute Mme Beaulieu, en appelant le ministère de la Justice à réformer le système des experts dans les procès. Trois autres verdicts, à l'exclusion de l'acquittement, sont possibles : meurtre prémédité, meurtre non prémédité et homicide involontaire.

Nathalie Beaulieu n'en doute pas : Randy Tshilumba a prémédité le meurtre de sa fille et demeure un « danger pour la société ». Les quatre amies de Clémence au coeur du délire de l'accusé restent terrorisées à l'idée qu'il puisse un jour retrouver sa liberté, souligne Luc Patry. 

« Elles sont très nerveuses, elles ont peur. Elles viennent chez nous et elles pleurent. Ça aurait pu être nous, qu'elles disent. »

Randy Tshilumba assure croire toujours fermement que les cinq amies cherchaient à le tuer depuis des mois.

« Lui qui a tué, il peut retuer ! lance Nathalie Beaulieu. S'il allait à [l'institut psychiatrique] Pinel pour un minimum de 25 ans, j'accepterais le verdict. Mais si on pense à [Guy] Turcotte qui était supposément malade, deux ans après, il était prêt à reprendre sa vie ! Ça n'a pas de sens ! On a besoin de justice pour Clémence ! » Précisons que Guy Turcotte a finalement été reconnu coupable de meurtre au terme d'un second procès.

«Les jurés n'ont pas entendu comment était Clémence» 

Pendant plus d'un mois, Nathalieu Beaulieu et Luc Patry ont assisté à l'intégralité du procès devant la juge Hélène di Salvo à Montréal. Le témoignage de l'accusé a été particulièrement difficile pour le couple, solide comme le roc dans l'adversité. 

« Quand il a témoigné, on ne pouvait pas être dans la salle. Je peux vous dire que le soir, on pleurait... Ouf ! C'était dur de le voir là », relate Luc Patry.

Assister à un tel procès coûte cher, ajoute-t-il. Le couple presse la ministre de la Justice Stéphanie Vallée d'offrir un montant aux familles des victimes pour qu'elles puissent assister au procès des accusés. « Pas besoin d'une fortune ! Il faut que la ministre fasse quelque chose », martèle-t-il. Une lettre envoyée en septembre dernier à la ministre par l'Association des familles de personnes assassinées ou disparues n'a jamais reçu de réponse, dénonce-t-il.

Autre coup dur à avaler pour ses parents endeuillés : aucune photo de leur Clémence n'a été montrée au jury. « Malheureusement, les jurés n'ont pas entendu comment était Clémence », déplorent-il. Hier, donc, ils tenaient à parler de leur Clémence, cette jeune femme de 20 ans « merveilleuse », restée dans l'ombre de son tueur pendant tout le procès.

« Elle riait tout le temps, elle souriait... », confie Nathalie Beaulieu, la gorge nouée par l'émotion. « Elle était comme un soleil, douce, intelligente, empathique, pacifique. Elle l'a toujours été depuis toute petite. Jamais on n'aurait pu penser qu'elle serait morte par violence. Elle ne connaissait pas ça, la violence... »




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