Prison de Rivière-des-Prairies: outils et drogue livrés par drones

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Depuis le 14 juin dernier, pas moins de cinq paquets contenant notamment une scie à fer, des hameçons, d'autres outils, des téléphones cellulaires, de la drogue et du tabac ont été livrés au moyen de drones, a appris La Presse.

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Daniel Renaud
La Presse

Vague de colis livrés dans la cour par des drones, épidémie d'entrées par effraction de téléphones intelligents, agente des services correctionnels arrêtée pour avoir fourni des informations confidentielles à un tiers ; déjà régulièrement battues en brèche par des individus mal intentionnés, les mesures de sécurité sont particulièrement mises à l'épreuve depuis quelques semaines au Centre de détention de Rivière-des-Prairies, où la direction a pris des dispositions pour resserrer la surveillance.

COLIS ILLICITES

Depuis le 14 juin dernier, pas moins de cinq paquets contenant notamment une scie à fer, des hameçons, d'autres outils, des téléphones cellulaires, de la drogue et du tabac ont été livrés au moyen de drones, en particulier dans une cour attenante à des secteurs sécurisés de la prison, a appris La Presse. Selon nos informations, des individus en attente de procès actuellement détenus dans ces secteurs sont liés aux Hells Angels, à la mafia et aux gangs de rue, et les autorités n'excluent pas que le crime organisé puisse être derrière ces livraisons. En raison de cette vague de colis non sollicités, une fouille générale a été ordonnée hier dans le S-2, secteur sécurisé du Centre de détention de Rivière-des-Prairies. Les colis ont été soumis aux rayons X et envoyés à la Sûreté du Québec, qui fera enquête.

DES TÉLÉPHONES SERAIENT UTILISÉS À DES FINS CRIMINELLES

Depuis le début de l'année, des téléphones cellulaires ou téléphones intelligents ont été découverts au Centre de détention de Rivière-des-Prairies, dont près d'une vingtaine lors d'une seule fouille générale à la mi-avril dans le secteur S-3, où sont détenus des individus liés au crime organisé. Ces téléphones permettraient aux détenus de poursuivre leurs activités illicites de l'intérieur des murs et d'organiser les livraisons de marchandises illégales par drones. « C'est surprenant, mais à [Rivière-des-Priairies] et Bordeaux, ces temps-ci, il y a une recrudescence de saisies de téléphones cellulaires et de colis largués par des drones. On sait qu'en prison, le marché noir est profitable. On parle de têtes importantes qui veulent continuer leur trafic et on doit faire face à ce problème de façon constante », explique Mathieu Lavoie, président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec.

FOUILLES ACCRUES DES GARDIENS

En mars dernier, un gardien de Rivière-des-Prairies a été surpris par des collègues avec trois cellulaires en sa possession, dans une zone où ils sont interdits. Constatant des failles dans ses procédures, la direction de la prison a renforcé les mesures de contrôle à l'entrée principale. Ainsi, selon une note de service obtenue par La Presse, depuis mardi, tous les employés qui sont déjà soumis à la fouille à l'arche de détection en vertu d'un projet pilote doivent maintenant retirer ceinture, montre, accessoires pour cheveux, plaquette d'identification et tout autre objet susceptible de contenir du métal. Les poches de pantalons doivent également être retournées. De plus, une barrière extérieure est maintenant fermée en dehors des heures de pointe et les employés ne peuvent plus utiliser les casiers des visiteurs situés à l'accueil.

UNE AGENTE ARRÊTÉE PAR LA SQ

Mardi après-midi, une gardienne comptant de cinq à dix ans de service et qui revenait d'une longue absence a été arrêtée par la Sûreté du Québec alors qu'elle entamait son quart de travail à la prison de Rivière-des-Prairies. Selon nos informations, la femme de 29 ans aurait utilisé un ordinateur de l'établissement pour obtenir des informations variées sur des détenus (aile de détention, emploi dans la prison, somme d'argent contenue dans leur cantine, etc.) qu'elle aurait ensuite données à des individus liés au crime organisé. Le motif de cette indiscrétion est inconnu pour le moment. La gardienne aurait été relevée de ses fonctions en attendant la suite des choses. Elle comparaîtra par voie de sommation et sera vraisemblablement accusée d'usage frauduleux d'un ordinateur et d'abus de confiance. « En tant qu'agents de la paix, on ne peut pas cautionner de tels agissements », affirme Mathieu Lavoie.

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