Cour du Québec: les avocats devront porter la toge en tout temps

Le port de la toge permet de différencier... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche)

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Le port de la toge permet de différencier les intervenants dans un palais de justice, estime la juge en chef de la Cour du Québec, Élisabeth Corte.

Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche

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Il est fini, le temps où les avocats pouvaient se présenter habillés en civil à la Cour du Québec, à certaines étapes du processus judiciaire. Depuis le 1er janvier, ils doivent porter la toge en tout temps, en salle de cour.

« Avec l'adoption du Code de procédure civile, nous avons fait un gros travail de révision. Pour le port de la toge, nous sommes passés à une règle beaucoup plus uniforme », se réjouit la juge en chef de la Cour du Québec, Élisabeth Corte.

Les corridors du palais de justice de Montréal bruissent que c'est à cause de la tenue de certaines avocates, habillées de manière trop ceci ou trop cela, que la règle a été changée.

« Il y a toutes sortes de raisons. Il n'y a pas que les femmes, pas que les hommes », dit la juge en chef, en donnant l'exemple de la saison d'été, pendant laquelle les avocats arrivaient parfois en tenues « pour l'extérieur. » Ce qui avait le don d'indisposer certains juges.

L'été, les avocats étaient dispensés de porter la toge. Elle n'était obligatoire que dans les chambres de pratique. À titre d'exemple, beaucoup d'avocats ne portaient pas la toge dans la salle des comparutions.

« La règle est plus claire maintenant. Ça évite aux juges d'intervenir auprès d'un avocat, devant son client. » La juge Corte estime aussi que le port de la toge permet de différencier les intervenants dans un palais de justice.

« C'est sûr que certains vont avoir des réticences, mais ça assure un meilleur décorum », conclut-elle.

La procureure de la Couronne Geneviève Dagenais est tout à fait d'accord. « C'est plus approprié, ça va avec le décorum d'une salle d'audience. Ça permet de t'identifier par rapport aux témoins. »

Les tenues extravagantes ou aguichantes, il y en a eu dans le passé. « Je dirais que c'est le propre de l'époque. Là, tu n'as plus à te demander : est-ce que la jupe est trop courte, est-ce qu'il peut y avoir des fleurs, de la couleur... », dit Me Dagenais.

« J'étais à la cour municipale avant, et j'étais contente quand je suis arrivée ici pour porter la toge », opine Me Johanne Duplessis.

« Ce que je pense de la toge obligatoire ? Feriez-vous plus confiance à votre médecin s'il était habillé comme au Moyen-Âge ? », commente pour sa part Me Francis Leborgne, avocat de la défense.

Un autre avocat de la défense, Richard Dubé, est sensiblement du même avis. « Un officier de justice n'a pas besoin de costume pour faire son travail. Aux États-Unis, les avocats ne portent pas la toge. »

Les avis sont partagés, mais la toge est là pour rester.

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