Libération d'Omar Khadr: Ottawa interjette appel

Omar Khadr... (Photo fournie par Bowden Institution)

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Omar Khadr

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Colin Perkel
La Presse Canadienne
Edmonton

Près de 13 ans après que des soldats américains l'eurent capturé en Afghanistan alors qu'il n'était âgé que de 15 ans, Omar Khadr est passé bien près de goûter à la liberté lorsqu'une juge a décidé de le libérer sous caution, vendredi.

Bien que ceux qui l'appuient se soient réjouis de cette décision sans précédent, le gouvernement fédéral, «déçu», a immédiatement déclaré qu'il porterait la décision en appel.

Le ministre de la Sécurité publique, Steven Blaney, a rappelé par communiqué que le gouvernement s'était toujours «vigoureusement opposé à toute tentative de réduction de sa peine pour ses crimes».

Plus tôt vendredi matin, une juge de l'Alberta a décidé de libérer sous caution l'ancien détenu de Guantanamo, estimant qu'il ne serait pas dans l'intérêt du public de le garder derrière les barreaux dans l'attente de l'appel de sa condamnation pour crimes de guerre, aux États-Unis.

La juge June Ross, de la Cour du banc de la Reine, avait indiqué dans sa décision que les termes de sa libération seraient déterminés d'ici le 5 mai.

Selon elle, Omar Khadr a un bon dossier pour un appel et le risque pour la sécurité publique n'est pas suffisamment élevé pour justifier sa détention d'ici à ce que son appel soit entendu aux États-Unis.

«Omar est chanceux d'être de retour au Canada, où nous avons de vrais tribunaux et de vraies lois», a déclaré l'un de ses avocats, Nate Whitling, quelques minutes après avoir appris la décision de la juge.

Le département d'État américain n'avait pas réagi à la nouvelle, vendredi après-midi.

Omar Khadr, un jeune homme de 28 ans originaire de Toronto, est actuellement incarcéré dans l'établissement d'Innisfail, en Alberta, où il purge une peine de huit ans de prison que lui a imposée une commission militaire américaine, en 2010.

La Presse Canadienne a appris qu'il était passé de l'aile de sécurité moyenne à l'aile de sécurité minimale de la prison au cours des derniers jours.

Le mois dernier, en cour, les avocats d'Omar Khadr ont souligné que leur client avait été un prisonnier modèle qui ne représentait pas une menace pour la communauté. Ils ont ajouté que l'appel de sa condamnation par la commission militaire avait de bonnes chances de réussite, mais que le processus s'étirait en longueur.

Omar Khadr soutient qu'il a plaidé coupable aux cinq chefs de crimes de guerre qu'on l'accusait d'avoir commis à l'âge de 15 ans uniquement parce qu'il voulait sortir de la prison de Guantanamo et rentrer au Canada.

Plusieurs citoyens connus d'Edmonton - dont des professeurs d'université et des gens d'affaires - l'ont appuyé dans sa demande de libération.

Son avocat de longue date, Dennis Edney, et la femme de celui-ci, Patricia Edney, ont offert de l'accueillir chez eux.

Dennis Edney s'est d'ailleurs montré heureux de la décision de la juge, qu'il espérait depuis longtemps

«Le gouvernement canadien n'aurait jamais dû permettre la détention d'Omar à Guantanamo, a-t-il avancé. Il devrait être tenu responsable d'avoir participé à sa torture à cet endroit.»

S'il est libéré, Omar Khadr devra s'habituer à la vie au Canada. Avant son arrestation, il a habité avec sa famille, principalement au Pakistan et dans l'est de l'Afghanistan contrôlé par les talibans. Son père était un associé d'Oussama ben Laden, et sa famille a résidé un certain temps sur la propriété de celui-ci.

M. Edney rejette toutefois l'appellation de «terroriste» que le gouvernement a assignée à son client.

«Les Canadiens verront et rencontreront un Omar Khadr différent de celui qui a été faussement décrit par le gouvernement Harper», croit-il.

Le mois prochain, la Cour suprême entendra l'appel du gouvernement, qui s'oppose à la décision de la cour albertaine de traiter Omar Khadr comme un délinquant juvénile. En juin, il pourra demander une libération sous caution.

Il serait admissible à une libération d'office en octobre 2016, après avoir purgé les deux tiers de sa peine.

Sa peine prend officiellement fin en 2018.

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