Métro de Montréal: vers un record de pannes

De janvier à octobre 2017, la STM a... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE)

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De janvier à octobre 2017, la STM a effectué 215 millions de déplacements, une augmentation de 4 % par rapport à la même période l'an passé.

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Les pannes dans le métro ont augmenté de près du tiers depuis le début de 2017. La Société de transport de Montréal (STM) y voit la conséquence d'une hausse marquée de la fréquentation depuis le début de l'année, mais aussi de l'intensification du service et du rodage des nouveaux trains Azur.

TROIS PAR JOUR

De janvier à août, le métro a connu 750 pannes de cinq minutes ou plus, soit un peu plus de trois par jour en moyenne. C'est 31 % de plus qu'à pareille date l'an dernier. Si la tendance se maintient, 2017 pourrait ainsi marquer un nouveau sommet, surpassant 2012, qui a été la plus difficile des 10 dernières années. Malgré cette hausse, la STM assure que son bilan est nettement meilleur que dans les autres grands réseaux de métro. Le transporteur dit subir 13,5 arrêts par million de kilomètres parcourus par ses voitures de métro, alors que la moyenne est de 23 dans les réseaux comparables. « C'est sûr qu'il faut avoir le moins d'incidents possible, mais quand on regarde globalement, on est très bons par rapport à d'autres métros », assure Marie-Claude Léonard, directrice exécutive du réseau du métro.

NOMBRE MOYEN DE PANNES PAR JOUR (CINQ MINUTES OU PLUS)

  • 2007 : 2,3
  • 2008 : 2,5
  • 2009 : 2,4
  • 2010 : 2,4
  • 2011 : 2,7 
  • 2012 : 2,8
  • 2013 : 2,5
  • 2014 : 2,5
  • 2015 : 2,6
  • 2016 : 2,5
  • 2017 (de janvier à août) : 3,1

+ 4 %

Une importante part de la hausse des pannes est attribuable à une augmentation marquée de la clientèle depuis le début de 2017. En effet, de janvier à octobre, la STM a effectué 215 millions de déplacements, une augmentation de 4 % par rapport à la même période l'an passé. Cette hausse est significative parce que, si la tendance se maintient, 2017 pourrait marquer un nouveau sommet dans le nombre d'usagers transportés dans le métro. Le transporteur montréalais pourrait ainsi reprendre le dessus sur le recul encaissé en 2015 en ce qui a trait à la fréquentation.

NOMBRE MOYEN DE DÉPLACEMENTS PAR MOIS (EN MILLIONS)

  • 2012 : 20,8
  • 2013 : 21,0
  • 2014 : 21,0
  • 2015 : 20,8
  • 2016 : 20,8
  • 2017 (de janvier à octobre) : 21,5

DEUX STADES OLYMPIQUES

Fréquenté, le métro ? La STM calcule que les gens se trouvant dans l'ensemble de ses voitures de métro au sommet de l'heure de pointe pourraient remplir l'équivalent de deux Stades olympiques. En semaine, le métro transporte en moyenne 900 000 personnes par jour, dont 300 000 à chaque heure de pointe, explique Marie-Claude Léonard. Pour gérer ce flot, la STM compte sur 1500 employés.

+ 22 %

Or, cette augmentation de la fréquentation exerce un poids important sur le réseau, la clientèle étant la principale cause d'interruption de service. En août, la STM avait d'ailleurs enregistré 324 pannes provoquées par la clientèle, en hausse de 22 % par rapport à la même période en 2016. Il peut s'agir de gens tombant malades ou échappant leur cellulaire sur la voie. « Il y a les clients malades, des portes retenues, des gens qui vont sur la voie. Plus il y a de gens dans le réseau, plus il y a de risques de pannes », résume Marie-Claude Léonard.

+ 44 %

La clientèle n'est toutefois pas la seule responsable de la hausse du nombre de pannes. Les problèmes avec les trains ont aussi augmenté de 44 %. De janvier à août, la STM a recensé 244 pannes attribuables à son « matériel roulant », contre 169 durant la même période en 2016. Ces bris plus fréquents seraient attribuables au fait que les voitures de métro roulent plus et sont donc plus susceptibles de connaître des avaries. Le transporteur montréalais a augmenté la cadence de son service de 7,6 % par rapport à 2016. Ses voitures ont parcouru 70,8 millions de kilomètres de janvier à octobre, soit 5 millions de plus qu'à pareille date l'an passé. « C'est notre plus grosse augmentation de service depuis l'ouverture des stations de Laval », explique Marie-Claude Léonard.

RODAGE DES NOUVEAUX TRAINS

Une autre partie du problème vient aussi de l'entrée en service des trains Azur. Ceux-ci doivent en effet subir une période de rodage. « Azur nous amène une plus grande capacité [8 %], mais le train est encore en rodage, il n'a pas encore atteint sa fiabilité. Le train qu'on me livre n'est pas parfait au jour un, c'est normal. Ça prend de trois à cinq ans, roder un train », dit Marie-Claude Léonard. La STM dit également se montrer plus prudente avec ses nouveaux trains. Dès qu'un pépin est détecté, le train est retiré du service, ce qui n'est pas automatiquement le cas avec les vieilles voitures. Le personnel doit également s'habituer aux nouveaux trains. La STM note d'ailleurs que les problèmes d'exploitation, soit ceux dus au personnel, ont augmenté de 53 % en 2017. Malgré ces écueils, la STM estime que l'intégration des trains se déroule bien.

JUSTE DES AZUR AU PRINTEMPS

La STM prévoit que seuls des trains Azur circuleront sur la ligne orange à partir du printemps prochain. Actuellement, environ les deux tiers des trains sont formés de nouvelles voitures. On pourra alors remettre sur les quais les flèches au sol qui indiquent aux usagers où se trouvent les portes, ce qui facilite les entrées et les sorties des wagons. Quant aux voitures MR-73 libérées de la ligne orange, elles sont graduellement remises à jour afin de prolonger leur durée de vie de 20 ans, puis envoyées sur la ligne verte.

70

Les tunnels du métro ne sont peut-être pas encombrés de cônes orange, mais ils sont eux aussi envahis par les chantiers. « On a augmenté le rythme d'investissement pour refaire notre réseau. La nuit, il y a plus de 70 chantiers qui ont quatre heures et demie pour travailler », explique Marie-Claude Léonard. Les aléas liés à ces chantiers peuvent ainsi entraîner des ralentissements de service. C'est d'ailleurs ce qui s'est produit mercredi matin, sur la ligne verte, quand un problème d'aiguillage est survenu après des travaux à un poste de signal.

MIEUX COMMUNIQUER LES PANNES

Consciente de l'impact des pannes sur la clientèle, la STM dit travailler à améliorer ses communications pour mieux informer les usagers. Ainsi, les opérateurs doivent maintenant informer leurs passagers quand un retard survient. Il arrive fréquemment que le départ d'un train soit simplement retardé pour une raison bénigne. En 2018, on veut étendre l'utilisation des réseaux sociaux pour aviser les usagers des pannes. Les comptes Twitter seront ainsi en service de 6 h à 23 h, sept jours sur sept. On compte aussi ajouter des écrans diffusant de l'information près de la loge des changeurs. Les usagers pourront ainsi connaître d'un coup d'oeil l'état du service avant de descendre sur les quais.

- Avec William Leclerc, La Presse




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