Milieux humides: des écologistes pressent Québec d'agir

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Entre le 30 novembre 2006 et le 31 mars 2010, Québec a autorisé la destruction de 2855 hectares de milieux humides.

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C'est presque une déclaration de guerre que le Mouvement ceinture verte vient de lancer au ministre de l'Environnement, Yves-François Blanchet. Le regroupement formé des principaux groupes environnementaux de la région de Montréal demande au ministre de stopper toutes les demandes d'autorisation de projets de construction dans les milieux humides sur le territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal.

« Je pense que le ministre Blanchet est irresponsable s'il ne fait rien en ce sens, affirme Guy Garand, directeur général du Conseil régional de l'environnement de Laval, qui est aussi membre du Mouvement ceinture verte. Il n'aura pas l'air d'agir en bon père de famille s'il ne protège pas l'environnement. » 

Québec travaille actuellement à l'élaboration d'une loi sur les milieux humides, qui devrait être prête en principe en 2015. Mais Guy Garand craint que ce ne soit pas trop peu trop tard si rien n'est fait avant. « À Laval, en 2004, nous avions répertorié 353 milieux humides en zone blanche sur notre territoire. En 2012, il n'en restait plus déjà que 170.»

Une récente étude commandée par le ministère de l'Environnement confirme par ailleurs que Québec n'arrive pas à stopper la destruction des milieux humides dans la province et que les mesures de compensation exigées par le Ministère sont inefficaces.

La demande du Mouvement ceinture verte fait suite à un article de La Presse publié samedi dernier dans lequel on apprenait qu'Ottawa et Québec ignorent les avis de leurs experts respectifs afin de protéger une espèce en péril en Montérégie.

Un projet immobilier à La Prairie

Avec des promoteurs privés, la Ville de La Prairie entend réaliser un projet immobilier de 1200 unités évalué à 300 millions de dollars dans le Bois de la Commune. Le territoire abrite l'une des neuf dernières populations d'une espèce menacée en Montérégie, soit la rainette faux-grillon. Son habitat est composé en partie de milieux humides.

À deux reprises en 2013, Nature Québec a demandé à Ottawa d'adopter un décret d'urgence en vertu de l'article 80 de la Loi sur les espèces en péril. Leurs demandes sont restées lettre morte. Pourtant, des experts d'Environnement Canada se sont affairés à préparer un avis qui indique que le projet domiciliaire, s'il va de l'avant, va entraîner la disparition de la rainette à La Prairie. Un fonctionnaire qui travaille dans la région de la Capitale nationale a affirmé à La Presse qu'un avis a été préparé après la première demande de décret d'urgence par Nature Québec, en mai. L'avis a été remis à la ministre de l'Environnement Leona Aglukkak il y a plusieurs mois. 

Le 10 février dernier, le ministère du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs du Québec (MDDEFP) a donné le feu vert à La Prairie en vertu de l'article 22 de la Loi sur la qualité de l'environnement. Quelques jours plus tôt, le Ministère avait reçu un avis de l'équipe de rétablissement de la rainette faux-grillon affirmant que les chances de survie de l'espèce sont faibles à La Prairie.

Le Ministère autorise notamment des travaux pour l'aménagement de quatre étangs de reproduction pour la rainette. Une biologiste jointe par La Presse critique cependant les mesures de compensation autorisées par le MDDEFP. « C'est de la poudre aux yeux pour se donner bonne conscience », affirme Isabelle Picard. La biologiste, qui a travaillé dès 2004 à un inventaire complet de la rainette faux-grillon à La Prairie, précise que la relocalisation d'une espèce comme la rainette n'a pas fait ses preuves du point de vue scientifique. 

« C'est ce qu'on dit depuis longtemps, ajoute Guy Garand. Ça ne marche pas cette idée de recréer des milieux humides. La science est claire là-dessus. Ce qu'il faut, c'est protéger ce qu'on a déjà. »

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