Marois ne commente pas les solutions de compromis pour Péladeau

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(Québec) Pauline Marois ne veut pas commenter les propositions de compromis proposées hier par le Conseil de presse et l'Institut sur la gouvernance des organisations publiques et privées (IGOPP).

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Pierre Karl Péladeau

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Le PQ s'engage à inverser la tendance de la dette

«Nous étudions toutes les propositions qui sont intéressantes à étudier», a répondu la chef du Parti québécois (PQ). «Je n'ai pas étudié cette proposition, je n'ai même pas vu le document, alors éventuellement, on pourra regarder le tout», a-t-elle ajouté. 

Le Conseil de presse et l'IGOPP ont tendu la main hier au candidat péquiste vedette. Ils ont proposé deux solutions pour répondre à certaines inquiétudes sans renoncer à ses actifs. L'Institut propose de restructurer Québecor tout en laissant M. Péladeau demeurer l'actionnaire de contrôle. Et le Conseil de presse invite Québecor à réintégrer le tribunal d'honneur du journalisme.

Yvon Allaire et Michel Nadeau, dirigeants de l'IGOPP, sont d'accord avec M. Péladeau et les souverainistes qui l'appuient. Selon eux, il n'est pas nécessaire que l'actionnaire de contrôle de Québecor vende ses actions. Mais comme l'ex-jurisconsulte de l'Assemblée nationale et juge en chef Claude Bisson, ils ne croient pas que M. Péladeau puisse de contenter de placer ses actions dans une fiducie sans droit de regard. Ils proposent donc de réarranger le capital de Québecor.

Leur solution: regrouper tous les médias de Québecor dans Groupe TVA. Puis émettre de nouvelles actions pour que Québecor n'en soit plus l'actionnaire majoritaire, et perde aussi une partie de ses droits de vote. Le conseil d'administration serait alors dorénavant composé d'une majorité de «membres indépendants».

«Les journaux et stations de télévision seraient, en droit et en fait, hors de portée de l'influence de M. Péladeau. Celui-ci, par contre, pourrait conserver son statut d'actionnaire de contrôle d'un groupe industriel dans les secteurs des télécommunications, du loisir et du divertissement, etc. Pour ce type d'entreprise, les règles en place suffisent à protéger l'intérêt public. Les opérations suggérées dans ce texte sont complexes à exécuter, mais ces difficultés sont le prix à payer pour protéger notre vie démocratique», écrivent MM. Alaire et Nadeau.

«Une presse libre joue un rôle trop essentiel en démocratie pour que l'on tolère quelque menace ou anicroche à cette liberté, même si lointaine et ténue», soutiennent-ils.

Mme Marois s'en remet au Code d'éthique et de déontologie de l'Assemblée nationale et aux directives que le commissaire pourrait donner. «À ce moment-ci, ce que je dois répéter, c'est que nous avons proposé des modifications quant à l'actionnariat des entreprises. Et pour les autres aspects, il y a un code d'éthique qui a été adopté et que nous allons respecter intégralement, avec l'ensemble de ces règles. Nous nous en tenons à cela à ce moment-ci».

Les changements à l'actionnariat dont elle parle ne sont pas directement liés au cas de M. Péladeau, en fait, ils servent à protéger les sociétés québécoises confrontées à une offre d'achat hostile. Ceux qui détiennent des actions depuis deux ans ou plus obtiendraient des votes supplémentaires. Et les administrateurs pourraient décider en fonction de l'intérêt de l'entreprise elle-même, et non des seuls intérêts du portefeuille des individus actionnaires.

Retour au Conseil de presse?

Les médias de Québecor ont quitté en 2010 le Conseil de presse, un tribunal d'honneur indépendant. Ils ne se défendent pas face aux plaintes, car ils ne reconnaissent pas la légitimité du processus.

À cause de l'entrée en politique de M. Péladeau, le Conseil de presse est revenu à la charge. En réintégrant le Conseil de presse, «les dirigeants de Québecor enverraient un signal fort: qu'ils assument leur obligation d'imputabilité en matière d'éthique et de déontologie journalistique, et par extension qu'ils s'engagent à respecter le principe de l'indépendance journalistique».

Mme Marois n'a pas voulu s'immiscer dans ce débat. «Il faut poser la question à Québecor. Ce que je souhaite, c'est qu'il y ait la meilleure participation possible à nos institutions, que ce soit le Conseil de presse ou d'autres institutions de ce type (...) Je ne m'introduirai pas dans les débats entre le Conseil de presse et Québecor. C'est à eux de régler le débat entre eux.»

Québecor devrait réintégrer le Conseil, maintient Payette

«Toutes les entreprises de presse devaient faire partie du Conseil de presse», croit Dominique Payette, ex-reporter et professeur de journalisme devenue candidate péquiste dans Charlesbourg.

Mme Payette avait présidé en 2010 un Groupe de travail sur l'avenir du journalisme, qui a remis un rapport au gouvernement libéral.

Elle proposait une série de mesures pour inciter les entreprises de presse à participer au Conseil. L'une d'elles: le gouvernement devrait seulement acheter de la publicité aux médias qui en sont membres. «Je proposais une série de mesures. Ce n'est pas une mesure suffisante pour ramener une entreprise au Conseil», a-t-elle tenu à préciser à l'Université Laval, en marge d'une rencontre de Mme Marois avec de jeunes militants.

«Je pense que l'autonomie des journalistes au Québec est un fondement de notre démocratie, et en ce sens-là, je n'aurais pas changé une virgule du rapport que j'ai écrit», a insisté Mme Payette.

«Je suis très heureuse que la question de vos conditions de travail et de votre autonomie professionnelle s'immisce dans cette campagne électorale», a-t-elle ajouté aux journalistes, en précisant qu'elle visait tous les médias. Elle n'a pas voulu reprendre les préoccupations formulées par la Fédération professionnelle des journalistes au sujet de M. Péladeau. 

Mme Payette n'a pas voulu dire si le candidat péquiste vedette réussirait à éviter les conflits d'intérêts en confiant ses actions à une fiducie sans droit de regard. «C'est ce que la loi lui dit de faire. J'aimerais ça être capable d'évaluer la situation le 8 avril, si M. Péladeau et moi sommes élus, mais pour l'instant, c'est ce que la loi lui dit de faire», a-t-elle dit.

Mais cette mesure la satisfait-elle? «C'est ce que la loi lui dit de faire», a-t-elle répété.

Les propositions de l'IGOPP l'intéressent-elles? Elle a tourné les talons et mis fin à l'interview.




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