Steven Blaney: «Je n'en espérais pas tant»

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Pour ceux qui suivent sa carrière, l'ascension de Steven Blaney, de simple député au poste de ministre de la Sécurité publique, n'est pas le fruit du hasard.

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(Saint-Lazare-de-Bellechasse) Lorsqu'on lui fait remarquer qu'il a connu une ascension fulgurante dans le gouvernement Harper, Steven Blaney secoue la tête. «Je ne pense pas que le mot fulgurant est approprié», corrige-t-il, admettant tout de même être surpris par sa trajectoire en politique. «Je n'en espérais pas tant.»

Le candidat conservateur dans Bellechasse-Les Etchemins-Lévis a connu une année occupée qui a confirmé son ascension, de simple député au poste névralgique de ministre de la Sécurité publique.

Avant le déclenchement hâtif des élections, c'est lui qui a été chargé d'articuler la réponse du gouvernement Harper aux attentats d'Ottawa et de Saint-Jean-sur-Richelieu. Les élections du 19 octobre surviendront d'ailleurs presque un an jour pour jour après la fusillade dans le Parlement fédéral.

Le projet de loi C-51 a placé Steven Blaney sous le feu des projecteurs comme jamais auparavant. Aux Communes, devant la presse, il a martelé sans broncher le message conservateur, allant jusqu'à invoquer l'Holocauste pour justifier qu'on étende les pouvoirs des agences de surveillance.

Finalement, cette question délicate pour le gouvernement conservateur est pratiquement absente des débats de la campagne fédérale. D'ailleurs, le Parti libéral a appuyé le projet de loi.

«Ç'a été le plus grand défi de ma vie», relate Steven Blaney en revenant sur la dernière année.

Faire ses classes

Même si Stephen Harper n'a jamais compté plus de 10 députés au Québec, Steven Blaney a vu ses collègues Christian Paradis (Travaux publics) et Maxime Bernier (Affaires étrangères) obtenir des promotions lors des mandats minoritaires.

Il a fallu l'élection d'un gouvernement conservateur majoritaire en 2011 pour qu'il obtienne sa chance, d'abord aux Anciens Combattants, puis à la Sécurité publique.

Pour ceux qui suivent sa carrière de près, l'ascension de Steven Blaney n'est pas le fruit du hasard. «Il s'est spécialisé dans un créneau, relate un ami qui a requis l'anonymat. Si on cherchait un volontaire pour aller défendre des positions indéfendables avec un sourire, il y allait.»

Ancien président du Réseau environnement, M. Blaney n'a pas bronché lorsque son gouvernement a retiré le Canada du protocole de Kyoto. Il a défendu la décision d'abolir le formulaire détaillé de recensement obligatoire. Idem lorsque les conservateurs ont aboli le registre des armes d'épaule, une décision très impopulaire au Québec.

L'enthousiasme et la loyauté n'étaient pas les seuls atouts de Steven Blaney. Après 2011, Stephen Harper ne comptait plus que cinq députés au Québec. Maxime Bernier avait connu un passage controversé aux Affaires étrangères à cause de l'affaire Julie Couillard, et Christian Paradis a vite perdu la confiance du premier ministre comme lieutenant québécois.

«C'est l'effet de vide qui lui a permis de monter, relate un "vieux bleu". S'il avait élu en 1984 avec Brian Mulroney, il ne serait jamais arrivé là.»

En campagne

N'en déplaise à ses détracteurs, Steven Blaney s'est fait élire à trois reprises dans une province où les appuis au gouvernement Harper ont toujours été faméliques.

Loin des jeux de coulisse à Ottawa, la campagne électorale bat son plein à Saint-Lazare-de-Bellechasse. Et ici, tout le monde connaît Steven Blaney.

«J'ai votre pancarte en face de chez moi, lui lance une travailleuse dans une usine d'équipement pour érablières. Je vous vois tous les jours!»

En près d'une heure dans l'établissement, le député sortant serre la main d'une cinquantaine de personnes.

Dans une résidence pour personnes âgées où il s'arrête pour le repas du midi, il mémorise le nom de chaque personne qui vient le saluer. Il n'hésitera pas à les interpeller pendant le repas, profitant de sa visite pour présenter les mesures du gouvernement conservateur sur les aînés.

Steven Blaney a pris les moyens de se faire connaître dans sa circonscription. Il a organisé des ateliers de passeport, où des bénévoles aident les citoyens à remplir leurs formulaires. Il a participé à plusieurs courses et traversées du fleuve pour des oeuvres de bienfaisance. «Ce qui est différent par rapport à 2006, c'est que maintenant, les gens me connaissent», confie-t-il.

Le candidat du Nouveau Parti démocratique, Jean-Luc Daigle, concède que M. Blaney est un adversaire de taille.

«Parfois, des personnes dans Bellechasse me disent que M. Blaney est bien fin et qu'ils l'aiment bien, mais qu'ils n'aiment pas M. Harper, relate M. Daigle. Alors je leur dis que si je suis élu, je serai aussi aimable que lui.»

Trois dossiers risquent de compliquer la réélection de M. Blaney, croit ce vétéran de la politique municipale à Lévis. Le gouvernement conservateur s'est montré enthousiaste devant le projet d'oléoduc Énergie Est, un projet qui fait controverse dans la circonscription. Le chantier maritime de la Davie tourne au ralenti même si Ottawa a investi des milliards pour renouveler sa flotte. Et les agriculteurs craignent que les conservateurs larguent la gestion de l'offre dans ses négociations de libre-échange.

«Je pense, dit M. Daigle, que M. Blaney va l'avoir plus difficile cette fois-ci».

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