La crise des migrants en Europe rattrape la campagne électorale

Stephen Harper... (PHOTO FRED THORNHILL, REUTERS)

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Lina Dib
La Presse Canadienne
Ottawa

Alors que les yeux de la planète sont tournés vers l'Europe et sa crise des réfugiés, les politiciens en campagne électorale au Canada ont été obligés, eux aussi, de porter leur regard vers cette crise.

Depuis quelques jours déjà, libéraux et néo-démocrates critiquent le peu d'empressement du gouvernement conservateur dans ce dossier. Et voilà que les images d'enfants noyés, de frontières bloquées par des clôtures et des barbelés, de camions devenus tombes d'immigrants clandestins forcent les politiciens canadiens à prendre des engagements ou, à tout le moins, à critiquer le manque d'engagements de leurs adversaires.

Mercredi matin, en Colombie-Britannique, le chef du Nouveau Parti démocratique a promis qu'un gouvernement néo-démocrate «prendra cette crise humanitaire très sérieusement».

«La crise humanitaire qu'on est en train de voir en Europe est la pire depuis la Deuxième Guerre mondiale», a rappelé Thomas Mulcair. «Le Canada n'a pas fait sa part à cause des conservateurs», a-t-il accusé avant de promettre qu'un gouvernement néo-démocrate ferait ce qu'il faut.

Le chef libéral Justin Trudeau a lui aussi fait des reproches aux conservateurs. Mais il a, lui, donné quelques précisions sur ce qu'il ferait autrement.

«Nous devons en faire plus», a dit M. Trudeau, mercredi matin à Trois-Rivières, rappelant que son parti s'est déjà engagé à accepter, dans un premier temps, 25 000 réfugiés syriens au Canada.

«Nous en ferions plus, plus pour les gens dans les camps (de réfugiés)», a-t-il également promis.

À North Bay en Ontario, le chef conservateur Stephen Harper maintenait que le Canada en fait déjà beaucoup pour les réfugiés et il voulait parler de lutte contre le groupe État islamique (EI) plutôt que d'accueil de réfugiés.

«Il y a des groupes comme l'EI (...) qui font littéralement des millions de réfugiés et menacent de massacrer des gens partout dans le monde. Nous n'aurons pas une solution à ça en adoptant une politique sur les réfugiés. Nous devons prendre une position ferme, militaire, contre l'EI et c'est ce que nous faisons», s'est défendu M. Harper.

«Je trouve ça complètement inhumain», a jugé le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe. Joint au téléphone alors qu'il faisait campagne en Abitibi, il a assuré qu'il n'est pas contre une action militaire contre l'EI, au contraire.

«Mais est-ce que cela dispense de s'occuper de la question des réfugiés, de développer des politiques en concert avec les Nations unies, particulièrement les pays d'Europe qui reçoivent des vagues immenses d'hommes et de femmes désespérés? On ne peut pas s'en laver les mains de ça. On ne peut pas s'en laver les mains», a-t-il insisté.

Par ailleurs, en cette 32e journée de campagne électorale, les politiciens se sont fait servir quelques listes de demandes.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, a réclamé presque 600 millions $ d'investissement fédéral pour sa ville, en plus de rappeler qu'il ne veut pas d'un péage sur le pont Champlain et qu'il tient au maintien de la livraison du courrier à domicile.

Le chef national de l'Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde, a détaillé les besoins des autochtones, en les appelant à être plus nombreux à voter, le 19 octobre. Toutefois, M. Bellegarde a admis que lui-même n'a jamais voté dans une élection fédérale.

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