Coalition: Harper refuse d'expliquer ses contradictions

Stephen Harper, chef du Parti conservateur, lors de... (Photo: Reuters)

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Stephen Harper, chef du Parti conservateur, lors de sa conférence de presse à Brampton, en Ontario.

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(Brampton, Ontario) Stephen Harper a refusé d'expliquer les raisons pour lesquelles il avait signé une lettre avec le Bloc québécois et le NPD en 2004, où ils demandaient au gouverneur général d'examiner «toutes ses options» si le gouvernement libéral de Paul Martin venait à tomber.

Pour une deuxième journée, les questions de coalitions ont occupé le haut du pavé dans la campagne du chef conservateur. Mais cette fois-ci, M. Harper a été placé sur la défensive, durant un point de presse où, pour une rare fois, son entourage a semblé perdre le contrôle.

M. Harper, qui n'a toujours fait aucune annonce concrète après deux jours de campagne, accuse sans relâche le Parti libéral, le Bloc québécois et le NPD de vouloir unir leurs forces pour former le gouvernement s'ils perdent les élections, une formule qu'il a qualifiée d'illégitime.

Ses adversaires, en retour, l'ont accusé de mentir, de se contredire et d'être hypocrite, étant donné le fait qu'il semblait avoir lui-même laissé la porte ouverte à une telle option, au moment de s'entendre avec ses partenaires de l'opposition en 2004.

En banlieue de Toronto, où il a livré un discours ponctué d'allusions à l'alliance de 2008 entre les libéraux, le Bloc et le NPD, M. Harper a expliqué la différence en disant qu'en 2004, ils n'avaient pas défait le gouvernement sur cette question, ce que les troupes menées par Stéphane Dion, Jack Layton et Gilles Duceppe ont tenté de faire en 2008.

«Je ne présentais pas à ce moment une motion de confiance, a-t-il dit. Quand j'ai présenté une motion de confiance dans ce Parlement, c'était pour défaire le gouvernement et forcer une élection.»

Malgré les demandes répétées des journalistes, il n'a toutefois pas voulu expliquer ce que les co-signataires de la lettre avaient en tête, lorsqu'ils ont écrit à la gouverneure générale de l'époque: «Les partis de l'opposition, qui constituent une majorité de la Chambre des communes, ont mené des consultations étroites. Nous sommes d'avis que, si une demande de dissolution vous était présentée, cela vous permettrait, comme la pratique constitutionnelle l'a déterminé, de consulter les chefs de l'opposition et de considérer toutes les options, avant d'exercer votre autorité constitutionnelle».

«Aviez-vous raison à l'époque, ou avez-vous raison aujourd'hui?» lui a demandé un journaliste.

-Je n'essayais pas de faire tomber le gouvernement Martin! a insisté M. Harper.

-Pourquoi alors avez-vous écrit cette lettre? ont demandé plusieurs journalistes en même temps, tandis que l'attachée de presse du chef conservateur tentait de ramener le calme.

M. Harper n'a jamais répondu à cette question, même si ses faiseurs d'images se sont affairés à faire le tour des journalistes après coup pour expliquer leur position. Ils ont entre autres précisé que l'idée derrière cette lettre était de demander au gouverneur général de refuser la dissolution du gouvernement à Paul Martin, qui venait tout juste de remporter un gouvernement minoritaire et qui aurait pu être tenté de retourner aux urnes à la première occasion.  

Dans ses mémoires publiés en 2006, la gouverneure générale de l'époque, Adrienne Clarkson, a écrit qu'elle se serait alors tournée vers l'opposition pour lui demander de former le gouvernement.

Devant le mutisme de M. Harper, à Brampton dimanche matin, la question de savoir quel rôle il aurait demandé au Bloc québécois et au NPD de jouer dans de telles circonstances reste sans réponse.

Plutôt que de fournir lui-même ces précisions, le chef conservateur a accusé Gilles Duceppe d'avoir changé sa position et les faits depuis 2004, dans l'espoir qu'un gouvernement libéral soit élu à Ottawa le 2 mai prochain.

«Si les Québécois votent pour le Bloc québécois, ils vont recevoir un gouvernement mené par Michael Ignatieff, a-t-il mis en garde, ajoutant qu'il était important pour les Québécois qu'ils le comprennent. S'ils ne veulent pas une telle option, ils peuvent voter pour le Parti conservateur.»

Bataille du 905

M. Harper a prononcé son discours tôt dimanche matin dans un centre communautaire de Brampton, au coeur du champ de bataille du code régional 905. Il a longtemps insisté sur les risques posés par une coalition formée par le Bloc, le NPD et le Parti libéral pour la stabilité économique canadienne.

Pour éviter ces risques, il a insisté auprès de la salle bondée et à diversité culturelle élevée d'élire un gouvernement national, stable et fort, que «seul le Parti conservateur peut former».

Il a présenté le Canada comme «la chose la plus proche dans le monde d'une île de stabilité et de sécurité».

Le Parti conservateur compte entre autres sur la banlieue de Toronto pour faire les gains nécessaires à l'obtention du gouvernement majoritaire qu'il convoite des électeurs.

Plusieurs circonscriptions libérales des environs n'ont été remportées que par de minces écarts au cours des dernières élections.

Grâce à une vaste entreprise de séduction des différentes communautés culturelles menée par le ministre de l'Immigration, Jason Kenney, les stratèges de Stephen Harper espèrent cette fois-ci combler l'écart.  

M. Kenney a fait l'introduction de son chef. Il a lui aussi martelé le message de son parti sur les risques d'une coalition des partis de l'opposition.




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