Haïti: débuts emballants pour un CPE d'inspiration québécoise

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Situé à Génipailler, une petite ville de 8500 habitants dans le nord du pays, le centre porte le nom de Paul Gérin-Lajoie.

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L'établissement détonne dans le paysage éducatif haïtien : un centre de la petite enfance (CPE) inspiré du modèle québécois.

Les 35 premiers enfants ont été accueillis à... (Photo fournie par le Groupe de réflexion et d’action pour une Haïti nouvelle) - image 1.0

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Les 35 premiers enfants ont été accueillis à l'automne 2016, quand le premier des trois bâtiments qui composent le CPE a été achevé ; ils ont été rejoints en septembre dernier par 45 autres tout-petits.

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« Les enfants ne viennent pas là pour apprendre à lire et écrire », comme c'est le cas ailleurs dans le pays, explique le professeur Samuel Pierre de Polytechnique Montréal, qui est derrière le projet, « c'est un lieu de socialisation et d'autonomisation ».

Situé à Génipailler, une petite ville de 8500 habitants dans le nord du pays, le centre porte le nom de Paul Gérin-Lajoie.

Non pas que la fondation mise sur pied par l'homme politique québécois ait quoi que ce soit à voir avec sa création, mais bien parce que Samuel Pierre a « une grande admiration pour lui, pour ce qu'il représente pour le Québec et pour Haïti ».

Les 35 premiers enfants y ont été accueillis à l'automne 2016, quand le premier des trois bâtiments qui composent le CPE a été achevé ; ils ont été rejoints en septembre dernier par 45 autres tout-petits.

Pour l'instant, ils ne fréquentent le centre qu'en matinée, mais ils y seront bientôt toute la journée, quand l'établissement sera en mesure de leur servir un repas chaud.

En plus du sport, de la musique et du bricolage, les enfants qui fréquentent le CPE Paul Gérin-Lajoie doivent s'occuper d'une plante qu'ils ont apportée au début de l'année, a expliqué à La Presse la présidente et directrice générale de l'établissement, Magalie Félix, lors d'un entretien téléphonique.

« C'est pour leur montrer qu'il faut nourrir la plante pour qu'elle grandisse, pour leur apprendre ce qui vient des arbres, pour leur montrer qu'il ne faut pas déboiser. »

Quatre femmes et deux hommes ont été embauchés comme éducateurs, il s'agit principalement de « normalistes, donc qui ont été formés à l'école normale comme jardiniers d'enfants », à qui deux formateurs venus de Montréal ont enseigné les bases du système québécois des CPE, raconte Mme Félix.

L'objectif du CPE est aussi de permettre aux familles aux revenus les plus modestes d'envoyer leurs enfants dans un milieu éducatif et de pouvoir retourner travailler, dans un objectif de « mobilité sociale », explique Samuel Pierre.

Il en coûte 100 gourdes par mois, soit l'équivalent de 2 $, pour y envoyer un enfant, alors que le prix des « écoles d'enfants » peut être facilement 5 fois plus élevé, ajoute Magalie Félix.

BIENTÔT... UNE ÉCOLE

Le CPE de Génipailler fait partie d'un projet beaucoup plus vaste : la Cité du savoir.

Une école primaire s'y ajoutera sous peu et devrait pouvoir accueillir ses premiers élèves, dont certains des enfants qui fréquentent aujourd'hui le CPE, dès septembre prochain.

Suivront une école secondaire et un centre de formation professionnelle, complétant le « secteur scolaire » du projet établi sur un site de 31 hectares donné par le gouvernement haïtien.

Un secteur universitaire est aussi prévu, de même qu'un secteur agricole, avec une ferme expérimentale, des serres et des jardins, ainsi qu'un secteur de services, avec une résidence étudiante, un centre de santé communautaire et un incubateur d'entreprises.

Ce vaste projet est le fruit du travail du Groupe de réflexion et d'action pour une Haïti nouvelle (GRAHN), fondé par le professeur Samuel Pierre au lendemain du séisme dévastateur de 2010 ; un regroupement d'architectes, d'ingénieurs, d'agronomes, d'urbanistes, d'économistes et autres professionnels d'origine haïtienne, qui travaillent bénévolement.

« Nous, on a une approche de prise en main ; plutôt que de l'assistanat, il faut faire du développement », explique Samuel Pierre, affirmant qu'Haïti a reçu « 20 milliards de dollars d'aide dans les 30 dernières années » sans pour autant que le pays ne sorte de la pauvreté.

« Pour le développement d'un pays, il faut que les gens soient éduqués. »

Et les gens qui porteront le changement ne sont « pas les personnes qui ont 40 ou 50 ans, mais les enfants », affirme Samuel Pierre.

Le GRAHN rêve de créer des projets inspirés de la Cité du savoir dans d'autres régions d'Haïti, mais comme ses projets sont financés par des dons privés, ils évoluent au gré de la générosité des contributeurs.

Samuel Pierre rêve que les choses aillent plus vite et s'enthousiasme : « Il suffirait qu'un gouvernement embarque. »




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