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Cours pour aînés: une commission scolaire «mal à l'aise» devant les conclusions de la VG

Il y a deux ans, six personnes de... (PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE)

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Il y a deux ans, six personnes de 95 ans et plus ont suivi plus de 1000 heures de formation dans le cadre du programme d'intégration sociale de la Commission scolaire de la Pointe-de-l'Île.

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À quelques années à peine de devenir centenaires, des résidants de résidences pour personnes âgées ont suivi jusqu'à 1000 heures de cours offerts par la Commission scolaire de la Pointe-de-l'Île (CSPI) en une seule année, un fait « surprenant » relevé par la vérificatrice générale du Québec dans son plus récent rapport. Ce nombre d'heures « très élevé » de formation s'explique simplement par le cumul de plusieurs cours, assure la CSPI.

Miville Boudreault, président de la CSPI... (PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE) - image 1.0

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Miville Boudreault, président de la CSPI

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Il y a deux ans, six personnes de 95 ans et plus ont suivi plus de 1000 heures de formation dans le cadre du programme d'intégration sociale. Un de ces élèves aurait même suivi 7600 heures de formation en huit ans.

Qui plus est, en 2015-2016, plus de 60 personnes âgées de 80 ans ou plus avaient suivi 900 heures de formation chacune, « soit plus que le nombre d'heures requis pour être considéré comme un élève à temps plein », note la vérificatrice.

La CSPI explique que ces heures sont réparties sur 48 semaines dans l'année et qu'elles sont le résultat du cumul de diverses formations sur les « habiletés personnelles et sociales » données par ses enseignants dans des résidences pour personnes âgées.

« Ça peut être une formation pour permettre à une personne âgée d'ouvrir un ordinateur, de naviguer minimalement sur internet, d'aller sur Facebook pour suivre les activités de ses petits-enfants. C'est un exemple assez représentatif de formation qu'on pouvait donner », dit le président de la CSPI, Miville Boudreault, tout en admettant qu'on ne passe pas 900 heures à apprendre comment ouvrir un ordinateur.

De fait, chez Insertech, par exemple, où on donne des formations en informatique aux personnes âgées de plus de 50 ans, celles-ci durent au maximum 24 heures, à raison de 4 heures par semaine.

« Après cette formation, les gens sont capables d'envoyer des courriels, d'en recevoir, de mettre des pièces jointes, d'aller chercher des photos, des documents, de remplir des formulaires et de faire de la recherche sur internet », explique François Boulais, responsable des formations des usagers chez Insertech.

Les enseignants de la CSPI donnent quant à eux des formations en blocs de six, neuf ou douze heures par semaine. François Boulais voit mal comment il pourrait donner des formations de plus de deux heures par jour aux personnes plus âgées.

«Sans préjugés: les gens se fatiguent vite. Je passe déjà deux heures par jour et pendant la dernière demi-heure, je suis mieux d'être dans la pratique que la théorie, parce que je vois les petits nuages de boucane au-dessus de leurs têtes.»

François Boulais
responsable des formations des usagers chez Insertech

En 2015-1016, la CSPI comptait 398 participants âgés de 80 ans ou plus à son programme d'intégration sociale.

« Peut-être qu'à notre commission scolaire, oui, on en avait un nombre appréciable », dit le président de la CSPI. Après avoir reçu la visite du vérificateur général au début de 2017, la CSPI a cessé ses activités auprès de sa clientèle en résidences pour personnes âgées, le temps de voir si le programme « atteint les objectifs ». Miville Boudreault assure que la commission scolaire n'a jamais fait de surplus avec ces élèves.

« ÇA M'APPARAÎT À LA LIMITE DISCRIMINATOIRE »

Dans son rapport, le vérificateur général précise qu'il ne remet pas en cause « le droit de chaque citoyen d'obtenir les services répondant à ses besoins », mais affirme qu'il faut s'assurer que les cours « répondent aux objectifs du programme ».

Le président de la CSPI se dit tout de même « mal à l'aise » devant certaines conclusions du rapport et rétorque que les personnes âgées ont aussi droit à l'éducation.

« Le programme s'adresse à tout le monde, il n'y a pas une discrimination faite en fonction de l'âge. Ce n'est pas parce que quelqu'un a 80 ans qu'il ne peut pas suivre une formation. Même à 95 ans, tracer une ligne au niveau de l'âge, ça m'apparaît à la limite discriminatoire », dit Miville Boudreault.

La CSPI n'a pas voulu nous mettre en contact avec des gens qui avaient suivi ces milliers d'heures de cours. « Ce sont des renseignements nominatifs, on ne fait pas ça », nous a-t-on répondu.

DES ÉLÈVES OCTOGÉNAIRES

Nombre d'élèves de 80 ans ou plus inscrits au programme d'intégration sociale en 2015-2016 dans les cinq commissions scolaires auditées par la vérificatrice générale.

Commission scolaire de Laval: 

1/514 élèves

Commission scolaire de Charlevoix: 

2/39 élèves

Commission scolaire de Jonquière: 

120/499 élèves

Commission scolaire des Découvreurs: 

157/431 élèves

Commission scolaire de la Pointe-de-l'Île: 

398/1344 élèves

180
Nombre d'heures par session requises pour être considéré comme à temps plein dans un cégep, soit 360 heures par année scolaire
1000
Nombre d'heures suivies par 6 élèves de plus de 95 ans pendant une année à la CSPI




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