Surpopulation: la CSDM veut se réapproprier des bâtiments loués

La Commission scolaire de Montréal entend se réapproprier... (Photo Sarah Mongeau-Birkett, Archives La Presse)

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La Commission scolaire de Montréal entend se réapproprier au cours des prochaines années des immeubles dont elle est propriétaire afin de faire face à la surpopulation dans ses écoles.

Photo Sarah Mongeau-Birkett, Archives La Presse

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Face à la surpopulation dans ses écoles, la Commission scolaire de Montréal (CSDM) entend se réapproprier au cours des prochaines années des immeubles dont elle est propriétaire. En conséquence, des organismes communautaires, mais parfois aussi des écoles, doivent déménager.

C'est le cas du Centre d'intégration scolaire, situé dans le quartier Rosemont. L'établissement, organisme à but non lucratif, accueille une centaine d'élèves de 7 à 18 ans en provenance de six commissions scolaires, dont la CSDM. 

« Ce sont des élèves qui ont des troubles de comportement. [Les établissements] n'ont plus de ressources à leur offrir dans leur milieu, donc ils nous les envoient pour qu'on arrive à les récupérer, leur redonner le goût à l'école. Ils sont amochés, ce sont des jeunes assez fragiles. La police est ici régulièrement », dit Ysabelle Chouinard, directrice générale de l'établissement.

Selon toute vraisemblance, l'école devra quitter dans un an les locaux qu'elle occupe depuis deux décennies. La CSDM entend rénover l'endroit au coût de 25 millions. Déloger des élèves pour faire place à d'autres ? La directrice générale s'explique mal cette décision.

« Ça reste très nébuleux pour nous. Laisser 100 élèves en difficulté sans ressources, je ne comprends pas, dit la directrice. On a fait appel au Ministère, on n'a pas vraiment de réponse. »

LE BÂTIMENT DE JEUNESSE AU SOLEIL CONVOITÉ

L'organisme Jeunesse au Soleil pourrait aussi devoir se trouver de nouveaux locaux dès l'an prochain, à moins de pouvoir acheter l'immeuble dont il est locataire depuis le début des années 80.

La Commission scolaire de Montréal prévoit des investissements de 35 millions en 2018 pour aménager 32 classes dans les locaux actuellement occupés par l'organisme, rue Saint-Urbain.

«Ce sont des prévisions, il n'y a rien d'arrêté. On a besoin d'immeubles pour des écoles transitoires, qui sont des écoles temporaires, le temps que des travaux ou des agrandissements soient terminés à une école donnée.»

Alain Perron
porte-parole de la CSDM

Jeunesse au Soleil confirme toutefois avoir reçu un appel de la CSDM pour discuter officiellement de la question dans une dizaine de jours.

« On est surpris, dit Ernest Rosa, directeur de la gestion immobilière de l'organisme. On parlait avec la CSDM, ça allait bien. C'est quoi, leur plan de match ? On ne sait pas, on est dans les nuages. »

« UNE ÉPÉE DE DAMOCLÈS »

Le Centre de loisirs communautaires Lajeunesse, dans Villeray, a appris à la fin de mai qu'il devrait se trouver de nouveaux locaux, après 28 ans passés dans un immeuble de la CSDM. Les organismes qui y sont hébergés pourraient devoir quitter les lieux en janvier 2020. « C'est quand même demain », illustre la directrice du Centre, Émilie Leroy.

« Il y a plus d'enfants dans Villeray et on ne peut pas être contre le fait de leur offrir des espaces d'apprentissage. C'est difficile de s'opposer au fait que ça va redevenir une école primaire. Ce qu'on trouve dommage, c'est qu'on dirait qu'il y a un problème entre la CSDM et le Ministère, et c'est le communautaire qui en pâtit », dit-elle.

Au Centre Lajeunesse, où passent 220 000 personnes chaque année, l'annonce est venue comme une surprise ce printemps.

«Il y avait une épée de Damoclès depuis les dernières années, vu que le bâtiment appartient à la CSDM, mais jamais à ce point-là.»

Émilie Leroy
directrice du Centre de loisirs communautaires Lajeunesse

Un comité de consultation a été mis sur pied par la Ville pour tenter de trouver un autre endroit où loger le Centre. On envisage notamment de s'installer dans l'ancien hôpital chinois, bâtiment laissé à l'abandon depuis plusieurs années.

Au Conseil des commissaires, cette semaine, le commissaire Kenneth George estimait que la CSDM ne pouvait guère faire autrement que d'agir ainsi. « Si on ne bouge pas, des parents d'enfants pourraient se demander : "Est-ce que mon enfant pourra aller à l'école près de chez moi ?" Je n'ai pas de problème à reconnaître les inquiétudes des organismes si on reconnaît les inquiétudes des parents. »

Le milieu communautaire est complémentaire aux écoles, rappelle pour sa part la directrice du Centre de loisirs communautaires Lajeunesse. « On fait du parascolaire : après l'école, les enfants et les parents viennent au Centre pour les activités, on fait partie de leur vie de quartier. Il y a une maison des jeunes où les adolescents peuvent venir. C'est tout un milieu de vie qui risque de s'effriter », s'inquiète Émilie Leroy.




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