Falsification des résultats scolaires: le ministère devra fournir ses données

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Le débat sur la falsification des résultats scolaires s'étire depuis plusieurs semaines, après de nombreux témoignages et dénonciations de professeurs qui disaient avoir été contraints de maquiller de mauvais résultats pour accorder la note de passage aux élèves en difficulté, cela en vue d'atteindre les cibles de réussite visées par le gouvernement.

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Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
QUÉBEC

Le ministère de l'Éducation devra fournir à une commission parlementaire les données des vérifications qui ont été effectuées concernant la falsification des résultats scolaires.

Le député péquiste Alexandre Cloutier a obtenu cette concession mardi des députés libéraux, qui venaient de lui refuser la tenue d'audiences dans le cadre d'une commission parlementaire sur cet enjeu.

Le débat sur la falsification des résultats scolaires s'étire depuis plusieurs semaines, après de nombreux témoignages et dénonciations de professeurs qui disaient avoir été contraints de maquiller de mauvais résultats pour accorder la note de passage aux élèves en difficulté, cela en vue d'atteindre les cibles de réussite visées par le gouvernement.

M. Cloutier avait réclamé que la commission parlementaire sur la culture et l'éducation se saisisse d'un mandat d'initiative pour entendre tous les intervenants dans ce dossier chaud, mais les élus libéraux, qui sont majoritaires à cette commission, ont refusé.

Le député de Lac-Saint-Jean a toutefois obtenu de la commission qu'elle exige du ministère de l'Éducation de lui fournir les données compilées sur le phénomène.

Pour faire cette demande, M. Cloutier s'est basé sur les affirmations précédentes du ministre Sébastien Proulx, qui avait affirmé avoir fait des vérifications auprès de son ministère.

«On a des doutes quant au sérieux des évaluations qui ont été faites, on les jugera quand nous les aurons, mais au moins il y a un petit gain auprès de la commission», a déclaré dans une entrevue avec La Presse canadienne le député, qui est porte-parole de l'opposition officielle en éducation.

Il estime que les données pourraient être obtenues avant l'automne, étant donné que le ministère est dans l'obligation de les fournir à une commission de l'Assemblée nationale.

«On sera capable de confirmer qu'effectivement, on n'a aucune idée réelle de l'ampleur du phénomène et ainsi on se prive d'un véritable débat de société», a-t-il poursuivi, tout en disant être «extrêmement déçu» toutefois de la décision des libéraux de refuser une commission parlementaire.

Selon le Parti québécois, seule une commission parlementaire permettrait d'aller au fond du sujet, de savoir combien d'élèves sont touchés par les manipulations des résultats, quels sont les impacts sur la réussite scolaire, sur les matières obligatoires pour l'obtention des diplômes, etc.

La Coalition avenir Québec (CAQ) appuyait aussi la démarche de l'opposition officielle. Le député caquiste Jean-François Roberge a déposé une motion pour tenir des consultations particulières sur «l'évaluation des apprentissages et le nivellement par le bas», mais elle a également été battue par la majorité libérale.

Directive

Le gouvernement Couillard laisse entendre que cette situation n'est pas généralisée et le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, s'est contenté d'émettre une directive la semaine dernière, pour rappeler que «les modifications de notes dans le but d'atteindre des cibles de réussite ne sont pas tolérées».

«La directive est nécessaire non pas parce que le maquillage des notes est généralisé, mais parce que des personnes pensent que l'évaluation du savoir au Québec ne tient pas la route et qu'il faut corriger cette perception», avait affirmé le ministre en conférence de presse.

Rappelons qu'un sondage de la Fédération autonome de l'enseignement (FAE) avait suggéré que près d'un professeur sur deux avait vu la note qu'il avait attribuée à un élève être ajustée à la hausse sans qu'il ait pour autant donné son consentement.

Il y a quelques semaines, le ministère de l'Éducation avait expliqué qu'un résultat est ramené à 60 pour cent pour tenir compte d'une possible «erreur de mesure dans l'ensemble des évaluations qui couvrent la matière» et que la pratique «cherche à éviter de porter préjudice à un élève».




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