Collège de Maisonneuve: une élève exclue d'un examen en raison de son hijab

Une « consigne » interne du département de biologie du... (Photo Olivier Jean, Archives La Presse)

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Une « consigne » interne du département de biologie du Collège de Maisonneuve prévoit que les enseignants vérifient l'absence d'écouteurs dissimulés lors des examens. La consigne vise autant les tuques et les cheveux longs que les hijabs.

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Une élève du Collège de Maisonneuve a récemment été exclue d'un examen de biologie parce qu'elle refusait de retirer partiellement son hijab afin de découvrir ses oreilles, à la demande de son professeur.

L'incident, survenu il y a deux semaines, découle de l'application d'une « consigne » interne du département de biologie prévoyant que les enseignants vérifient l'absence d'écouteurs dissimulés lors des examens, a indiqué Line Légaré, porte-parole de l'établissement. La consigne, mise en place par les professeurs eux-mêmes, vise autant les tuques et les cheveux longs que les hijabs.

Or, le lundi 19 septembre dernier, une élève portant le hijab « n'a pas voulu montrer son oreille », a confirmé Mme Légaré en entrevue téléphonique. Le professeur a alors retiré sa copie.

Selon nos informations, l'élève a offert au professeur de montrer qu'elle n'avait rien dans les oreilles en les touchant avec ses doigts. Celui-ci a refusé cette proposition et n'a pas accepté que l'élève fasse l'examen sans qu'il puisse observer ses oreilles.

Mme Légaré a ajouté qu'après coup, l'élève s'était présentée à la direction des études du Collège afin de rapporter l'incident. « Ensuite, elle et le professeur se sont rencontrés pour discuter de cette situation et comment dans l'avenir ils pourraient fonctionner différemment pour ne pas blesser l'étudiante, pour ne pas créer de malaise », a ajouté Mme Légaré, en milieu de semaine dernière.

« Ils devaient convenir d'une date de reprise de l'examen. [...] Est-ce qu'ils se sont entendus ? Je ne sais pas. Je sais que le professeur a proposé une date de reprise à l'étudiante. » - Line Légaré, porte-parole du Collège de Maisonneuve

Pour l'instant, aucune plainte n'a été enregistrée par l'élève.

« Moi, je fais mon travail », s'est limité à affirmer le professeur à La Presse. « Je vous réfère à mon employeur, puisque c'est lui qui dirige ce que ses employés doivent faire. »

Entre-temps, la direction du cégep s'interroge sur la consigne. « Peut-être qu'on devra revoir cette consigne ou du moins revoir la façon de le faire », a dit Line Légaré.

Dans d'autres cas, la procédure est plus facile : « Si quelqu'un a une tuque, il va relever sa tuque. S'il y a des cheveux, il va juste écarter ses cheveux. S'il y a un chapeau, ou peu importe... »

UNE SANCTION JUGÉE « INAPPROPRIÉE »

« C'est tout à fait inapproprié de demander à une étudiante d'enlever son voile devant toute la classe et de la cibler comme une tricheuse, puis de lui enlever sa feuille d'examen sans preuve qu'elle triche, de façon arbitraire », a affirmé Camille Gagné, responsable des questions féministes au sein de l'association étudiante locale, sur une page Facebook publique fréquentée par des centaines d'élèves du Collège.

Jointe par La Presse, elle a refusé de commenter le dossier et indiqué que personne ne pouvait accorder d'entrevue sur la question. Elle a également précisé que l'association ne s'adressait aux médias que par communiqué.

Mme Gagné a suggéré à l'élève de consulter son association afin d'évaluer ses options pour la suite des choses.

DES ÉLÈVES SURPRIS

La Presse a pu discuter avec trois élèves qui se trouvaient dans la classe au moment de l'incident : tous s'entendent sur l'absence d'esclandre entre l'élève et son professeur.

« Ç'a causé plus de surprise qu'autre chose, d'abord que l'élève ne veuille pas montrer ses oreilles, et ensuite que le professeur lui enlève sa copie », a relaté l'un d'eux. « Certains étaient d'accord avec le professeur, d'autres avec l'élève. »

« S'ils veulent imposer une telle règle tout en respectant les normes des religions des autres, ils devraient prévoir une surveillante pour vérifier dans les voiles des jeunes filles lorsque le prof est [un homme] », a affirmé un autre.

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