Une mère indignée par des coiffes autochtones dans une école

Les enseignants proposaient aux enfants de porter des... (Photo La Presse Canadienne)

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Les enseignants proposaient aux enfants de porter des coiffes, alors que des bandeaux de carton ornés de plumes leur étaient distribués pour qu'ils se costument.

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Sidharta Banerjee
La Presse Canadienne

Une mère montréalaise, Jennifer Dorner, s'est indignée que des enseignants de l'école primaire de sa fille, dans le quartier Outremont, aient arboré, lundi, des coiffes traditionnelles autochtones.

Mme Dorner a qualifié cet acte de désolant et offensant en publiant sur sa page Facebook une photo de la scène qui s'est déroulée dans la cour de l'école Lajoie. Les enseignants proposaient aux enfants de porter, eux aussi, des coiffes, alors que des bandeaux de carton ornés de plumes leur étaient distribués pour qu'ils se costument.

La fille et la nièce de Jennifer Dorner, Zoé, sont toutes deux inscrites dans la même classe de 3e année. Zoé a été particulièrement offusquée, a raconté sa tante mécontente, rapportant que la petite avait dit vouloir déchirer le déguisement qu'on lui tendait.

L'activité visait à présenter aux élèves les coutumes ancestrales des communautés autochtones du Québec, a indiqué la porte-parole de l'école Lajoie, Gina Guillemette.

Une telle réponse a semblé indigner davantage Mme Dorner. Dépeindre des communautés par un déguisement est un manque de respect, a-t-elle soutenu.

«Comment peuvent-ils enseigner une compréhension authentique des cultures autochtones de cette façon?, a-t-elle lancé. Ça n'aide pas leur cause (comme explication), ça rend la chose encore plus navrante.»

La coiffe portée par les enseignants de l'école Lajoie n'est généralement autorisée que pour les Anciens dans les communautés autochtones ou pour ceux qui en sont dignes. Plusieurs autochtones jugent que si elle est portée par un étranger, celui-ci commet un geste irrespectueux car une valeur spirituelle et culturelle y est rattachée.

De nombreux organisateurs de concerts - comme le festival Osheaga et Heavy Montréal - et les directions d'installations sportives incitent les spectateurs à bannir le port de cet élément s'il sert d'accessoire de mode ou de déguisement.

Jennifer Dorner a demandé à rencontrer la direction de l'école. Une amie s'est proposée pour l'accompagner, a indiqué la mère.

La mère de Zoé, Sarah Dorner, a confirmé que sa fille avait refusé de porter la coiffe bricolée qu'on lui tendait.

«Ma fille est très sensible à ces choses, a-t-elle dit, ajoutant que la famille a vécu en Nouvelle-Zélande pendant une grande partie de l'année 2015. Nous avons eu beaucoup de discussions sur les situations où il est convenable d'être invité à porter un costume ou à prendre part à une danse ou une chanson.»

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