Un guide pour aider les écoles avec l'islamophobie

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Stephanie Levitz
La Presse Canadienne
Ottawa

Au printemps dernier, les commissions scolaires avaient concentré leur attention autour de questions pratiques qui venaient en accueillant des milliers de nouveaux étudiants syriens, tels que leur trouver des bureaux, des crayons, des livres.

En ce début d'année scolaire, des organisations musulmanes espèrent que cette fois-ci leur attention pourra se tourner vers un autre problème, celui des jugements que de nombreux élèves musulmans disent subir à l'école.

Les établissements scolaires luttent contre l'islamophobie depuis les attentats terroristes du 11 septembre 2001, mais il n'y a jamais eu un intérêt intense chez les éducateurs pour combattre le problème, selon Amira Elghawaby, directrice des communications pour le Conseil national des musulmans canadiens (CNMC).

Cela a toutefois changé, affirme-t-elle.

Alors que plus de 25 000 Syriens sont arrivés au Canada depuis le mois de novembre, l'organisation a commencé à recevoir beaucoup plus d'appels sur le sujet. L'organisme entend, par exemple, des discours au sujet des réfugiés qui chercheraient à changer la culture canadienne ou encore des questions de la part de parents d'enfant victime d'islamophobie au terrain de jeu.

Les enseignants aussi téléphonaient à la recherche de ressources pour les aider à comprendre le problème et comment y répondre.

Ainsi, le CNCM, l'Association des services sociaux islamiques et la Commission canadienne des droits de la personne ont élaboré un guide pour les éducateurs, afin de les aider à comprendre les effets des traumatismes qu'ont vécus les enfants syriens à l'étranger. Le guide sert également à aborder l'islamophobie que les réfugiés syriens et d'autres musulmans connaissent au pays.

Une femme de Winnipeg a salué le fait que l'arrivée de Syriens au Canada force une telle discussion.

Il y a deux ans, un enseignant suppléant s'était moqué de sa fille, âgée de dix ans à l'époque, parce qu'elle portait un foulard sur la tête. L'enseignant était allé jusqu'à essayer de saisir les cheveux de la jeune fille à travers le foulard.

Il s'agissait de la même école que la femme elle-même avait fréquentée des décennies plus tôt, c'est-à-dire une école où elle portait un hijab sans attirer les regards.

Selon la femme, qui désire garder l'anonymat, le fait que sa fille était à l'aise d'aller voir la direction et que l'enseignant a ensuite été discipliné montre que les écoles ont le pouvoir d'agir en prenant le temps de créer un environnement qui est inclusif pour les musulmans.

Le guide traite de l'impact psychologique de la haine et de la discrimination, en offrant à titre d'exemple une nouvelle aux États-Unis au sujet d'enfants musulmans qui emballent leurs poupées et jouets en réaction à la rhétorique d'interdire des immigrés musulmans. Le guide amène aussi les gens à comprendre ce que vivent les enfants réfugiés venant d'arriver au pays et aux prises avec de la douleur et de la méfiance, et comment cela peut avoir un impact dans la salle de classe.

De nombreuses écoles ajoutent des enseignants, des interprètes, des séances d'orientation et d'autres programmes cet automne pour continuer à aider à l'intégration émotionnelle et sociale des Syriens.

Cela dit, trouver suffisamment de crayons demeure un problème.

L'an dernier, le Centre somalien pour les services familiaux à Ottawa, avait besoin de sacs à dos remplis de fournitures scolaires pour aider 63 enfants.

L'organisme a récemment dit que leur liste est passée à 300 enfants cette année, dont 97 pour cent sont des Syriens.

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