Pourquoi les élèves anglophones réussissent-ils mieux?

Selon Érick Falardeau, professeur à l'Université Laval, «les élèves sont... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE)

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Selon Érick Falardeau, professeur à l'Université Laval, «les élèves sont parachutés très vite dans les classes ordinaires, bien avant d'être francisés».

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Louise Leduc
La Presse

Les élèves des commissions scolaires anglophones et les élèves ontariens réussissent mieux que les Québécois francophones, s'est désolé Philippe Couillard en fin de semaine. Comment l'expliquer?

En toute prudence, Catherine Harel Bourdon, présidente de la Commission scolaire de Montréal, et Érick Falardeau, professeur à la faculté des sciences de l'éducation de l'Université Laval, avancent quelques pistes d'explication.

Une éducation autrement plus valorisée en Ontario

Comme l'explique Catherine Harel Bourdon, présidente de la Commission scolaire de Montréal, l'Ontario a fait de l'éducation sa grande priorité. De fait, dès 2003, cette province a entrepris une réforme saluée un peu partout dans le monde et dans certains classements et études. L'école a notamment été rendue obligatoire jusqu'à 18 ans, la formation des maîtres a été améliorée, et il y a eu un dépistage plus précoce des élèves à risque d'échec.

L'impératif du français

Catherine Harel Bourdon souligne qu'en raison de la loi 101, bon nombre d'élèves entrent à l'école en n'ayant aucune connaissance du français, ce qui est moins le cas de l'anglais dans les commissions scolaires anglophones. Érick Falardeau, professeur à l'Université Laval, signale lui aussi que, s'il y a certes des classes d'accueil, «les élèves sont parachutés très vite dans les classes ordinaires, bien avant d'être francisés».

Des communautés anglophones tissées plus serrées

Interviewés séparément, Catherine Harel Bourdon et Érick Falardeau ont tous les deux fait valoir que les communautés anglophones, «tissées plus serrées», contribuent probablement à une meilleure réussite. Les parents anglophones valorisent beaucoup l'école et ils s'y impliquent beaucoup plus que les francophones, ont-ils dit tous les deux. «Dans le cadre de mes recherches, beaucoup d'enseignants qui travaillent dans des écoles francophones tout en résidant dans des quartiers anglophones m'ont dit à quel point la différence est frappante», relève M. Falardeau.

Les coupes

Catherine Harel Bourdon souligne que les coupes des dernières années ont justement mis à mal certaines initiatives destinées à créer un sentiment communautaire plus fort chez les francophones. «Des postes d'intervenants dans Côte-des-Neiges qui faisaient le pont entre l'école et les parents ont notamment dû être supprimés l'an dernier», note-t-elle. La fin des subventions de 2 millions de dollars versées jusqu'à il y a deux ans à des comités de quartier qui organisaient des activités parascolaires n'a pas aidé non plus, signale Mme Harel Bourdon.

Le poids de l'histoire

«Je ne suis pas sociologue, je ne suis pas historien, mais il est difficile de passer à côté du fait qu'au Québec, les anglophones ont été scolarisés beaucoup plus tôt que les francophones. Disons que les enfants anglophones étaient envoyés beaucoup moins souvent ou moins tôt que les petits francophones dans les champs», fait remarquer Érick Falardeau, selon lequel les siècles passés de scolarisation continuent d'avoir des effets à ce jour.

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