Le recteur de l'UQAM lance un cri du coeur

Depuis la crise du printemps à l'UQAM, on n'avait plus vu son recteur dans les... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE)

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Louise Leduc
La Presse

Depuis la crise du printemps à l'UQAM, on n'avait plus vu son recteur dans les médias. À quelques jours du budget du Québec, Robert Proulx est sorti de son mutisme, hier, pour lancer un cri du coeur et plaider la cause de son université, dont les problèmes ne sont pas sans lien, à son avis, avec l'austérité imposée par le gouvernement. Entrevue en trois temps.

Le recteur de l'Université du Québec à Montréal (UQAM),... (PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE) - image 1.0

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Le recteur de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), Robert Proulx, établit un lien entre les mesures d'austérité imposées par le gouvernement et les problèmes qui touchent l'établissement qu'il dirige. 

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À PROPOS DES COUPES ET DE LEURS EFFETS

Tout au long de l'entrevue, le recteur de l'UQAM, Robert Proulx établira un lien entre les coupes du gouvernement Couillard et le climat à l'UQAM.

« Les coupes amènent des difficultés, des débordements, ça crée des conditions difficiles. En négociation, nous n'avons pas de marge de manoeuvre », dit M. Proulx.

« Depuis 2013 l'UQAM ne s'occupe pas de développement, mais de compressions. Et là, il est minuit moins cinq. »

- Robert Proulx, recteur de l'UQAM

Après le sommet de 2012, il y avait consensus sur un nécessaire réinvestissement de 1,7 milliard des universités sur cinq ans, poursuit M. Proulx. En lieu et place, « à l'UQAM, depuis l'année financière 2012-2013, on a essuyé des coupes de 25 millions ».

Il y a eu les perturbations du printemps, il y a actuellement cette grogne des employés étudiants - qui ont poussé des manifestants à aller protester devant la résidence même du recteur en janvier. Des négociations sont en cours avec les professeurs pour le renouvellement de leur convention collective.

Selon M. Proulx, l'UQAM a besoin là, maintenant, de 30 millions, « et c'est un minimum », dit-il.

Selon M. Proulx, la population sous-estime le rôle crucial que jouent les universités dans le développement social et économique des villes et il revient au gouvernement « de donner aux universités des leviers » pour qu'elles rayonnent comme il se doit.

À PROPOS DE L'ÉCOLE DES SCIENCES DE LA GESTION

Le mouvement couve depuis des années, mais le désir de l'École des sciences de la gestion de se séparer de l'UQAM a fait plus de bruit que jamais, ces derniers temps. Deux consultants ont été nommés cette semaine, avec pour mission de trouver un terrain d'entente.

L'École des sciences de gestion estime être une vache à lait de l'UQAM. Vrai ? « Elle compte 15 000 étudiants sur 43 000. C'est un poids lourd », convient le recteur.

Il ne chiffre cependant pas la proportion de revenus qu'apporte cette école à l'UQAM, disant que ça fera partie des données que les consultants devront obtenir.

Pour M. Proulx, la sécession à laquelle aspire l'École des sciences de la gestion a beaucoup à voir avec une certaine culture dans les écoles de gestion en général. « Un peu partout, elles se disent différentes, elles veulent plus d'autonomie. Au surplus, à Montréal, l'école des HEC est établie depuis longtemps. »

M. Proulx se dit ouvert à une décentralisation, mais souhaite que l'École des sciences de la gestion réalise qu'elle a aussi intérêt à faire partie de l'UQAM.

RETOUR SUR LA CRISE DU PRINTEMPS

Alors que les troubles du printemps étaient à leur comble, non, Robert Proulx n'a pas eu envie de tout laisser en plan. « L'UQAM a été créée en 1969, dans un mouvement de démocratisation du savoir. L'UQAM, c'est l'université du peuple, j'y ai été étudiant, professeur et recteur. Quand j'ai pris ce poste, je savais dans quoi je m'embarquais. »

Il a géré la crise seul, sans l'aide du gouvernement Couillard ou de son ministre de l'Éducation d'alors, François Blais. Si M. Blais a suggéré publiquement d'expulser deux ou trois étudiants par jour pour calmer le jeu, en privé, les contacts entre l'UQAM et Québec se sont limités à un contact téléphonique. « J'ai eu un appel au lendemain des perturbations au pavillon J.-A.-DeSève, le gouvernement voulait savoir quel était l'état des lieux. »

Autrement, la direction de l'UQAM a affronté la tempête seule. Et c'est parfait comme cela, selon Robert Proulx. « Je suis un recteur élu. Nous sommes autonomes et nous sommes capables de gérer les choses nous-mêmes. Le rôle de l'État est de nous appuyer, pas de gérer à notre place. Je défends farouchement l'autonomie universitaire. »

12,5 millions

Le budget 2015-2016 présente en effet un déficit de 12,5 millions, sur un budget de 420 millions. En raison de ce déficit, l'UQAM doit présenter d'ici un an un plan de redressement.

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