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Étudiants étrangers: St-Pierre réfractaire à une hausse des droits de scolarité

La ministre des Relations internationales Christine St-Pierre juge... (PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES PC)

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La ministre des Relations internationales Christine St-Pierre juge que les droits de scolarité payés par les étudiants étrangers ne devraient être augmentés qu'en tout «dernier recours».

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(QUÉBEC) La ministre des Relations internationales, Christine St-Pierre, est réfractaire à ce que le gouvernement donne le feu vert aux universités pour augmenter la facture des étudiants étrangers.

La Presse a révélé au début du mois que le ministère de l'Éducation a proposé cette mesure aux universités afin de leur permettre de compenser de nouvelles compressions pour 2016-2017. Les hauts fonctionnaires ont mis cette option sur la table lors d'une rencontre avec des recteurs le 15 janvier, donc au moment où le Ministère était dirigé par François Blais.

Depuis, le cabinet du nouveau ministre Pierre Moreau a confirmé que l'augmentation de la facture des étudiants étrangers est un « scénario », tout en précisant que le gouvernement n'a pris encore aucune décision.

Pour Christine St-Pierre, ce scénario ne devrait être utilisé qu'en tout « dernier recours ». « Il faut trouver d'autres façons », a-t-elle plaidé lors d'un entretien avec La Presse plus tôt cette semaine.

Une hausse de la facture des étudiants étrangers « peut diminuer des clientèles », donc entraîner une baisse des effectifs venant de l'étranger. « L'Université Laval dit qu'elle ne peut réclamer aux Éthiopiens ce que McGill réclame à ceux venant de l'Arabie saoudite ou du Qatar », a-t-elle illustré. Il pourrait donc y avoir un problème d'équité à ses yeux.

Le vice-recteur de l'Université de Sherbrooke, Alain Webster, a d'ailleurs indiqué que les universités anglophones pouvaient être favorisées au détriment de leurs consoeurs francophones avec la proposition du ministère de l'Éducation.

RENCONTRE AVEC PIERRE MOREAU

Le gouvernement Couillard a déjà triplé les droits de scolarité des étudiants français. Ils paient maintenant le même montant que ceux venant d'une autre province canadienne. « On a fait des pas de géant. On a fait une entente avec la France. On est rigoureux là-dedans », a insisté Mme St-Pierre. Notons que les Français ne seraient pas visés par une éventuelle augmentation de la facture des étudiants étrangers, si elle devait avoir lieu.

Christine St-Pierre aura une rencontre avec Pierre Moreau sur cet enjeu. Elle n'avait pas été avisée des démarches du ministère de l'Éducation auprès des recteurs. « Je veux avoir réponse à mes questions là-dessus », a-t-elle dit.

En vertu d'ententes internationales, un certain nombre d'étudiants d'une trentaine de pays peuvent bénéficier d'une exemption et payer les mêmes droits de scolarité que les Québécois. Il y a des quotas. Ces ententes ne sont pas remises en question, a assuré Mme St-Pierre.

Les associations étudiantes se sont déjà prononcées contre le scénario du gouvernement.

«DROITS DE SCOLARITÉ ACTUELS

ÉTUDIANT QUÉBÉCOIS : 

2293 $ par année

ÉTUDIANT ÉTRANGER : 

Entre 14 500 $ et 16 160 $*

ÉTUDIANT ÉTRANGER EXEMPTÉ DU MONTANT FORFAITAIRE : 

2293 $

ÉTUDIANT FRANÇAIS : 

6550 $ par année, le même montant que celui payé par un étudiant venant d'une autre province canadienne

*Il s'agit des droits de base auxquels Québec ajoute un montant forfaitaire. Mais pour six disciplines (administration, droit, génie, mathématiques, informatique et sciences pures), les droits de scolarité ont été déréglementés. Ils sont fixés par les universités, et non le gouvernement. Les droits dépassent 15 000 $ et peuvent atteindre jusqu'à 30 000 $ dans certains cas (en génie à McGill, par exemple).»


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