L'ASSÉ à court de fonds

Hind Fazazi, porte-parole de l'ASSÉ (photographiée en avril),... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE)

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Hind Fazazi, porte-parole de l'ASSÉ (photographiée en avril), a effectué il y a deux semaines une tournée médiatique pour mettre en garde Québec contre la grogne que suscitent, selon elle, ses mesures d'austérité.

PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE

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L'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ), la plus revendicatrice des associations étudiantes nationales, manque cruellement d'argent à la veille d'un automne qu'elle prévoit tumultueux, selon une communication interne obtenue par La Presse.

Les finances de l'organisation seront à sec dans quelques semaines, selon son trésorier.

Dans un courriel envoyé aux associations membres, Louis-Philippe Véronneau, secrétaire aux finances, affirme avoir «un problème». «Au rythme actuel, nos comptes seront vides d'ici un mois et demi», a-t-il écrit mardi matin, dans ce courriel.

La raison? Un retard important dans le transfert des cotisations de membres des associations locales vers le regroupement national: «En ce moment, les associations doivent plus de 100 000$ de cotisations en retard à l'ASSÉ. Ce montant n'inclut pas les cotisations d'automne [2015], cotisations que bien peu d'associations ont payées à date».

Les associations collégiales et universitaires qui font partie de l'ASSÉ lui versent 3$ par année scolaire pour chaque étudiant qu'elles comptent.

«Si vous nous devez de l'argent, maintenant serais [sic] un bon moment pour nous rembourser», précise le message de M. Véronneau. «Pour financer nos luttes, nous avons décidé de mettre de l'argent en commun via des cotisations obligatoires», rappelle-t-il également. Ce rappel «a pour but de vous faire sentir coupable», écrit le trésorier aux membres de l'ASSÉ.

Appelé à commenter la situation, un «attaché de presse par intérim» - qui a répondu au numéro de téléphone destiné aux médias tout en refusant d'être identifié - a défendu l'ASSÉ. Le jeune homme a commencé par nier les problèmes financiers de l'organisation, faisant valoir que l'information «n'était pas véridique à première vue» et que «rien n'indique que les finances de l'ASSÉ vont mal». Par la suite, il a qualifié la situation de «problème interne à l'association» qui la «concerne en propre et devrait être rapidement réglé». «L'ASSÉ se porte très bien», a-t-il ajouté.

L'attaché de presse a ajouté que le dossier serait transmis à une porte-parole. Au moment de mettre en ligne, celui-ci n'avait pas rappelé La Presse.

Ces problèmes financiers surviennent à l'aube d'un automne au cours duquel l'ASSÉ espère participer à l'émergence d'un bruyant mouvement d'opposition aux politiques d'austérité du gouvernement de Philippe Couillard.

Tournée médiatique

Il y a deux semaines, la porte-parole Hind Fazazi a effectué une tournée médiatique pour mettre en garde Québec. «On constate une grogne de plus en plus large et visible contre les mesures d'austérité budgétaire du gouvernement Couillard», a-t-elle expliqué. «Aucun moyen n'est exclu pour nous pour contrer les conséquences désastreuses de l'austérité dans nos vies, dans notre quotidien et plus spécifiquement dans le milieu de l'éducation, dans les cégeps et dans les universités québécoises.»

Mme Fazazi avait ajouté qu'«au cours des prochaines semaines», différentes associations étudiantes se prononceraient sur la possibilité de déclencher une grève. Il s'agirait alors d'une reprise du mouvement du printemps dernier, qui s'était terminé sur une promesse de remonter dans le train de la contestation avec les syndicats du secteur public dès l'automne.

- Avec La Presse Canadienne

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