Éducation sexuelle à l'école: un projet mal ficelé, selon les enseignants

Dès la rentrée scolaire, qui doit avoir lieu... (PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE)

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Dès la rentrée scolaire, qui doit avoir lieu aujourd'hui dans la majorité des écoles du Québec, un projet-pilote d'éducation sexuelle sera offert dans une quinzaine d'écoles, pendant une période de deux ans. Ce programme, dont bénéficieront 8200 élèves, devrait par la suite être intégré au curriculum des élèves dès 2017.

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Les discussions tourneront autour du sexe, en cette période de rentrée scolaire. Plus précisément, elles porteront sur un nouveau projet-pilote d'éducation sexuelle, désormais offert à tous les élèves de 15 écoles volontaires du Québec. Sans aucune exception.

Pendant les deux ans du projet, pas question de dispenser des élèves avec des croyances ou des valeurs incompatibles avec les questions sexuelles abordées, a martelé hier l'attachée de presse du ministre de l'Éducation François Blais, Julie White.

« Pour l'instant, il n'y a pas d'exemption », a-t-elle affirmé à propos du projet, qui doit ramener l'éducation sexuelle dans les écoles primaires et secondaires, d'où elle a été retirée en 2005.

L'intention du projet, destiné à 8200 élèves d'une quinzaine d'écoles de la province, est bonne, a souligné le président de la Fédération autonome de l'enseignement (FAE), Sylvain Mallette. Mais sa forme actuelle est douteuse, voire dangereuse.

« C'est scandaleux ! S'il y a quelque chose avec lequel on ne peut pas jongler, c'est bien l'intime, a-t-il pesté hier. Pourtant, ça part d'un bon sentiment. Mais est-ce qu'on pourrait faire les choses comme du monde ? »

Faire les choses « comme du monde », selon Sylvain Mallette, impliquerait de remettre un réel cours d'éducation à la sexualité et de l'inclure dans le cursus scolaire.

« On veut des infirmières, des sexologues, des travailleurs sociaux ; des gens qui ont une formation reconnue pour donner ce genre de cours, a-t-il exigé. Les profs ne veulent rien savoir, parce qu'ils en ont déjà par-dessus la tête et qu'ils savent que c'est un dossier explosif », a-t-il aussi avancé.

Trop peu d'heures

Selon le président, les 5 à 15 heures d'apprentissage sur la sexualité prévues dans l'année sont loin d'être une réponse adéquate aux questions, parfois très sérieuses, que se posent les élèves.

Hypersexualisation, homosexualité ou agressions sexuelles ne sont pas des thèmes que l'on doit aborder entre deux notions de mathématiques, à son avis.

« Au début de l'année, il y aura de la formation en présence. Donc, ce sera comme un cours. Il y aura aussi de la formation continue [donnée par le Ministère] au cours de l'année », a cependant défendu Julie White.

Déjà, du matériel et des explications ont été fournis aux écoles, dont les noms seront dévoilés à la fin du mois de septembre. « Les écoles sont volontaires », a aussi insisté l'attachée de presse, en ajoutant que le projet avait été conçu en présence de membres du milieu scolaire.

« Mais il a fallu qu'on se batte pour être dans le comité de travail ! », a renchéri Sylvain Mallette, qui n'a pas digéré la commission parlementaire tenue sur la question, à huis clos, en octobre 2014. « On a eu des discussions très rudes avec le cabinet du ministre [de l'Éducation de l'époque, Yves] Bolduc. On a mené une opération conjointe avec la Fédération des syndicats de l'enseignement, mais autrement, il n'y aurait eu personne du milieu de l'enseignement dans le comité. »

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