Moyens de pression à la CSDM: des centaines d'enseignants sanctionnés

Les quelque 8000 enseignants de la CSDM corrigent... (PHOTO ARCHIVES ULYSSE LEMERISE, COLLABORATION SPÉCIALE)

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Les quelque 8000 enseignants de la CSDM corrigent les examens des élèves comme prévu, puis compilent leurs notes. Au lieu de le faire directement dans le système informatique, ils remettent une copie manuscrite à la direction.

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Des centaines d'enseignants d'une quarantaine d'écoles de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) ont reçu un avis disciplinaire cette semaine pour avoir remis de façon manuscrite les notes de bulletin de leurs élèves, a appris La Presse.

Un nombre qui devrait gonfler dans les prochains jours, puisque la CSDM a lancé un mot d'ordre aux directions d'écoles afin qu'elles sévissent contre les fautifs. Des sanctions «tout à fait critiquables» pour un moyen de pression «valable», selon l'Alliance des professeures et professeurs de Montréal (APPM).

Concrètement, les quelque 8000 enseignants de la CSDM, affiliés à l'APPM, corrigent les examens des élèves comme prévu, puis compilent leurs notes. Mais au lieu de le faire directement dans le système informatique, ils remettent une copie manuscrite à la direction. Tous les syndicats affiliés à la Fédération autonome de l'enseignement ont voté en faveur de ce moyen de pression, le printemps dernier.

Or, les enseignants sont obligés de rentrer les notes de façon informatique, selon leur convention collective, estime la CSDM. 

«On a fait parvenir un avis aux directions d'écoles rappelant les obligations des enseignants. Ceux qui n'ont pas répondu à ces obligations se sont vu imposer une sanction. En bout de ligne, ce sont les parents et les élèves qui risquent d'écoper de cette mesure. Mais il n'y aura pas de retard dans la remise des notes parce que nous avons pris les moyens nécessaires», indique Alain Perron, porte-parole de la CSDM.

Atmosphère tendue

Au moins 600 enseignants de la commission scolaire auraient été sanctionnés jusqu'à présent, estime Daniel Choquette, porte-parole de l'APPM.

Une enseignante d'une école primaire de Montréal qui a demandé à garder l'anonymat a raconté à La Presse avoir reçu, hier, un avis verbal de la part de sa direction. Ses collègues et elle connaîtront leur sanction lundi. Il pourrait s'agir d'un avis disciplinaire, d'un simple avis verbal ou d'une perte de salaire. 

«Le directeur a insisté sur le fait que nous commettions un geste illégal», déplore-t-elle. Elle ajoute que l'atmosphère est tendue au sein de son école et que la division règne en cette fin d'année scolaire.

L'APPM entend contester toutes les sanctions visant ses membres. «Pour l'instant, dans la mesure où ce sont des avis, ce n'est pas dramatique. Mais on trouve ça un peu dommage que certaines directions veuillent pousser le zèle à ce point-là», reproche Daniel Choquette.

L'avis disciplinaire est la sanction la moins grave prévue à la convention collective. Il reste généralement quelques mois au dossier de l'enseignant, avant d'être retiré si celui-ci ne reçoit pas de nouvelles sanctions, précise le porte-parole du syndicat.

En Estrie

Les moyens de pression des enseignants sont aussi sévèrement réprimandés ailleurs au Québec. La Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke, entre autres, a décidé de retrancher de deux à trois heures du salaire des enseignants qui remettent les notes de façon manuscrite. 

«C'est une réponse démesurée, s'insurge Benoit Houle, président du Syndicat de l'enseignement de l'Estrie. On va faire une contestation juridique. On va démontrer facilement que ça prend entre 15 et 30 minutes à l'enseignant pour effectuer cette tâche.» De 1500 à 2000 enseignants seraient touchés par cette mesure.

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