Une grève plus sereine à l'Université de Montréal

«Ici, la grève s'est bien passée, a expliqué... (PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE)

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«Ici, la grève s'est bien passée, a expliqué Antoine Rail, un membre de l'exécutif de cette association. Il n'y a pas eu de brasse-camarade, pas vraiment de confrontation avec les gardiens de sécurité.»

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Alors que l'UQAM connaît des soubresauts de violence depuis quelques semaines, l'Université de Montréal (UdeM) sort graduellement d'une grève qui s'est déroulée dans une sérénité relative, loin des projecteurs.

Hier, il restait 673 étudiants en débrayage au sein de l'établissement du mont Royal, après que l'association qui représente les 650 étudiants en cinéma et jeux vidéo eut voté pour le retour sur les bancs d'école.

«Ici, la grève s'est bien passée, a expliqué Antoine Rail, un membre de l'exécutif de cette association. Il n'y a pas eu de brasse-camarade, pas vraiment de confrontation avec les gardiens de sécurité.» M. Rail a expliqué que le piquetage devant chaque classe était surtout symbolique, personne ne tentant réellement d'y entrer de force. Ni les professeurs ni les étudiants en désaccord avec le mouvement.

Maxime, un militant toujours en grève de l'Association des étudiants en philosophie, est d'accord. «Il n'y a pas d'accrochages devant les classes», a-t-il dit.

L'administration de l'UdeM partage ce bilan globalement positif. «Les événements qui ont eu lieu sur le campus ont été gérés dans le calme et sans violence, a indiqué le porte-parole Mathieu Filion. Nous avons noté deux événements malheureux. Dans les deux cas, ce sont des graffitis qui ont été trouvés à différents endroits sur le campus.» Le recteur Guy Breton n'était pas disponible pour une entrevue, hier.

Avec le vote des étudiants en cinéma et en jeux vidéo, la grève se limite maintenant aux étudiants de philosophie (350 membres), des cycles supérieurs en sociologie (123) et de littérature comparée (200).

Des associations plus petites

Alors que les étudiants de l'UQAM sont réunis dans des associations facultaires (de plusieurs milliers de membres), ceux de l'UdeM votent pour ou contre la grève au sein d'associations départementales (de quelques dizaines à quelques centaines de membres). Résultat: des assemblées générales moins populeuses et des groupes plus homogènes.

Cette différence peut expliquer en partie le fossé entre les deux grèves, selon deux militants de l'Association étudiante en anthropologie rencontrés hier. Ils n'ont pas voulu s'identifier. Leur association vient de voter le retour en classe.

«Nous, on est une association de 200 personnes. L'Association facultaire de sciences humaines de l'UQAM [5200 membres] a beaucoup plus de cours à piqueter», a expliqué l'étudiante. Cela pose tout un défi de gestion «et c'est sûr que ce n'est pas la même façon de piqueter».

Mais selon eux, c'est surtout le comportement des patrons de l'UQAM qui a fait déraper la situation au centre-ville. «Ici, l'administration n'a pas envoyé des Garda [gardiens de sécurité] pour nous taper dessus, alors il n'y a pas eu d'affrontement», a ajouté l'étudiant. Et «c'est sûr que» les menaces d'expulsion contre neuf étudiants de l'UQAM, «ça n'aide pas».

Session perdue? L'UdeM étudie la question

Pour l'instant, l'UdeM refuse de dire si les étudiants en grève depuis des semaines pourraient perdre leur session.

«On évalue la situation cours par cours, a indiqué le porte-parole Mathieu Filion. Il y a très peu d'étudiants qui sont en grève. Par conséquent, nous sommes en discussions avec les enseignants de ces cours pour voir ce qui peut être fait. Les décisions seront connues dès que possible.»

À l'UQAM, le conseil d'administration a décidé plus tôt cette semaine qu'aucun prolongement de session ne serait autorisé.

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