Le report de la grève à l'automne déchire l'ASSÉ

L'ASSÉ a tenu un rassemblement contre l'austérité devant... (Photo Erick Labbe, Le Soleil)

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L'ASSÉ a tenu un rassemblement contre l'austérité devant l'Assemblée nationale le 26 mars dernier, à Québec.

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Le congrès de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) s'est tenu tout au long du week-end sur fond de division, alors que le bureau de direction a démissionné en bloc samedi, avant d'être destitué.

Le congrès, qui a eu lieu à Valleyfield, promettait d'être agité après que l'exécutif eut fait une proposition controversée, en début de semaine, sur le report du mouvement de grève à l'automne.

Dimanche soir, le congrès n'était toujours pas terminé et l'information filtrait au compte-gouttes en raison d'un huis clos. La Presse a toutefois appris samedi qu'avant même que la question du report de la grève soit abordée, la totalité des élus, dont la porte-parole Camille Godbout, avait démissionné dès l'ouverture de la réunion.

«Ils [les membres de l'exécutif] voulaient que le congrès se concentre vraiment sur la question du plan d'action, sur nos positions et nos revendications à venir plutôt que de faire un débat de personnalité sur l'exécutif», a confié une source qui assistait au congrès. Selon cette source, c'est le débat autour du report de la grève à l'automne qui a «clairement été le déclencheur de tout ça».

Ces démissions devaient être effectives une quarantaine d'heures plus tard, soit dimanche, à la fin du congrès, selon nos sources. Or, au terme d'un débat qui a suivi, samedi, les militants présents ont préféré adopter une motion pour un départ immédiat afin de bien marquer leur désaccord avec le bureau de direction sortant.

Dimanche soir, l'ASSÉ n'a fait aucun commentaire. L'association devrait toutefois réagir aujourd'hui.

Frange radicale, aile modérée

L'ASSÉ se retrouve divisée entre une frange plus radicale - centrée autour de certaines associations de l'Université du Québec à Montréal et des cégeps du centre-ville de Montréal - et une aile plus modérée. Les membres du comité de direction étaient davantage identifiés à ce second pôle.

Avant même le début du mouvement de grève, des désaccords sur la stratégie et le moment de la mobilisation émergeaient déjà dans les discussions entre militants.

Un texte publié la semaine dernière et dans lequel l'exécutif proposait de mettre en veilleuse le débrayage jusqu'à l'automne prochain a toutefois exacerbé ces tensions.

L'exécutif souhaitait reporter la grève à l'automne pour profiter «d'une fenêtre historique» avec les négociations dans la fonction publique qui pourraient déboucher sur un conflit de travail.

«Si nous nous lançons dans une GGI [grève générale illimitée] ce printemps, notre grève aura été étudiante. Cela n'est pas mauvais en soi, bien évidemment. Par contre, si notre objectif aura été de faire grève en solidarité avec les travailleurs et travailleuses en négociations, nous aurons manqué le bateau», pouvait-on lire dans le cahier de congrès.

La proposition a attiré de nombreuses critiques. Tout au long de la semaine, des militants ont discuté de la possibilité de déposer une motion de destitution de l'exécutif lors du congrès. D'autres penchaient plutôt pour une motion de blâme afin de s'assurer de conserver un comité fonctionnel pendant le mouvement de contestation.

Le comité Printemps 2015, qui s'identifie à la frange radicale, avait ouvertement remis en question la légitimé de l'exécutif de l'ASSÉ dans un texte intitulé «L'ASSÉ ne fait pas le printemps», publié sur son site en début de semaine.

Même si l'assemblée s'entendait sur une stratégie ce week-end, il reviendra aux étudiants de voter cette semaine afin de reconduire l'actuel mandat de grève ou d'y mettre un terme.

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