Une «grève sociale» lancée par 30 000 étudiants

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Des représentants de diverses associations étudiantes annoncent une série de manifestations pour les semaines à venir.

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Lia Lévesque
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

Environ 30 000 étudiants amorceront le 21 mars une grève qui, espèrent-ils, deviendra une véritable «grève sociale», cette fois-ci contre l'austérité et les hydrocarbures.

De même, des manifestations sont prévues tous les samedis à la Place Émilie-Gamelin, au centre-ville de Montréal. La première grande manifestation aura d'ailleurs lieu le samedi 21 mars à 14h.

Au cours d'une rencontre avec la presse, vendredi, des représentants de certaines des associations étudiantes qui se sont prononcées en faveur de la grève à l'Université du Québec à Montréal et à l'Université de Montréal ont expliqué l'objet de leurs protestations, puisqu'il ne s'agit pas cette fois-ci de contester une hausse des droits de scolarité comme lors du printemps 2012.

«On appelle à une grève qui soit sociale, donc pas seulement étudiante. On veut qu'il n'y ait aucun secteur de la société qui soit laissé derrière. C'est un mouvement qui est contre toutes les mesures d'austérité et contre les hydrocarbures», a résumé une représentante, Charlotte Gilbert.

«Pour ce qui est de 2012, la grève, c'est un moyen, ce n'est pas une fin. On est dans un contexte différent en ce moment. C'est sûr qu'on peut s'en inspirer, mais on vise beaucoup, beaucoup plus loin», a ajouté un autre de ces représentants étudiants, Théophile Bégin.

Les étudiants ont aussi expliqué ce que la «lutte contre les hydrocarbures» venait faire dans leurs revendications contre les politiques d'austérité du gouvernement. «La lutte contre les hydrocarbures s'inscrit dans une lutte écologique. Cette lutte-là est intimement liée à la lutte contre l'austérité. Quand on parle d'un côté de couper des emplois et, ensuite, d'en créer dans une création d'emplois qui n'est pas une création d'emplois durables et qui est dommageable pour l'environnement et pour la qualité de vie des habitants des régions, les deux luttes sont intimement liées pour nous», a affirmé une autre représentante étudiante, Maude Authier-Pigeon.

Le mandat de grève sera «reconductible» aux deux semaines, selon la plupart des mandats de grève qui ont été obtenus.

En plus de ces 30 000 étudiants qui se sont déjà prononcés sur un mandat de grève, 100 000 autres doivent voter prochainement à ce sujet, ont-ils indiqué.

M. Bégin a affirmé qu'ils ne feront pas connaître aux autorités l'itinéraire de leur marche. «Ce n'est pas nous qui organisons la manif du 21. Par contre, c'est sûr qu'on n'a pas l'habitude de collaborer avec le corps policier. En général, les associations membres ici s'opposent au règlement P-6. Donc, non», on ne le respectera pas», a-t-il répondu aux médias.

Les organisateurs - donc ceux qui sont chargés de communiquer l'itinéraire au service de police - seraient plutôt les «comités printemps 2015», qui sont composés de «militants de syndicats locaux, des associations étudiantes, des collectifs autonomes, des organisations communautaires», ont indiqué les représentants étudiants.

Et le 2 avril, c'est l'Association pour une solidarité syndicale étudiante, l'ASSÉ, qui organisera la manifestation, ont-ils précisé.

Selon ce qu'ils ont rapporté, 29 associations étudiantes sur six campus ont un mandat de grève reconductible, touchant 32 404 étudiants.

De même, 62 associations étudiantes représentant 125 207 étudiants prévoient tenir un vote de grève prochainement.

Réaction gouvernementale

En entrevue, le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, a insisté sur le fait que c'est aussi et beaucoup pour les jeunes que le gouvernement adopte présentement des mesures de rigueur budgétaire.

«Le fait qu'on ait fait des déficits dans le passé, ça fait en sorte qu'aujourd'hui, on paie 11 millards à chaque année en intérêts, en purs intérêts. Ça ne va pas à l'éducation; c'est même plus d'argent à chaque année que ce qu'on met en éducation. Si on s'était moins endetté dans le passé, si on avait mieux contrôlé nos finances publiques dans le passé, cet argent-là, il serait disponible, y compris pour l'éducation», a-t-il martelé.

«Remettre ça à plus tard, ça va être pire, ce qu'on va devoir faire pour pouvoir équilibrer le budget. Et c'est qui qui va payer la facture? Ce sont les jeunes qui vont arriver sur le marché du travail et qui vont payer des impôts plus élevés que leurs parents pour avoir moins de services publics que leurs parents ont eus. Ce sont des jeunes qui vont payer des cotisations plus élevées pour leur régime de retraite, s'ils ont un régime de retraite. Les conséquences concrètes de ne pas s'occuper du problème budgétaire du Québec, c'est ça», a lancé le ministre Coiteux à l'endroit des étudiants.

Depuis Rimouski, le premier ministre Philippe Couillard a renchéri, rappelant que «le Québec est la société la plus endettée d'Amérique du Nord» et qu'il fallait donc agir pour rétablir la situation. «Je ne laisserai pas le Québec comme ça à nos enfants», a-t-il lancé.

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