Alerte aux punaises dans un CPE

Entre les heures supplémentaires, les frais d'exterminateur et... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE)

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Entre les heures supplémentaires, les frais d'exterminateur et la fermeture temporaire, la directrice estime que ces deux punaises lui ont coûté entre 10 000$ et 12 000$.

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Elles ne font que 5 mm. Et pourtant, ces deux punaises ont causé tout un émoi et coûté plus de 10 000$ à un centre de la petite enfance (CPE) de Rosemont-La Petite-Patrie, où on les a trouvées sur le corps d'un poupon, il y a 10 jours. Cette garderie est loin d'être la seule touchée par ce fléau. Elles sont même de plus en plus nombreuses à Montréal.

Dans le petit pot de plastique transparent qui leur sert maintenant de cercueil, les deux punaises de lit sont maintenant hors d'état de nuire. Le récipient trône sur le bureau de Marie, la directrice du CPE, qui a accepté de parler à La Presse à condition de ne pas nommer son centre.

Par la fenêtre, on voit sur la neige une montagne de bacs en plastique où se trouvent des jouets. Si des punaises ont trouvé refuge dans la robe d'une poupée, elles devraient finir par y mourir de froid.

«Les punaises, c'est comme un cancer», affirme Marie. Lorsque ses employés ont trouvé les insectes sur le corps du poupon, les parents des 73 enfants ont tous été avertis par courriel et le CPE a fermé ses portes pendant deux jours.

«On a travaillé sans relâche tout au long du week-end pour nettoyer», explique Marie. Des exterminateurs ont traité l'immeuble à la chaleur et à la vapeur. Seul le sous-sol, où les enfants ne vont jamais, a été traité avec des pesticides.

«C'est très compliqué d'intervenir dans les garderies, on ne peut pas utiliser les mêmes traitements et pesticides», indique Harold Leavey, président de l'entreprise d'extermination Maheu.

Entre les heures supplémentaires, les frais d'exterminateur et la fermeture temporaire, la directrice estime que ces deux punaises lui ont coûté entre 10 000$ et 12 000$.

Les parents rencontrés à la sortie du centre vendredi dernier semblaient avoir été rassurés par la réaction prompte de la garderie.

Le cas de Marie n'est pas unique. «Je ne peux pas croire qu'on est le premier CPE à qui ça arrive, certains doivent en avoir sans même le savoir», soupire la directrice.

De plus en plus fréquent

M. Leavey confirme que les interventions dans les garderies se sont multipliées ces deux dernières années, alors que Montréal est aux prises avec une épidémie depuis cinq ans. «En sept mois, j'ai traité une dizaine de CPE. Les années précédentes, j'en traitais une ou deux et il y a 10 ans, les garderies ne m'appelaient jamais», illustre l'exterminateur. Il est aussi régulièrement appelé pour traiter des écoles, des hôpitaux, des taxis, des salles de cinéma et des restaurants.

«On intervient de plus en plus dans les institutions publiques, ce qui montre que le problème s'aggrave», précise-t-il. D'ailleurs, cet hiver, son équipe est plus occupée qu'à l'habitude, ce qui lui fait craindre le pire pour l'été prochain.

La réaction du personnel du CPE de Marie a permis d'éviter l'infestation... pour le moment. Mais le problème risque de se reproduire si le propriétaire du logement où le poupon vit ne réagit pas rapidement.

Comme elle n'a pu joindre ce propriétaire, la directrice a envoyé une mise en demeure pour lui ordonner de traiter son logement. Si elle n'a pas de nouvelles aujourd'hui, la Ville s'en mêlera et pourrait ordonner l'intervention des exterminateurs.

La Presse a réussi à joindre le propriétaire de l'immeuble, qui se trouvait à l'extérieur du pays. Il n'était pas au courant de la présence de punaises dans ses logements et n'avait pas pu prendre connaissance de la mise en demeure. Son retour au pays est prévu aujourd'hui.

Pendant ce temps, l'enfant continue de fréquenter le CPE. À son arrivée, il est dévêtu et on lui enfile aussitôt de nouveaux vêtements. Ceux qu'il portait sont déposés dans la sécheuse pendant 45 minutes avant d'être rangés dans un sac en plastique hermétique.

Il n'est pas question de retirer l'enfant du service puisqu'on ne peut rompre le contrat à moins de prouver la négligence des parents. Marie refuse de juger la famille, qu'elle qualifie de «vulnérable». Elle insiste toutefois sur l'importance de ne pas cacher les problèmes de punaises.

«Quand on a des punaises, il faut le dire», souligne-t-elle.

«La grande difficulté des punaises en CPE est que tout dépend du parent, confirme M. Leavey. J'ai même un cas d'une garderie où on ne sait pas qui apporte les punaises, on peut bien traiter... mais on sait que les punaises reviendront.»

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