Les premières cohortes de la réforme seraient plus faibles en maths

Alors que le Québec se targue d'obtenir de bons résultats aux examens... (PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE)

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Louise Leduc
La Presse

Alors que le Québec se targue d'obtenir de bons résultats aux examens internationaux de mathématiques, une étude réalisée par des économistes québécois vient jeter un pavé dans la mare. Les premières cohortes d'élèves, en particulier les plus faibles, concluent-ils, ont pâti de la réforme en mathématiques lancée en 2000, du moins du point de vue des procédures mathématiques (calcul, algèbre linéaire simple, etc.).

«Tout nous porte à croire que la réforme a été porteuse d'impacts négatifs sur les compétences mathématiques», peut-on lire dans cette étude signée Catherine Haeck, Pierre Lefebvre et Philip Merrigan, qui vient d'être publiée dans l'Economics of Education Review.

Pour en arriver à cette conclusion, les chercheurs se sont penchés sur des tests administrés par Statistique Canada, de même que sur les examens TIMMS administrés dans toutes les provinces canadiennes. Les résultats des enfants ayant commencé l'école en 1re année entre 1999 et 2005 ont été scrutés à la loupe tout au long de leur parcours scolaire jusqu'en 2011.

Ce faisant, les chercheurs ont constaté à titre d'exemple que les résultats aux tests de Statistique Canada des élèves de 5e et 6e année de 2004 étaient inférieurs de 4% à ceux des élèves de 5e et 6e année de 2000. Une fois arrivés en 1re et 2e secondaire, ces mêmes élèves avaient des notes inférieures de 6,6% par rapport aux élèves de 1re et 2e secondaire de 2004 et inférieures de 4,5% par rapport à ceux de 2002. Les résultats du test TIMSS ont donné des baisses comparables.

Ce qui est particulièrement troublant pour les chercheurs, c'est que la réforme, constatent-ils, a tout particulièrement touché les élèves les plus faibles de l'école primaire. Au secondaire, elle n'aurait vraiment réussi qu'aux premiers de classe.

Période d'ajustement

Cela ne signifie pas qu'il faille jeter la réforme en pâture et encore moins qu'il faille douter des compétences des enseignants en mathématiques, prévient Catherine Haeck. «Sans doute y a-t-il eu des ajustements par la suite, mais il serait bon, quand on se lance dans une réforme de cette importance, d'y aller prudemment, progressivement.»

Hélène Paradis, responsable des programmes de mathématiques au ministère de l'Éducation, admet qu'il y a certainement eu une nécessaire période d'ajustement. N'empêche, aujourd'hui, signale-t-elle, les Québécois arrivent en tête de toutes les provinces canadiennes en mathématiques.

Avec la réforme, poursuit-elle, l'accent a beaucoup été mis sur la résolution de problèmes et non pas sur la mémorisation de tables de multiplication, par exemple, «ce qui n'empêche pas que les élèves doivent les connaître aussi».

Stéphane Cyr, professeur de didactique des mathématiques à l'UQAM, croit, comme le démontre l'étude, que les premières cohortes d'une réforme «sont un peu des cobayes». «Il y a eu des problèmes logistiques dans le lancement de la réforme, il n'y a pas eu d'école pilote et certains élèves en ont sûrement souffert.»

«Pour ma part, je ne dirais pas que les enfants de la réforme sont meilleurs ou moins bons en mathématiques. Ils sont différents.»




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