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Élitistes, les études en médecine?

La faculté de médecine de l'Université de Montréal... (Archives AFP)

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La faculté de médecine de l'Université de Montréal se lance dans une vaste opération pour aller chercher des candidats au profil différent directement dans leurs communautés, et cela, dès le secondaire.

Archives AFP

Élitistes, les programmes de médecine? À l'Université de Montréal, deux étudiants sur trois ont grandi dans une famille au revenu de plus de 100 000$ par année, et à peine un sur cinq provient d'une minorité visible, révèlent des chiffres obtenus par La Presse. Un problème, selon l'établissement, qui prend les grands moyens pour corriger le tir.

«Nos étudiants ne reflètent pas la société. Plusieurs milieux sont sous-représentés», déplore le Dr Albaka Ag Bazet, responsable du bureau d'équité et de diversité de la faculté de médecine. Selon lui, des études démontrent pourtant que nous sommes mieux soignés par des gens qui comprennent notre réalité.

«Dans un monde idéal, dit-il, nous aurions le même pourcentage de minorités et le même profil socio-économique sur nos bancs que dans le reste du Québec.»

Pour y arriver, la faculté de médecine se lance dans une vaste opération pour aller chercher des candidats au profil différent directement dans leurs communautés, et cela, dès le secondaire.

Le défi est de taille. «Dans certains milieux, ce n'est pas permis de penser à aller en médecine. Dans la tête de plusieurs jeunes, ce n'est même pas une possibilité», explique Kevin Poitras, responsable du projet.

Sans compter que, pour être admis, il faut des notes très élevées et que, souligne le Dr Bazet, «il faut être dans un environnement propice pour obtenir de telles notes.»

Fournir des modèles

Pour renverser la vapeur sans assouplir les critères de sélection, il faut donc commencer tôt.

L'UdeM a ciblé sept écoles défavorisées ou très multiethniques de l'île de Montréal comme nouveau bassin de recrutement. Depuis le mois de septembre, quelque 600 élèves ont été sondés afin de comprendre pourquoi des études en médecine les rebutent. Parmi leurs craintes, ils ont notamment parlé d'argent et ont évoqué des études trop difficiles.

De plus, 500 élèves de troisième, quatrième et cinquième secondaire ont eu droit à des conférences données par des étudiants en médecine qui ont raconté leur parcours et leur choix de carrière. «Tous les jeunes ont déjà vu un médecin, mais un étudiant, c'est autre chose. Ça leur offre un modèle vivant à qui ils peuvent s'identifier. Beaucoup d'entre eux n'ont même pas d'universitaires dans la famille», explique M. Poitras.

L'opération charme va plus loin encore. Durant les quatre prochaines années, une cinquantaine d'élèves en dernière année du secondaire seront jumelés avec des étudiants en médecine, afin qu'ils bénéficient du soutien nécessaire pour se rendre jusque dans les classes de l'Université de Montréal.

«Tous ne se rendront pas jusque chez nous, admet le Dr Bazet. On espère en voir certains dans quatre ans.»

Le parcours de ces jeunes, scrutés de près, permettra aussi de comprendre quand et pourquoi ils se découragent et de leur trouver des ressources. On entend répéter l'expérience avec une autre cohorte l'an prochain.

En chiffres

> 72% des candidats admis en médecine à l'UdeM en 2013 sont des femmes.

> 65% proviennent d'un centre urbain de 100 000 habitants et plus.

> 77% des candidats proviennent de familles dont le revenu annuel est d'au moins 75 000$ et 70% de familles au revenu moyen de plus de 100 000$.

> 17% sont issus de communautés ethniques et culturelles (il en est de même pour 25% des Montréalais).




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