Services de garde: une autre facture de 70 millions

Le tarif des services de garde en milieu... (Photo David Boily, archives La Presse)

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Le tarif des services de garde en milieu scolaire - 7$ à l'heure actuelle - bondira de 2$ par jour, tout comme ceux des CPE et garderies.

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(QUÉBEC) Québec pigera environ 70 millions de dollars par année dans les poches des parents dont les enfants fréquentent les services de garde en milieu scolaire. Et ce, même s'ils paient déjà les deux tiers du coût de ces services. Sa décision va à l'encontre d'un avis du Conseil supérieur de l'éducation.

Dans son budget déposé jeudi, le ministre des Finances, Nicolas Marceau, a annoncé que le tarif des centres de la petite enfance, des garderies privées et de celles en milieu familial subventionnées passera de 7 à 9$ par jour en deux ans. Il sera indexé par la suite. Les parents devront donc payer 125 millions de plus par année.

Aux Finances, on confirmait que le tarif des services de garde en milieu scolaire - 7$ à l'heure actuelle - bondira aussi de 2$ par jour. Mais il n'estimait pas le coût total de la mesure pour les parents. Il n'y avait pas un mot sur ces services de garde dans le budget.

230 000 enfants

Or, selon nos calculs, la facture se situera autour de 70 millions. Plus de 230 000 enfants fréquentent un service de garde à l'école, selon l'Association des services de garde en milieu scolaire du Québec. Environ 170 000 le font de façon régulière, donc pendant 180 jours. Dans leur cas, la hausse représentera plus de 60 millions. C'est 360$ par enfant. Les 60 000 autres enfants fréquentent le service de garde à temps partiel. Et si l'on calcule qu'ils le font pendant la moitié de l'année scolaire (90 jours), on arrive à une facture de plus de 10 millions, dans leur cas.

Le cabinet de la ministre de l'Éducation n'a pas voulu confirmer nos chiffres. Il n'a toujours pas fait le calcul, selon l'attaché de presse. Mais l'Association estime que l'évaluation est fiable.

Le gouvernement Marois justifie l'augmentation du tarif des garderies en disant que la part des parents dans le financement des services n'est que de 13,4% à l'heure actuelle. L'État assume le reste de la facture. La part des parents passera à 16% avec la hausse annoncée.

La réalité est toutefois totalement différente dans le cas des services de garde en milieu scolaire. Comme l'a démontré un avis du Conseil supérieur de l'éducation (CSE) datant de 2006, les parents paient presque les deux tiers du coût de ces services. L'autre tiers provient du ministère de l'Éducation.

L'Association des services de garde en milieu scolaire du Québec a confirmé à La Presse que l'État verse 4,55$ par jour par enfant, contre 7$ pour le parent (61%).

À l'encontre d'une recommandation

Avec sa hausse, le gouvernement Marois va même à l'encontre de la recommandation du CSE, qui jugeait trop lourd le fardeau des parents par rapport à celui de l'État. Il demandait de «revoir le partage du financement entre les parents utilisateurs et l'État, jusqu'à concurrence d'un partage au moins équivalent». Selon le Conseil, ces services de garde «contribuent non seulement à l'intérêt individuel des parents et de leurs enfants, mais aussi à l'intérêt collectif». «La productivité nationale et la richesse collective dépendent dorénavant et de manière incontestable de la contribution» des hommes comme des femmes. «C'est dire que le travail des hommes et des femmes contribue également au bien commun. Les services de garde rendent précisément possible cette contribution. C'est pourquoi l'État, en tant que responsable du bien commun, doit apporter sa contribution au financement des services de garde. Aussi cela doit-il se refléter dans un meilleur partage des coûts entre les parents et l'État», explique-t-il.

En 2004, le tarif des services de garde en milieu scolaire avait augmenté de 2$ par jour, passant de 5 à 7$, comme celui des garderies. Le gouvernement avait profité de l'occasion pour réduire ses subventions aux services de garde dans les écoles. Ces services n'ont donc pas été mieux financés.

Le Parti québécois avait condamné le gouvernement Charest pour cette augmentation de tarif. Pauline Marois était porte-parole en matière d'éducation. «Ce n'est pas un geste posé dans le meilleur intérêt des enfants. Tout le monde convient que cette augmentation devrait restreindre l'accès de certains enfants à ces services de garde», disait-elle dans un communiqué du 5 février 2004.

Au cabinet du ministre Nicolas Marceau, on rétorque que les tarifs des garderies et des services de garde en milieu scolaire sont «harmonisés» depuis des années et qu'il n'y a pas lieu de revoir cette pratique.




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