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Garderies non subventionnées: un appel d'offres «inéquitable»

En excluant les garderies privées non subventionnées dans... (Photo: Alain Roberge, La Presse)

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En excluant les garderies privées non subventionnées dans un récent appel d'offres, Québec «se prive sur le plan de l'admissibilité d'avoir des projets de bonne qualité», selon Raymonde Saint-Germain, protectrice du citoyen.

Photo: Alain Roberge, La Presse

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(Québec) L'appel d'offres du gouvernement Marois pour créer 15 000 places en garderie à 7$ est «inéquitable», dénonce la protectrice du citoyen, Raymonde Saint-Germain. Elle reproche à Québec d'interdire aux 700 garderies privées non subventionnées d'y participer. Près de la moitié d'entre elles ferment leurs portes aujourd'hui pour faire pression sur Québec.

La ministre de la Famille, Nicole Léger, a lancé l'appel d'offres la semaine dernière. Des 15 000 places qui seront allouées, 85% iront à des centres de la petite enfance (CPE) et 15% à des garderies privées subventionnées. Aucune place n'est prévue dans les garderies non subventionnées, dont les tarifs tournent autour de 35$ par jour.

«Je suis déçue qu'elles n'aient même pas été considérées dans les 15% de places qui sont offertes aux garderies privées. Je me serais minimalement attendue à ce que, sur le plan de l'équité, on puisse leur permettre de compétitionner», a affirmé Raymonde Saint-Germain à La Presse, hier. À ses yeux, l'exclusion des garderies non subventionnées est d'autant plus déplorable que l'État «se prive sur le plan de l'admissibilité d'avoir des projets de bonne qualité» provenant de «promoteurs d'expérience». Ces garderies détiennent un permis du Ministère et sont soumises aux mêmes exigences de qualité que le réseau à 7$.

La protectrice du citoyen a déjà dénoncé l'iniquité envers ces garderies dans un rapport rendu public l'an dernier. Le gouvernement Charest les avait aussi exclues de son appel d'offres. Mme Saint-Germain avait reçu 131 plaintes à ce sujet en 2011-2012. Ces plaintes «démontrent que, lorsqu'un service de garde subventionné ouvre dans un secteur où il y a une garderie non subventionnée, la clientèle quitte cette dernière au profit du nouveau service de garde, explique la protectrice dans son rapport. Il en va de même pour la main-d'oeuvre qualifiée, qui bénéficie de meilleures conditions dans les services de garde subventionnés. Résultat: certaines garderies privées connaissent des difficultés financières sérieuses ou, en raison de la pénurie de main-d'oeuvre, se retrouvent en situation de non-conformité quant au respect du nombre d'éducatrices qualifiées. Ainsi, certaines garderies privées pourraient être forcées de fermer leurs portes».

Le gouvernement Marois justifie sa décision en soutenant qu'il veut créer de «vraies» nouvelles places et non convertir des places existantes en places à 7$. Or, la protectrice du citoyen croit qu'il risque de rater la cible. «L'expérience, jusqu'à maintenant, a démontré qu'il y a transfert de places» des garderies non subventionnées vers celles à 7$, a indiqué Mme Saint-Germain. Donc, au net, il n'y a pas nécessairement plus de places offertes aux parents.

Hier, la Coalition avenir Québec a demandé au gouvernement de suspendre son appel d'offres et de convertir d'abord en places à 7$ les 10 000 places vacantes dans les garderies privées non subventionnées (elles en comptent environ 30 000 au total). L'État pourrait ainsi économiser des millions de dollars au lieu «d'investir dans le béton» avec la construction de CPE, a fait valoir le député Daniel Ratthé.

La Coalition québécoise des garderies privées non subventionnées manifeste à Montréal et à Québec aujourd'hui. Quelque 300 garderies seront fermées pour l'occasion, a indiqué la fondatrice de la Coalition, Marie-Claude Collin. Elle demande que le gouvernement subventionne les places existantes dans leurs installations.

En fin d'après-midi, la première ministre Pauline Marois a annulé une rencontre avec la Coalition, qui a été reportée à une date indéterminée. «On nous a dit qu'il y avait urgence ailleurs. Mais nous, on ne lâche pas la bataille», a affirmé Marie-Claude Collin. Une pétition de plus de 8000 signatures sera déposée à l'Assemblée nationale.

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