Étudiant blessé à l'oeil: son père en colère

Tristan Péloquin
La Presse

Gilles Grenier savait que son fils Francis, âgé de 22 ans, qui étudie en arts au cégep, participait à la manifestation de mercredi devant les locaux de Loto-Québec. «Je connais mon gars, je sais qu'il est pacifique, qu'il n'a pas l'habitude de jouer les gros bras. Et là, je reçois un appel à 17h, on me dit qu'il a l'oeil arraché! C'est quoi, ça?»

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Francis Grenier a subi une intervention chirurgicale au cours de la nuit de mercredi à jeudi.

Devant l'hôpital Maisonneuve-Rosemont, Gilles Grenier est calme, malgré la fatigue. Il pèse chacun de ses mots. «Je ne veux pas que l'histoire de mon fils fasse escalader la tension, mais je trouve ça triste. Il faut que les policiers réfléchissent à ce qu'ils font», implore-t-il.

Au cours de la nuit, son fils a dû se faire opérer d'urgence à un oeil. Il a aussi dû subir une seconde opération en soirée jeudi pour reconstruire sa paupière, gravement blessée lors de l'événement de mercredi. «L'opération a fonctionné. La rétine recolle bien, mais on ne saura pas avant plusieurs jours si l'oeil va guérir, et c'est à peu près certain qu'il va avoir des séquelles.»

Selon sa version des faits, l'étudiant aurait reçu des éclats d'une «grenade assourdissante» - ou flash bang - lorsque les policiers ont dispersé les manifestants mercredi après-midi. «Francis était assis par terre et il jouait de l'harmonica quand la première grenade a éclaté. Il s'est levé, et c'est là que la deuxième lui a éclaté à 30 centimètres du visage», affirme M. Grenier. Sa copine, qui se trouvait à ses côtés, aurait également été légèrement blessée par des éclats du projectile.

La CLASSE, qui a organisé la manifestation, affirme que les projectiles ont été tirés à bout portant, à la verticale. Selon Michel Deslauriers, formateur en utilisation d'engins de diversion chez Protact Canada, les grenades assourdissantes (aussi appelées de diversion) sont habituellement utilisées pour les «entrées dynamiques» dans les lieux clos pour désorienter des individus. «On ne les utilise généralement pas à l'extérieur pour contrôler les foules vu leur propension à provoquer des blessures, affirme-t-il. Si des grenades de ce type explosent à moins de cinq pieds, elles peuvent causer des séquelles à l'ouïe. Sans compter de graves blessures à la main si la grenade explose par inadvertance dans la main de la personne la manipulant», indique le spécialiste.

Visite des enquêteurs

Mercredi soir, des enquêteurs du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ont rendu visite au blessé à l'hôpital. Les policiers refusent cependant de commenter les affirmations de la CLASSE et de la famille Grenier. La visite des enquêteurs enrage M. Grenier. «Tout ce qu'ils veulent, c'est prouver que Francis aurait reçu une balle de neige dans l'oeil plutôt qu'une flash bang. Je regrette, une balle de neige, ça n'arrache pas une paupière comme ça», lance-t-il.

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