CPE: la CSN suspend les moyens de pression

Bien des parents vont pousser un soupir de soulagement. La CSN a décidé  tard... (Photo: Alain Roberge, La Presse)

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Photo: Alain Roberge, La Presse

Tommy Chouinard
La Presse

(Québec) Bien des parents vont pousser un soupir de soulagement. La CSN a décidé tard mercredi soir d'annuler la journée de grève qui était prévue jeudi dans 165 CPE de Montréal, Laval et Québec. Des «avancées significatives» ont été faites à la table de négociations.

La centrale suspend également, «jusqu'à nouvel ordre», le mandat de débrayage «national» qu'elle avait planifié pour lundi et mardi. Une entente semble maintenant à portée de main en vue du renouvellement des conventions collectives des éducatrices qui sont échues depuis deux ans.

À 20h mercredi, la CSN, le ministère de la Famille et le comité qui représente les associations régionales de CPE se sont réunis pour une rencontre qui aura finalement été fructueuse.

Selon nos informations, Québec a jeté un peu de lest. Il a renoncé à l'idée d'accorder un maximum de 5 semaines de vacances uniquement après 25 ans de service. Les éducatrices bénéficieraient de cet avantage plus tôt.

Surtout, le gouvernement Charest a donné des garanties selon lesquelles les éducatrices qui ont déjà plus de semaines de vacances ou qui en ont cinq sans avoir les années de service requises selon la nouvelle convention ne perdraient pas leurs acquis.

Autre élément majeur: Québec ne remettrait plus en question la place des éducatrices au sein des conseils d'administration des CPE. Le statu quo serait préservé.

Compte tenu de ces «avancées», la CSN a fait savoir vers 21h30 que ses moyens de pression sont suspendus. La centrale représente 8500 éducatrices de 360 CPE. Mercredi, 185 de ces garderies étaient en grève.

Québec a dû payer les pots cassés pour parvenir à réunir les parties à la même table en soirée. Lundi soir, le ministère de la Famille avait écarté le comité patronal, furieux de ses nouvelles demandes au chapitre des assurances collectives (voir autre texte en page A3). Il a passé tout l'après-midi à discuter avec les représentants des CPE pour dénouer l'impasse.

Sur un autre front, le ministère de la Famille a eu des «discussions exploratoires» avec la CSN, qui représente 8500 éducatrices. On ne parlait pas de véritables négociations en raison de l'absence du comité patronal. La Presse avait reçu des échos positifs de ces «discussions», provenant à la fois de la CSN et du gouvernement. Mais les progrès étaient alors «trop timides» pour que la centrale envisage de renoncer aux moyens de pression.

En début de soirée, Québec laissait présager le dépôt d'une offre finale. Il multipliait les signaux pour faire savoir qu'il veut en arriver à une entente rapidement. Plus tôt, sur la place publique, la ministre de la Famille, Yolande James, avait haussé le ton. Questionnée pour savoir si le gouvernement pourrait recourir à une loi spéciale, elle avait répondu: «On discute toujours, mais je comprends très bien que les parents s'impatientent [...] La patience des parents a ses limites.»

La question des salaires ne fait pas vraiment l'objet d'un litige entre le gouvernement et les syndicats. Il n'en a même pas été question mercredi soir. Québec veut accorder aux éducatrices les mêmes augmentations qu'aux employés du secteur public qui ont renouvelé leurs conventions collectives en 2010. Les hausses de salaires seraient de 7% sur cinq ans - dont 1% lié à l'inflation. En vertu d'une clause sur la croissance économique, jusqu'à 3,5% pourrait s'ajouter si la hausse du PIB est plus élevée que prévu.

Au début des négociations, les éducatrices avaient présenté la même demande salariale que le front commun du secteur public, c'est-à-dire 11,5% sur trois ans. Mais la CSN ne se faisait pas d'illusion. Des sources confirmaient que les éducatrices étaient prêtes à accepter la même hausse de salaire que les fonctionnaires à condition de faire quelques gains au chapitre des conditions de travail. La CSN estime que ses demandes en congés et semaines de vacances feraient augmenter de 1,1% la masse salariale.

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