Anglais intensif: les caquistes dénoncent le «mur à mur»

Le porte-parole de la CAQ en matière d'éducation,... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche)

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Le porte-parole de la CAQ en matière d'éducation, le député Éric Caire, estime que chaque école devrait pouvoir définir son propre programme d'enseignement intensif de l'anglais en 6e année.

Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Le gouvernement Charest fait fausse route en voulant imposer un programme «mur à mur» d'enseignement intensif de l'anglais en 6e année, accuse la Coalition avenir Québec (CAQ).

Son porte-parole en matière d'éducation, le député Éric Caire, estime que chaque école devrait pouvoir définir son propre programme.

Selon le plan du gouvernement, tous les élèves de 6e année apprendraient l'anglais durant la seconde moitié de l'année scolaire. Toutes les autres matières seraient enseignées dans la première. Ainsi, quelque 400 heures de la 6e année seraient consacrées à l'anglais. Des écoles offrent déjà un tel programme, au Saguenay-Lac-Saint-Jean par exemple.

Québec veut mettre en place le programme de façon graduelle dès l'automne. L'apprentissage intensif de l'anglais serait appliqué partout au Québec en 2015-2016.

Éric Caire dit appuyer l'idée d'augmenter l'enseignement de l'anglais au primaire. Il en a fait la promotion quand il était à l'Action démocratique du Québec, puis comme député indépendant.

Mais «imposer un modèle mur à mur» comme le fait le gouvernement risque de causer des problèmes dans certaines écoles, croit-il. Des élèves en difficulté d'apprentissage pourraient être condamnés à l'échec, notamment.

À Shannon, où résident plusieurs militaires de la base de Valcartier, «la moitié des élèves sont déjà bilingues. On fait quoi dans ce cas?», s'est également demandé le député de La Peltrie, dans la région de Québec.

À Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier, l'école offre déjà un programme d'enseignement de l'anglais intensif différent de celui du gouvernement. Elle devra mettre de côté son modèle, qui a pourtant fait ses preuves, a déploré Éric Caire.

Chaque école devrait définir un programme «respectueux de son milieu et de la réalité de ses enfants». «Dans les régions où c'est possible, on pourrait permettre à un élève qui va dans une école francophone de faire une année de son enseignement en anglais. C'est un autre modèle qu'on peut proposer», a-t-il dit à titre d'exemple.

Selon lui, le ministère de l'Éducation doit se contenter de fixer des objectifs, puis s'assurer que les écoles les atteignent. Il devrait créer un examen national en 6e année pour mesurer les progrès en anglais, a-t-il dit.

Son avis rejoint celui de la Fédération des comités de parents. Le président de l'organisme, Gaston Rioux, a exprimé des réserves au sujet du programme du gouvernement en conférence de presse, hier matin. C'était peu de temps avant que M. Caire accorde une entrevue à La Presse.

«Pour les parents, il est nécessaire de faire preuve de souplesse pour le modèle retenu, a affirmé M. Rioux. Par exemple, en ce qui concerne le nombre d'heures d'enseignement de l'anglais, est-ce que ce sera 400 heures, 350 ou plutôt 300? [...] Est-ce qu'on choisit cinq mois intensifs, ou chaque matinée consacrée à l'anglais ou un modèle de tiers-temps? Le fait-on en 5e ou en 6e année? Nous estimons qu'il appartient à chaque milieu de déterminer la formule qui lui convient.»

La sortie de la CAQ a de fortes chances de plaire - pour une fois - à la Centrale des syndicats de l'enseignement. La Centrale demande au gouvernement de «mettre un frein à l'implantation universelle» de son modèle de 400 heures d'anglais intensif en 6e année.




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