Des étudiants se disent persécutés par la police

Le secrétaire aux communications de l'ASSÉ, Gabriel Nadeau-Dubois,... (Photo: Robert Skinner, La Presse)

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Le secrétaire aux communications de l'ASSÉ, Gabriel Nadeau-Dubois, a convié des journalistes à une conférence de presse lundi après-midi. Il était accompagné de l'avocate Véronique Robert.

Photo: Robert Skinner, La Presse

Alors qu'ils s'apprêtent à lancer une campagne contre la hausse des frais de scolarité, des représentants d'associations étudiantes collégiales et universitaires se disent victimes d'une vague d'arrestations «sans précédent» menées par les enquêteurs du nouveau projet GAMMA de la police de Montréal.

L'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ), qui regroupe 45 000 étudiants, affirme que quatre de ses militants ont été arrêtés à leur domicile récemment par ces policiers affectés à la surveillance des mouvements «anarchistes» et «marginaux». Trois des arrêtés sont des élus nationaux de l'association.

Les infractions qui leur sont reprochées auraient été commises lors de deux occupations houleuses de bureaux en mars dernier, l'une à la Conférence des recteurs et des principaux d'universités, l'autre au bureau du ministre Raymond Bachand. Une employée du bureau du ministre avait alors été blessée légèrement.

«Il faudrait être très naïf pour ne pas voir le lien clair entre cette vague d'arrestations en été et le début dans quelques semaines d'une mobilisation que nous souhaitons historique contre la hausse des frais de scolarité», a déclaré lundi le secrétaire aux communications de l'ASSÉ, Gabriel Nadeau-Dubois.

Selon le porte-parole, la police pourrait vouloir «casser les reins» du mouvement étudiant avant la rentrée.

«L'ASSÉ n'est certainement pas anarchiste et malheureusement pour le SPVM, elle n'est pas marginale», dit-il.

Deux des arrêtés ont déjà comparu à la Cour municipale et sont accusés d'introduction par effraction, complot, méfait et prise de possession d'un lieu par la force. S'ils sont trouvés coupables, ils risquent six mois de prison et 5000 $ d'amende.

Ces deux accusés sont Guillaume Vézina, étudiant en science politique à l'UQAM et secrétaire à l'information de l'ASSÉ, ainsi que Vanessa Clavelle, une élue de l'Association des étudiants en sciences humaines de l'UQAM. Deux autres arrêtés doivent comparaitre en cour le 26 juillet.

La preuve contre les étudiants repose sur des vidéos et sur les propos d'un «agent source» civil qui a fourni de l'information sur les manifestants.

L'ASSÉ répliquera en portant plainte à la Commission des droits de la personne contre le projet GAMMA, qu'elle accuse de cibler ses membres en raison de leurs opinions politiques.

L'Association a aussi retenu les services d'une avocate d'expérience, Véronique Robert, une ancienne procureure de la couronne qui a participé aux méga-procès contre les Hells Angels après l'Opération Printemps 2001.

Celle-ci s'inquiète de voir les policiers cibler les mouvements contestataires. «Il peut y avoir des actes ponctuels dans des manifestations, mais je ne vois pas ce qui justifie de surveiller constamment des jeunes parce qu'ils sont militants. Ils ne sont pas soupçonnés de commettre des crimes dans leur quotidien!» s'insurge-t-elle.

Au SPVM, le sergent Ian Lafrenière répond que GAMMA n'est pas une escouade permanente, mais un projet ponctuel visant à épingler les manifestants qui enfreignent la loi. Il rappelle que des policiers avaient été rudoyés lors des occupations étudiantes et que sept agents ont été blessés lors d'une manifestation soulignant la Fête des travailleurs le 1er mai.

«Les gens que nous avons arrêtés, c'est parce qu'ils ont commis des actes criminels, pas parce qu'ils ont tenu une réunion. Et oui, il va y avoir d'autres arrestations. Ceux qui font des crimes, nous allons les arrêter», martèle-t-il.

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